‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 175 sur 222 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

rude échec dans la \ille d'Angers, où Charles le Chauve les força de capituler en détournant les eaux de la Mayenne qui laissa leur flotte à sec. Renforcés par Hasting et par un autre chef nommé Oeri>n, ils reprirent bientôt l'offensive, et c'est alors que la France leur opposa trois hommes d'épée , dignes" de cette mission libératrice : Hugues, duc de France depuis la mort de Robert le Fort ; Eudes, seigneur de la iMarche d'Outre-Maine, et Ingelger, comte d'Anjou.

Cependant quelques défaites n'empêchèrent pas Gerlon et Hasting de dicter eux-mêmes les conditions de la paix. Le premier se (il céder le comté de Tours, et le posséda longtemps sous le nom àd Théobald qu'il prit en recevant le baptême.

Hasting II, dont le nom s'entourait de la sinistre auréole de son prédécesseur, inspirait, à ce titre, une terreur populaire si générale, que le roi de France assembla un conseil de seigneurs et d'évêques, pour délibérer sur les moyens d'apaiser un ennemi si redouté. Suivant l'historien Benoît deSaint-Maur, chroniqueur du duché de Normandie, les conseillers du roi, évêques et seigneurs, furent unanimes pour proposer de changer la pâle défense du royaume en guerre à outi'ance contre les Normands, qu'il fallait chasser de vive force, avec l'aide de Dieu.

Mais le pnuvre sire roi n'avait pas dans ses veines le sang de Charlemagne, et son bras était trop mou pour brandir la framée de Clovis. Il se décida pour les voies de la paix à tout prix.

Alors l'abbé de Saint-Denis et plusieurs évêques se rendirent auprès d'Hasling. L'éloquence était la part du haut clergé; les prélats en tirent un heureux usage auprès du chef normand. A force de sup[)lications, de prières et de présents, ils fléchirent son àme sanavage. Il se laissa conduire devant le roi, et consentit à recevoir le baptême, moyennant une forte somme d'argent et la concession du comté de Chartres.

La paix fut jurée sur le livre des Évangiles; mais Hasting se ;souvint deGodfried, assassiné à Hérispich; la crainte de subir

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le même sort le détermina bientôt à vendre ses terres à Théobald , et à quitter la France, où il ne reparut jamais.

Théobald, maître de Tours, de Chartres, et môme de Blois, avait renoncé pour toujours aux mœurs et à la religion de sa sauvage patrie; et en acquérant à sa postérité la plus belle seigneurie du duché de France, il ferma la Loire aux hordes du Nord, dans le même temps qu'un roi de la mer, de sa famille, mettait un terme à l'invasion Scandinave, en lui assurant la possession de la Neustrie maritime. Toutefois, la colonie primitive de la Loire se maintint encore dans la Basse-Bretagne, doù elle sortit souvent, sous les ordres de Rheinhold, soit pour profiter des divisions qui troublèrent le royaume pendant les règnes de Charles le Simple et de Raoul , soit pour se venger des Normands neustriens qui prétendaient l'assujettir à leurs lois.

A travers les drames de cette époque confuse, nous arrivons enfin au récit des événements dont Paris même fut le théâtre. Paris, que les prières de sainte Geneviève avaient préservé du passage d'Attila, devait traverser, à son tour, d'effroyables catastrophes, et, à défaut de courage dans les princes, trouver dans ses évoques et dans son peuple des héros libérateurs.

En 820 , une flotille de treize barques, poussée par un orage dans l'embouchure de la Seine, en avait reconnu les abords; vingt ans plus tard , ces éclaireurs de la Mort devaient revenir.

Le 15 mai 841, pendant que la guerre civile préparait le tombeau de soixante-cinq mille Franks ou Germains dans les plaines de l'Auxerrois, une nouvelle flotte normande, conduite par Osker, avait remonté la Seine, surpris, saccagé, brûlé Rouen, Jumièges, Fontenelle, Saint-Wandrille. Tous les monastères, villes et bourgades des rives du fleuve, entre Rouen

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