‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 162 sur 222 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

Ce drame lugubre des invasions Scandinaves a fourni aux poètes et aux chroniqueurs du moyen âge, des récits qui ressemblent à une lamentable épopée. Quelques-uns de nos meilleurs historiens modernes ont ajouté à ces souvenirs des recherches précieuses, qui portent la lumière dans chaque détour de ce dédale sanglant. Après ces travaux si complets, il ne reste, en les retraçant, qu'à glaner dans le champ du passé.

c( Les hommes du Nord, » dit Ermold Nigel, poëte du neuvième siècle, et panégyriste du roi des Franks Louis le Pieux, « les hommes du Nord portaient autrefois et ont gardé le nom de Damis ou Danois. On les appelle aussi Normands dans la langue franke. Ils sont vifs, agiles, et braves à l'excès. Leur renommée s'est répandue dans les contrées les plus lointaines. Citoyens de la mer, ils cherchent leur nourriture sur de frêles radeaux. Leur haute stature, l'énergie peinte sur leurs visages et la fierté de leur maintien ont fait croire que la nation des Franks tirait son origine de ces races. »

Mais les Franks ne descendaient pas plus des Normands, que ceux-ci ne descendaient des Franks. Issus de la même famille, les uns et les autres devaient se ressembler; sortis de la même contrée, mais à des époques différentes, ils s'établirent, les Normands au nord, les Franks au midi de la Germanie, et, lorsqu'ils se rencontrèrent dans les champs de la Gaule, la vanité de ressembler à leurs vainqueurs rappela aux Franks leur communauté d'origine.

Avant que la diffusion de la race germanique eût peuplé la Cimbrie et la Scandinavie, ces deux péninsules avaient eu des habitants auxquels il serait difficile d'assigner une plus ancienne patrie. La première conservait le nom des Kymris ou Cimbres, qui conquirent la Gaule belgique, et peuplèrent ensuite l'île d'Albion , oi^i leur race se conserva pure dans la Cambrie, ou pays de Galles. Les Finnois occupèrent les premiers

Ja Scandinavie méridionale, d'où ils furent refoulés aux extrémités du iNord, dans la Finlande et la Laponie, à la suite d'une émigration germanique, dont l'époque est aussi incertaine que les causes qui la déterminèrent et les événements qui la suivirent. On a supposé avec quelque vraisemblance que le Scylhe Odin ou WodeUj après avoir quitté le pays d'Asgard et traversé la Sarmatie, entraîna sur son passage les tribus gothiques de la Germanie , et subjugua avec elles la Chersonèse-Cimbrique et la presqu'île Scandinave. C'est ainsi que s'explique à peu près l'origine teutpnique des Danois, des Norwégiens et des Suédois, qui est d'ailleurs prouvée par la ressemblance des mœurs, des langues et des institutions.

Odin, après avoir donné des lois aux peuples de la Baltique, leur transmit un système religieux parfaitement en harmonie avec des besoins d'existence qui ne pouvaient se satisfaire que par la guerre. Ce législateur du Nord, admiré de ses farouches compagnons, devint après sa mort leur principale divinité ; il fut adoré comme le père du carnage , le dépopulateur, l'incendiaire.

C'est lui dont le choix fatal désignait d'avance les guerriers qui devaient périr dans le combat , et dont les Dyses, ses messagères, venaient chercher les âmes héroïques sur le champ de bataille. 11 préparait aux braves les récompenses du Walhalla (palais du carnage) , où les vierges Walkyries leur versaient des flots de bière dans les crânes de leurs ennemis. Aux lâches était réservé le séjour du Nastrond (empire de la mort), où Hila les recevait dans le palais de l'Angoisse, à la table de la Faim et dans le lit de la Maigreur.

Douze dieux et autant de déesses formaient la cour céleste d'Odin. Parmi ces divinités, les principales étaient Freya ou Frigga, déesse de l'amour; Loke, ou le mauvais génie; Thor, le

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