LIVRE NEUVIÈMF
toliqiie, et contre les races d'Occident qui dissipaient les trésors de la vraie foi.
Mahomet naquit au mois de mai, selon les uns, au mois de novembre, selon les autres, de l'an oG9 de l'ère chrétienne; dans la petite ville de *Mekka, que nous nommons ia Mecque.
Quand il vit le jour, son père Abdallah n'existait plus, et il perdit, âgé de six ans , sa mère A mina.
Son aïeul, Abd-el-Moutaleb, personnage vénéré de la Mecque, et prêtre du temple païen de la Kaaba, recueillit l'orphelin, et mourut à son tour, ne lui laissant pour héritage qu'une servante éthiopienne et cinq chameaux.
Un de ses oncles , Abou-ïalob, ramassa en dernier lieu cette indigence enfantine, et en prit soin jusqu'à l'âge de (juatorze ans. Abou-Taleb exerçait le négoce, profession voyageuse qui n'était pas sans honneur chez les Arabes primitifs, paice qu'elle conduisait à la fortune. Le petit Mahomet commença donc sa carrièi'een suivant les caravanes sur les contins de la Syrie. 11 fallait défendre le bagage, attaqué à tout moment par les tribus errantes. Ce périlleux apprentissage des armes lui commun:(jua de bonne heure l'indomptable énergie qui devait être le ressort de son étrange destinée. 11 dut plus tard sa fortune à une riche veuve, nommée Kadija , sa parente, qui, faisant un grand commerce, Tassocia d'abord à ses intérêts et l'épousa ensuite.
Le génie des voyages, embrasé par les feux du désert , avait laissé dans l'àme de Mahomet l'empreinte des vastes horizons qu'interrogeait son inquiète pensée. Lorsque l'aisance ac!|uise par un mariage inespéré le dispensa des pénibles pérégrinations de sa jeunesse, il se replia sur lui-même pour passer la revue de ses souvenirs. Le repos, qui émousse les natures vulgaires, développa en lui toutes les puissances d'un esprit plein
d'orages secrets qui ne cherchaient qu'une issue pour éclater; le caractère mystique des imaginations orientales fit le reste. Exalté par les rêveries de la solitude, il s'endormit un jour dans une hallucination pleine de merveilles, et se réveilla prophète : rôle bizarre, mais qui devait violemment remuer un peuple encore enfant, bercé par le prestige de superstitions séculaires.
Pour nous, le prophète ne fut qu'un imposteur qui mit un rare génie au service d'une immense ambition. Mais comme instrument des châtiments que la Providence voulut infliger par sa main à la précoce corruption du monde chrétien , la colossale figure de Mahomet reste debout dans l'histoire audessus des Alaric, des Attila, des Genséric, des Odoacrc.
Ceux-ci n'étaient que les fossoyeurs d'une civilisation décrépite ; Mahomet fut le créateur d'une barbarie organisée qui nous fait face depuis douze siècles, assise près du tombeau du Christ, le coude appuyé sur l'Asie, un pied sur l'Europe, l'autre sur l'Afrique, et le regard C\xé sur l'Occident, comme une menace immobile.
Dans la troisième partie de mes récits, je dévoilerai le mystère dont Mahomet s'enveloppe encore au fond de son tombeau.
Vous connaissez l'Évangile; je vous ouvrirai le Koran ; vous verrez commencer cette lutte de l'Antéchrist qui ne doit finir qu'avec le monde, et dont voici l'avant-scène.
En 622, après trois années de patients elîorts et de propagande secrète, Mahomet n'avait encore trouvé que quatorze disciples; mais impatient de commencer son œuvre au grand jour, il réunit, l'année suivante, à un grand festin, quarante membres des familles les plus distinguées de la Mecque, et proclamant tout à coup son rôle de Prophète , il leur parla avec