‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 154 sur 222 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

chés français, ou plutôt il ratifia Tusage où étaient les rois de conférer lesprélatures, sans le suffrage du clergé, aux prêtres de leur cour qui avaient le titre de clercs palatins. Le premier fruit de cette bonne harmonie entre le chef de l'Église et la monarchie de France, fut le concile de Verberie, que Pépin convoqua lui-même, dès la seconde année de son règne, afin de remédier à la dépravation des mœurs.

Les églises germaniques relevaient de TÉglise de France. Le pape Zacharie confirmât le choix qu'avait fait Pépin de la ville de Mayence , pour métropole de Germanie.

Après la mort de ce pontife, Etienne TI appelle Pépin au secours de l'Église romaine contre les Lombards. Il se réfugie lui-même en France; le grand chapelain Fulrade le reçoit au pied des Alpes, et le conduit à Ponthyon, en Champagne, où se trouvait la cour. Pépin lui ouvre pour asile l'abbaye de Saint-Denis. Le 23 juillet 754, Etienne fait, en grande pompe, la dédicace de cette basilique, et, par une inspiration divine, avant la célébration des saints mystères, il renouvelle le sacre du roi de France, et lui présente la couronne au nom du Ciel.

Les deux fils de Pépin, Charles et Carloman , furent baptisés le même jour, et couronnés par le souverain pontife qui leur servit de parrain , en présence et aux acclamations d'une foule immense. Etienne alors, élevant la voix, défendit solennellement à tous les Français , présents et à venir, de se choisir des rois d'une autre race jusqu'après son entière extinction; puis, pour lier davantage Pépin et ses fils à la défense de l'Église, il les nomma patrices romains.

Au milieu de ces solennités, Carloman, le moine royal du mont Cassin , reparaît un moment sur la scène. Il vient au nom d'Astolfe, roi des Lombards, négocier la paix avec la Franco armée pour la restauration du pape.

324 LES HËROS DU GHRISTIANISiME.

Pépin refuse la paix, sort de France, pousse Astolfe dans

Pavie, et l'y assiège. La crainte achève le premier succès des

armes. Le pape intervient à son tour, pour faire épargner le

sang chrétien dans ses ennemis; un traité promet la restitution

prochaine de Ravenne et de plusieurs autres villes à l'autorité

pontificale. Pépin prend des otages et se retire; Etienne rentre

à Rome.

Mais bientôt la trahison du roi des Lombards éclate nar des

excès inouïs. Le premier jour de janvier 755 , Rome est cernée; sa campagne est en tlammes. Les égUses profanées, les monastères livrés au pillage et à tous les genres de violence, se croient revenus aux jours des plus affreuses cruautés païennes.

A la nouvelle de ces désastres, la France repasse les Alpes. Le siège de Pavie recommence; Âstolfe, aux abois, exécute par force le traité qu'il avait cru violer impunément, et rend aux papes vingt-deux villes qui deviennent le premier domaine du gouvernement pontifical.

Pépin mourut l'année suivante; il avait assez fait pour sa gloire. Son testament partageait le royaume entre ses deux lils: l'Austrasie échut à Cailoman; la Neustrie et la Bourgogne furent la part de Charles. Le premier fut de nouveau sacré à Soissons, par les évéques de France; il avait dix-huit ans. Charles, âgé de vingt-neuf ans , fit bénir sa couronne à Noyon.

Le début de ce double règne est confus. Le partage du royaume semble indécis; tout annonce une situation douteuse et passagère. Bientôt l'union des deux rois s'altère; aux accommodements factices succèdent les ruptures sérieuses.

Sans le génie de Charles, que l'Europe et l'Asie vont bientôt couronner du titre de grand, c*en était fait de la dynastie de Pépin.

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