‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 169 sur 222 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

raient marché avec ces reliques contre les païens, comme on en a \u des exemples dans l'histoire, eussent peut-être excité un patriotisme général : leur fuite n'était propre qu'à épouvanter la nation.

Les incursions des Normands s'étendaient dans tous les bassins de la vieille Gaule qui descendent vers l'Océan; de telle sorte qu'on peut leur assigner pour limite la côte qui , prenant naissance près de Worms, s'élève jusqu'à Reniiremont, ma ville natale, se détourne vers Langres et Autun, traverse le Beaujolais et le Forez, puis va, par les Cévennes, se liera la chaîne des Pyrénées.

Au delà de cette enceinte de montagnes, les vallées du Haut- Rhin ne furent jamais visitées par les hommes du Nord; et le vaste bassin du Rhône, qui comprenait les deux royaumes de Bourgogne, eut assez de mallieurs à déplorer, de la part des Sarrazins et des Hongrois, sans être encore exposé à d'autres dévastations. Cependant, le Rhône reçut une fois les Normands, qui, de l'ile de Camargue, oii la tempête avait jeté la flotille d'Hasting, remontèrent avecelîort jusqu'à Valence. La rapidité de son courant, en arrêtant cette tentative, sauva peut-être Lyon.

« Les Normands, » disent les annales de saint Berlin, a n'avaient pas manqué de tirer profit des troubles de la France. Un seul des fleuves du nord, la Somme, avait été jusqu'alors négligé par eux; cette rivière marécageuse ne les 1 attirait pas comme les larges et magnifiques embouchures de. la Seine, de la Loire et de la Gironde ; mais ils surent qu'il y Binait là aussi de riches abbayes à piller; et une nombreuse ficitle, arrivée du Nord sous la conduite du roi de mer Weland, jénétra dans la Sonnne en 859. Saint-Valery, Saint-Riquier, et la ville d'Amiens furent dévastés par le fer et le feu. Les

su LES HEROS DU CHRLSTIANISMI..

Normands de la Seine allèrent de leur côté à Noyon par l'Oise, prirent et emmenèrent captifs l'évêque avec une foule de clercs et de laïques j et tuèrent, chemin faisant, tous ceux dont ils ne pouvaient espérer de bonnes rançons.

« Une autre (lotte, qui a\ait tourné l'Espagne, pillé les côtes lusitanienne et andalouse, et pénétré jusqu'à Séville, poussée par la tempête dans les bouches du Rhône, vint s'établir dans l'ile de la Camargue, et, en 860, ravagea les deux bords du Rhône jusqu'à Valence. Hepoussée par Gérard de Roussillon , elle redescendit le fleuve et quitta la Provence, pour aller saccager Pise et d'autres \illes maritimes d'Italie. La famine et les maladies contagieuses suivaient partout ces horribles dévastations qui anéantissaient l'agriculture et le commerce, et la nature elle-même semblait conjurée avec les Normands pour la ruine de la Gaule. Des hivers désastreux, des tremblements de terre, des phénomènes sinistres, achevaient de désoler les populations épouvantées. »

La contrée qu'arrosent la Garonne et ses nombreux affluents eut moins à souffrir que les bassins des autres fleuves occidentaux. Elle dut sans doute cet avantage à son éloignement, et pîus encore aux obstacles-, souvent insurmontables, que ces rivières présentaient, alors comme aujourd'hui, à la navigation ascendante.

Cependant les côtes d'Aquitaine furent saccagées à diffé-ï rentes reprises par Hasting, le plus audacieux des rois de la i mer. Entre les années 843 et 848, les Normands remontèrent plusieurs fois la Charente, la Garonne et même TAdour. La cité de Rordeaux fut trois fois pillée, et deux ducs de Gascogne, Sigevin et Guillaume, perdirent, pour la défendre, l'un la vie, , l'autre la liberté. *

Dans ces incursions, les Normands prirent Saintes, remontèrent jusqu'à Périgueux, ravagèrent les faubourgs de Toulouse, et, s'avançant jusque dans les gorges des Pyrénées, ils incendièrent Rigorre, ïarbes, Oleron et Rayonne. Tarbes avait alors •de hautes murailles, de larges fossés, et un bon château fort :

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