‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 30 sur 222 · LIVRE SIXIÈME. r · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME. r

h coup ses camps, et prit le chemin des Gaules, suivi de sept cent mille hommes. A son appel , toutes les races barbares qu'il rencontrait, Gépides, Rugiens, Hérules, Turcihnges, Bellonotes, Gelons, Burgondes, Suèves, Marcomans, Thuringes, se levèrent pour le suivre à la grande curée dont il voulait bien leur octroyer les débris. Chacun de ces peuples avait son chef; tous tremblaient autour du féroce aventurier.

Aucun vestige des vieilles chroniques de cette année 451 ne s'est conservé jusqu'à* nous; aucun guide ne nous est donné pour suivre la marche et les gestes des Huns, pendant ce pèlerinage de destruction , jusqu'à leur entrée dans les Gaules. Traversèrent-ils la Germanie par le centre, pour arriver à Cologne? ou bien suivirent-ils les rivages du Danube, pour aller ensuite franchir le Rhin près du lac de Constance ? Cette dernière supposition me paraît vraisemblable; car Procope dit brièvement qu'Attila détruisit en passant les forts que les empereurs avaient élevés sur les bords du Danube , et Paul Diacre nous représente les Bourguignons lui disputant le passage du Rhin. 11 est probable que l'immense armée hunnique côtoya le Danube , divisée en deux colonnes, le fleuve entre deux. L'un de ces corps entraînait dans son mouvement les peuplades germaines, conviées à un pillage commun, tandis que l'autre écrasait les postes romains qui n'avaient pour abri que des tours isolées. Toute cette agglomération d'envahisseurs dut se réunir aux sources du Danube, et franchir le Rhin près de Baie, où le voisinage de la forêt Hercynie favorisait la construction des bateaux de transport.

XXXYII

LesFranks qui habitaient sur la rive droite du Rhin tendirent la main aux Huns, et ceux qui avaient déjà pris pied dans les Gaules devinrent aussitôt leur avant-garde. Les Bourguignons opposèrent une inutile résistance et se firent hacher; les Huns

iS LES HEROS DU GHRISTlANlSxME.

achevèrent de détruire ce que les Vandales, les Suèves et les Alains avaient laissé debout. Attila, côtoyant le Rhin comme il avait côtoyé le Danube, éventra l'Alsace. Strasbourg, Spire, Worms, décombres des invasions précédentes, n'étaient point relevées de terre. Mayence fut encore une fois saccagé; Tout s*abîma dans les flammes, et Metz, attaqué par de fortes machines que servaient des bras innombrables, vit ses remparts tomber en poussière après un siège de plusieurs mois. Les terribles vainqueurs égorgèrent tout sans pitié, jusqu'aux enfants à la mamelle, que Tévêque s'était hâté de baptiser; la ville fut incendiée de fond en comble, et, longtemps après, on ne reconnaissait la place où elle avait existé qu'à une chapelle de saint Etienne, échappée seule de cette catastrophe.

Plusieurs villes romaines ouvrirent leurs portes à Attila ; elles espéraient trouver leur salut dans la soumission, elles ne firent que hâter leur dernière heure. L'épouvante exalta le désespoir des autres. Il y eut des prodiges d'héroïsme; mais que pouvait le courage contre des masses qui grossissaient sans cesse? Rheims et Arras furent mis au pilon. Trêves, quatre fois abattu, quatre fois relevé, subit les horreurs d'une cinquième extermination. Les partis ennemis, dont chacun formait une armée, dispersés dans les campagnes, portaient de toutes parts le fer et le feu.

Altila s'avançait vers la Loire. Les habitants de Paris prirent l'alarme et allaient abandonner leur ville, si sainte Geneviève, bergère de Nan terre, ne les eût rassurés en leur promettant, de la part de Dieu , que les Barbares n'entreraient point sur leur territoire. Cette prophétie fut vérifiée par l'événement : Attila franchit la Seine et se tourna vers Orléans.

A la première nouvelle de l'invasion des Gaules, Aëlius avait traversé les Alpes et s'était jeté dans Arles. Mais il amenait d'Italie des troupes peu nombreuses. Il comptait sur les ressources des villes gauloises, qui lui prêteraient leurs garnisons romaines, et sur le secours des Goths, qu'un intérêt commun devait rallier à la défense de l'Empire.

Théodoric s'armait contre les Vandales, quand il apprit

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