‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 155 sur 222 · LIVRE HUITIÊiMi · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÊiMi

Donnons-lui sur-le-champ ce nom de Charlemagne, consacre par le peuple et par l'Église. ■>

L'expédition d'Aquitaine le montra tout d'abord victorieux à ses ennemis. Un obscur héritier du droit méroviugien cherchait à s'y faire un parti ; Charlemagne paraît et la révolte s'éclipse.

Bientôt la mort de son frère Carloman réunit toute l'autorité sous sa main. C'est le signal d'une transforoiation politique à jamais mémorable. La .vieille Gaule des temps romains s'efface pour toujours : voici la France qui s'assied au clievet de l'Europe.

Au dehors, tout change d*aspect. L'Espagne, l'Italie et l'immensité Germanique vont tomber devant le même sceptre qui s'étendra sur les régions barbares jusfju'à la Vistule. D'un côté, lesSarrazins refoulés seront les prémices des Croisades; de l'autre, les Saxons, domptés comme des troupes de chevaux sauvages, vont s'atteler au char d'un nouvel empire : car ce n'est pas assez du titre de royaume pour la France de Charlemagne; il faut la toge impériale à de si hautes destinées.

La législation se féconde à la source du Christianisme, qui s'avance de tous côtés ; l'empire d'Occident se relève vassal de la France, et Rome entre dans l'éternité, sous le règne affermi des successeurs de Pierre.

Le grand Charles fait hommage de ses victoires au pontife Adrien ; il vient demander la sanction de Dieu sous les voûtes apostoliques; il monte au Capitole chrétien parmi la multitude romaine; les cantiques joyeux de l'Église l'accueillent, en bénissant « celui qui vient au nom du Seigneur. »

Génie ciirétien , poursuis tes sentiers de gloire ! Les Lombards vont te reconnaître avec soumission; la Saxe demande des chaînes « et son chef redouté, Vitikind, plus vaincu par ta grandeur que par l'elîort de tes armes, va courber son front sous la paix du Christ !

Cependant le bruit des armes ne cesse pas encore; de toutes par ^flottent les bannières de France au soufle de la conquête.

Le huitième siècle s'achève par la défaite des Sarrazins d'Espagne. Aix-la-Chapelle se lève aux frontières du Nord, sentinelle vigilante qui tient en échec les populations inquiètes de la Germanie. Charlemagne reparaît en France, où l'hommage des nations lointaines vient chercher l'héritier de la Gaule antique. Jérusalem lui envoie des reliques du sacré tombeau ; Haroun-el- Raschid, législateur du vieil Orient, lui fait de riches présents ; l'Occident et l'Orient se saluent et s'inclinent l'un vers l'autre, le Christianisme et l'Islam échangent des signes de paix de chaque côté du Calvaire.

L'an 800, Charlemagne rentre dans Rome. Il vient venger le pontife Léon IIÏ, que de lâches conjurés ont mutilé dans une émeute. Mais le vicaire de Jésus-Christ imite la clémence du Sauveur; il change en simple exil le supplice ordonné contre les rebelles par la justice du vainqueur.

Le jour de Noël de la même année, au milieu des cérémonies de cette solennité , un grand silence parcourt les voûtes de la basilique de saint Pierre. Léon III s'avance auprès de Charles, prosterné sur les marches du sanctuaire, et posant sur son front un diadème, le salue EMPEREUR.

La monarchie catholique de France recevait ainsi l'investiture du monde, et voici le serment qu'elle jura : « Au nom du Christ , devant Dieu et le successeur du bienheureux apôtre Pierre, je serai le protecteur et le défenseur de cette sainte Église romaine dans toutes ses nécessités , autant que je serai aidé parle secours divin. »

De Rome, le nouvel empereur passe en Germanie, qui réclamait sa présence; puis il retourne en France, et il assemble, à Thionville, une diète générale des premiers d'entre les Franks. 11 y parait entouré de toute la pompe de ses victoires. Les grands apprennent de sa bouche qu'il veut assurer la sécurité

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