‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 18 sur 222 · XXJ · texte numérisé non relu

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Voilà les Huns. Depuis l'année 433, Attila régnait sur eux par le droit d'une férocité surhumaine.

C'était de prime aspect une nature d'homme formidable. Sa tcte démesurément large , sur laquelle pointaient des cheveux rares et grisonnants , s'attachait par un cou de taureau à un buste carré, posé sur des jambes torses. Ses yeux caverneux et obliquement percés, mais brillants d'un feu fauve, son nez camard, son teint verdàtre comme l'olive et semé de rugosités imberbes, accusaient dans toute sa plénitude son type original. Mais un éclair de génie avait passé sur cette difformité. Né pour conduire les caravanes de la Mort à l'assaut d'une civilisation condamnée, il avait reçu avec cette mission

de colère les qualités que le Ciel prête aux exécuteurs de ses arrêts. Qu'importait que les Huns, pris en masse, ne fussent que des troupeaux de bêtes farouches, à peine animés de l'in* stinct qui pousse au-devant d'aventures inconnues? Attila por-

tait l'âme de ce limon humain que l'océan barbare étendait sur l'univers pour faire pourrir sous son poids les races gangrenées.

Il avait le goût de la guerre, comme le lion du désert a le goût du sang. Il avait la dissimulation politique qui ne fait la paix, de temps à autre, que pour la rompre avec plus d'avantage. Franc ou perfide, juste ou injuste, tempérant ou dissolu, généreux ou cruel, selon ses intérêts du moment, il possédait à l'état de mélange les vertus et les vices qui se partagent les hommes destinés à des rôles extraordinaires. Quoi qu'il n'eût point de religion, sentant qu'il fallait un ressort surnaturel pour contenir sous sa main ses hordes ravageuses, il feignait d'adorer un être mystérieux qui lui avait promis tous les trésors de la terre. Une biche blanche avait ouvert aux Huns les flots des Palus IMéotides; où la biche avait passé, tous les Huns passèrent. Dans les steppes danubiennes, un gardeur de génisses trouve sous l'herbe une vieille cpée fichée en terre, il la porte à Attila : « Merci ! » s'écrie l'homme de proie, « voilà la clé de ma puissance ! »

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Les Huns avaient poussé les Goths sur l'Empire; ils arrivaient à leur tour au rendez-vous des nations mandées à la destruction de Rome; ils précédaient à grande distance les Lombards, dernière vague qui devait surmonter cet immense naufrage.

Attila s'était préparé au sac de l'Empire en se faisant redouter des autres Barbares ; en Asie , il avait foulé les Perses ; en Europe, les Scythes, les Hérules, les Gépides, lesRugiens, et les Germains eux-mêmes disaient de lui : « C'est le marteau de l'univers ! » Quand il ouït parler du Christianisme, il dit aux missionnaires qui virent sa face ; « Je suis le fléau qu'envoie votre Dieu pour battre les peuples comme de la paille.

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