‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 211 sur 222 · LIVRE NEUVIÈiME. ir · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈiME. ir

attacha des fantômes à chaque secret de la nature, et la faiblesse de la raison ne put sauver l'esprit du naufrage des vérités piimordiales.

La destruction du judaïsme par les armes de Vespasien et de Titus rejeta en Arabie, au commencement de l'ère chrétienne, quelques débris des anciennes races patriarcales qui avaient gardé le culte du vrai Dieu. Mais cette religion dépouillée de ses mystères et de ses pompes se mêla encore, sans les détruire, aux superstitions importées du fond de l'Orient par les émigrations ; et le Christianisme lui-même, avec ses miracles naissants, sa foi vivace et son apostolat fondé sur le martyre, n'avait pu trouver plein accès dans les temples voués par l'Arabe à ses divinités adoptives. Néarimoins, au-dessus de ces idoles, les Arabes plaçaient un être tout-puissant, qu'ils invoquaient dans les périls suprêmes. L'adage : « il n'y a d'autre Dieu que Dieu, » existait chez eux de temps immémorial, comme une vague mais impérissable réminiscence de la foi d'Abraham, dont ils gardaient l'image avec le culte des ancêtres.

Les mœurs des émigrés de la haute Asie, transplantées chez les tribus nomades, introduisirent l'usage des villes au milieu des campements du désert. Le commerce et l'industrie se développèrent, mais bientôt la rivalité commença; les populations errantes prirent en aversion celles qui s'entouraient de murailles, et formèrent une ligue offensive qui propagea tous les maux de l'état de guerre enfanté par une imparfaite civilisation.

Ainsi vivaient les races arabes, lorsque le célèbre ^ïahomet se leva au milieu d'elles, dans la seconde moitié du sixième siècle.

Voilà les origines arabes, telles qu'elles apparaissent à l'histoire vulgaire qui s'arrête à l'écorce des faits. Mais si nous nous

élevons sur les hauteurs de la révélation religieuse, les ombres du passé s'illucainent du rayonnement de la Providence (|ui ne crée rien sans le lier au plan général de ses œuvres, et la B ble contient de remarquables prophéties sur le rôle historique réservé au peuple arabe, en vertu de sa descendance d'is.iiaël, fils d'Abi'aham. Elles sont contenues dans les prédictions faites à ce [)atriarche dans la vallée de Mambré.

Voici la chronique sacrée :

« Sara, femme d'Abraham, était sans enfants ; mais ayant une servante égyplienne, nommée Agar, elle dit à son mari:

«Le Seigneur tout-puissant m'a laissée stérile; mais approcbez-vous de votre servante : peut-être aurais-je des enfants d'elle. »

a El lorspio Abraham eut consenti à sa prière, elle prit Agar, dix ans après qu'ils eurent corn nencé d'hibitcr en la terre de Ghanian, et la donna pour femme à son mari.

« Abraham s'approcha d'elle. M us Agar, voyant qu'elle avait conçu, dédaigna la vieillesse de l'épouse légitim:^.

« Alors Sara dit à Abraham : « Vous agissez injustement envers moi. J'ai mis ma servante entre vos bras, et voilà qu'elle me méprise parce qu'elh a conçu : que le Seigneur soit juge entre vous et moi ! »

«Abraham répondit: «Voilà votre servante, faites d'elle ce que vous voudiez. »

« Sara donc maltraita Agar, et Agar s'enfuit.

« Mais l'ange du Seigneur descendit auprès de la fugitive qui s'était arrêtée au bord d'une fontaine, sur le chennn de Sur au désert, et il lui dit : « Agar, servante de Sara, d'où viens- lu , et où vas-tu ? »

« Agar répondit : « Je fuis de la présence de Sara ma maîtresse. »

« Et l'ange du Seigneur reprit : « Retourne vers ta maîtresse, et hujiidie-toi sous sa main. »

« Puis il ajouta: «Console-toi, le Seigneur tout-puissant multipliera ta postérité , et elle sera innombrable. Tu as conçui

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