‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 179 sur 222 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

L'expédition qui répandit alors dans Paris de si vives alarmes, était venue de file d'Oissel, près Pont-de-l' Arche, point de ralliement ordinaire des envahisseurs de la Seine.

L'année suivante , Biœrn Côte de Fer, qui commandait cette station , parut se laissser gagner par les négociations de Charles le Chauve, et vint lui prêter, moyennant ses riches présents, serment d'alliance et de fidélité ; mais ses compagnons d'aventures ne tinrent aucun compte de cette vaine cérémonie, car ils s'emparèrent de l'abbé de Saint-Denis, petit-fils de Charlemagne, et le roi fut réduit à mettre un impôt sur tous les évoques , abbés de monastères , comtes et autres vassaux , pour acquitter la rançon de son cousin, qui s'élevait à six cent quatre- \ingt-cinq livres d'or, et trois mille deux cent cinquante livres d'argent.

Il fallait, en outre, payer à Biœrn une énorme contribution de guerre, et désarmer à prix d'or les Normands de la Somme, qui pillaient les villes, brûlaient les couvents, massacraient les 'prêtres, et n'éprouvèrent de résistance locale que de la part des abbés de Saint-Riquier, près d'Abbeville, gouverneurs ordinaires de cette partie de la côte maritime.

Charles le Chauve n'ayant pu délivrer l'île d'Oissel de ses féroces dominateurs , les vit , en 864, venir se fortifier dans l'île Saint-Denis, aux dépens de l'abbaye qui resta vingt jours à leur discrétion. Il ne put obtenir leur éloignement qu'à force de nouveaux sacrifices pécuniaires , et en rétablissant sur le peuple aux abois l'humiliante contribution connue sous le nom d'im- )ôt des Normands. Ce secours trompeur n'aurait pas été nécessaire, si le roi et ses comtes avaient osé faire un généreux appel aux armes de la nation tout entière , au lieu de l'accabler de charges incessantes pour acheter la paix des Barbares. Mais on craignait d'armer les serfs, et lorsque, par un mouvement spon-

tané , les populations neustriennes se levèrent en masse pour s'affranchir par leurs propres mains, les seigneurs s'alarmèrent de cette ligue tumultueuse qui , après une victoire, aurait pu tourner ses forces contre la tyrannie féodale. Leur abstention rendit cet efl^ort infructueux , et l'insurrection nationale manquant de chefs et de direction, fut facilement étouffée par les Normands dès sa première tentative.

A bout de ressources, Charles le Chauve essaya encore une fois de se débarrasser d'une partie de ces vampires en les mettant aux prises les uns avec les autres. 11 offrit aux chefs danois cantonnés sur la Somme trois mille livres d'argent, à condition qu'ils expulseraient les bandits de la Seine. Mais la taxe levée pour cet effet sur les églises , les manoirs et les propriétaires, parvint à peine à réunir en une année le chitTre convenu.

Las d'attendre ce paiement qu'ils exigeaient qu'on leur fît à l'avance, et exaspérés par l'insuccès d'une expédition qu'ils venaient de tenter sur les côtes de l'Angleterre, les Barbares de la Somme recommencèrent en 861 la dévastation du Ponthieu. Charles ne leur en compta pas moins la somme promise, et ils se dirigèrent alors vers l'embouchure de la Seine.

Les Normands de la Seine étaient rentrés à Paris le jour de Pâques, et, après avoir pillé de nouveau la Cité et l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, ils étaient retournés, chargés d'un immense butin, à leur repaire fortilié dans l'île d'Oissel. Ceux de la Somme vinrent les y assiéger a\'ec trois cents barques, et les réduisirent à la famine ; mais, au moment de terminer cette campagne selon l'intérêt du prince qui avait acheté leur se-f cours, ils transigèrent tout à coup avec les assiégés, et ne se servirent de l'avantage de leur position que pour contraindrei leurs compatriotes à partager avec eux les dépouilles de Paris ;i puis, sous le prétexte î\ue les approches de l'hiver ne leur per-i

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