LIVRE SEPTIÈME
partie des ordres supérieurs de l'Église. Il convient d'ailleurs à de grands peuples d'avoir un culte splendide comme leur destinée, et des autels où l'infortune puisse trouver des secours.»
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Vous verrez bientôt les Barbares prosternés au pied de la Croix seule debout, comme un phare, au-dessus de l'abîme où ils traînent les morts du vieux monde. C'est pour préparer cette ^'ictoire de Dieu, que le pauvre ermite Probus avait barré le ^nemind'Alaric, en y plantant sa croix de bois, et que le grand pape Léon s'était penché vers Attila, pour éveiller dans son cœur la crainte mystérieuse d'un bras plus fort que le sien.
Attila laissait un grand nombre d'enfants. Nés de diverses femmes, et séparés les uns des autres depuis leur naissance, ces aiglons du désert hunnique se reconnaissaient à peine pour frères. Tous voulant régner, déchirèrent l'empire de leur père par leurs querelles, et, rompant les liens encore faibles qui tenaient ensemble les parties de cette puissance naissante, ils la réduisirent à rien. Ellac, le plus âgé d'entre eux et le plus semblable à son père, avait été destiné par Attila pour être le chef de ses frères. Mais l'héritage du Hun n'avait rien de réel : son empire n'était qu'un fantôme errant au souffle de la terreur du monde , et qui disparaissait dès qu'on voulait le toucher.
Le règne d'Attila n'avait été qu'une invasion ; ce guide perdu , les races de proie, qui le suivaient comme des meutes, ne sentant plus le fouet du maître , brisèrent la chaîne que sa main de fer avait lâchée. Huns, Goths, Rugiens, Hérules, Sarmates, Gépides, se piirtagent entre les prétendants à la royauté des ruines.
Les plaines de la Pannonie furent le théâtre où ces peuples féroces s'entre-déchirèrent sous les yeux des Romains. Après plusieurs combats, les Gépides écrasèrent les Huns dans une bataille aussi sanglante que celle des champs Catalauni(jues.
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Ellac y perdit la vie après avoir fait des prodiges de bravoure. Ses frères se réfugièrent sur les bords de la mer Noire, d'où les Huns avaient autrefois chassé les Goths. Les Gépides, maîtres du terrain qu'avait occupé Attila, ne songèrent plus qu'à un établissement solide; ils demandèrent à l'empereur Marcien son alliance avec le titre d'auxiliaires des armées d'Orient, moyennant une solde annuelle. Marcien sut profiter de ces dispositions pour affermir son règne par un traité qui fut longtemps et loyalement observé.
Au sortir de ce bain de sang où ils avaient cherché le baptême de la liberté, les autres Barbares de la grande armée d'Attila voyant la fortune des Gépides assise sur la possession d'un fertile territoire, éprouvèrent à leur tour l'instinct du repos. Échelonnés dans les cantons voisins du Danube, ils prirent avec leurs anciens compagnons de pillage le nom de confédérés, pour avoir part à leur nouvelle existence politique.
L'empereur d'Orient se défiait à bon droit d'alliés si équivoques; mais la prudence lui conseillait de ménager leur entraînement vers la paix. Il ne leur céda point la propriété du sol, mais il leur assigna des campements; ils s'y logèrent sous la tente ou se construisirent des cabanes. On leur abandonna quelques bourgades et quelques villes désertes depuis F invasion ; mais les troupes de l'Empire occupaient au milieu d'eux des postes fortifiés, pour surveiller leur attitude. La terre, cultivée par ces mêmes bras qui naguère l'avaient ravagée, devait fournir abondamment à la subsistance de ces nouveaux colons et de ce qui restait d'anciens habitants.
Dans les montagnes de la Transylvanie, et sur la frontière de la Moldavie, se trouve encore, de nos jours, une race qui ne s'est jamais confondue avec les peuples voisins ; elle porte le nom de Zekhels parmi les Hongrois actuels; on la regarde
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