‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 183 sur 222 · UVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

UVRE HUITIÈME

marches saxonnes et frisonnes, le plus puissant et le plus renommé des chefs germains, marcha enfin au secours de la Neustrie, pénétra de nuit, par surprise, dans le camp des Normands, mal<j^ré ses fossés el ses retranchements de bois et de terre, et parvint même à jeter quelques renforts dans Paris. Mais il fut bientôt contraint à la retraite par la foule des Barbares rassemblés de toutes parts, et la situation des assiégés devint plus critique que jamais.

Aux désastres de la guerre étaient venus se joindre ceux de la peste. Les plus intrépides défenseurs de Paris succombaient chaque jour. La mort de l'évêque Goslin jeta dans la cité une sombre tristesse, que redoubla le départ du comte Eudes, qui jugea nécessaire d'aller en personne réclamer les secours de Charles le Gros et des principaux chefs de la Germanie. Goslin n'avait pu résister aux fatigues de la guerre; la gangrène s'était mise dans sa blessure, et, sentant venir l'agonie, il s'était fait porter sur les murailles, pour expirer en demandant au Ciel le salut de sa ville.

L'abbé Ebles, son neveu , resta chargé de tout le poids de la défense. Il ceignit l'épée sur sa robe de moine, disent les Annales de saint Waast , et commanda lui-même plusieurs sorties contre le camp des Barbares, en donnant à ses cavaliers le costume danois pour tromper leurs sentinelles.

Les assiégés, cependant, ne tardèrent pas à voir briller sur la colline de Montmartre les casques et les boucliers du comte Eudes et des guerriers qu'il amenait. Les Normands essayèrent de lui fermer le passage ; mais ce vaillant homme traversa leurs masses à bride abattue , suivi de ses rudes escadrons qui roulaient comme des avalanches. Il rentra bientôt dans la tour du Grand-Pont, et rendit confiance au peuple affligé, en annonçant le retour du duc Henri à la tète d'un nouveau corps d'armée, qui n'était, disait-il, que l'avant-garde des troupes de Charles le Gros.

Malheureusement, les espérances fondées sur ce secours ne tardèrent pas à s'évanouir.

Tandis que Henri, peu accompagné, poussait une reconnaissance autour du camp des ennemis, son cheval s'abattit dans des trous creusés en avant des lignes normandes et recouverts de claies chargées de légers feuillages. Les Normands le massacrèrent avec son escorte, et l'armée germanique, démoralisée par la perte de son chef, se mit en retraite à la vue des Parisiens consternés.

On était au mois de juillet. Les assiégeants croyaient enfin trouver un terme à leurs travaux. Plus acharnés que jamais, ils livrèrent un assaut général, par terre et par eau , à toutes les défenses de Paris.

De nouvelles machines rallumaient l'incendie, quand tout à coup, dit une chronique, les flammes se divisent et se courbent sous le vent du ciel qui repousse la fumée vers le sol. Du côté de l'est, à l'endroit même où, depuis six siècles, une catliédrale gothique est consacrée à Notre-Dame, un religieux à face resplendissante apparaît debout sur la plus haute tour de la cité; il porte une grande croix d'où semblent jaillir des éclairs...

A cette apparition imprévue, les Normands sont frappés d'épouvante, et une sortie furieuse des assiégés les refoule avec un furieux carnage.

Cet assaut fut le dernier qu'essuya Paris ; mais, durant trois mois, le camp des Barbares resta devant la Cité, et Charles le Gros ne parut qu'en octobre au sommet de Montmartre, quoique depuis le mois de juillet il fût arrivé à Metz. Craignant alors d'avoir à se mesurer avec des forces nombreuses et aguerries , les Normands évacuèrent leurs premiers retranche-

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