‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 53 sur 222 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

îl veut fuir, un soldat nommé Ursus l'arrête en lui tendant la pointe de son épée : Maxime tombe , et son cadavre a pour linceul les flots du Tibre.

Trois jours après, Genséric était devant Rome.

Grand saint Léon, qui avez fait reculer Attila, césar sacré de Rome chrétienne, levez-vous encore une fois à l'appel de ce peuple en détresse; reprenez à la main cette croix tulélaire plus forte que les batailles de lances , et courez imposer la nouvelle trêve de Dieu à ce tyran de la mer î

— «J'irai, » dit le saint pape, « mais j'emporte peu d*espoïr, et je reviendrai pleurer sur vous, car vous n'avez point fait pénitence depuis qu'Attila s'est retiré. Débauches, voluptés, luxure de tout genre, usure et avarice insatiables, dureté cruelle envers les faibles et les pauvres, voilà tout ce que vous offrez à Dieu en levant vers lui vos mains souillées. Comme les épines s'entrelacent, ainsi vous vous unissez dans l'ivresse des festins; mais la colère de Dieu vous dévorera comme un chaume aride. Malheur à vous qui traînez après vous l'iniquité comme une longue chaîne, et vos vices comme les traits d'un char : la race des méchants ne durera pas toujours. Sondez vos cœurs, examinez vos œuvres , peuple sans pudeur ; avant que la menace de l'Éternel vienne plus vite que la paille poussée par un tourbillon , cherchez sa miséricorde en vous courbant sous sa justice. Le Seigneur ne me donnera plus de paroles puissantes pour conjurer la furie des races étrangères, mais j'irai verser mes larmes devant Genséric, afin que s'il détruit le bercail, il épargne au moins la vie du troupeau , et que vous ayez jour pour vous repentir!...»

XIÎ

, Ainsi parlait le saint pape, en descendant de Rome au milieu de la foule consternée. Ses prêtres le suivaient en habits de deuil, car l'inspiration divine avait révélé au chef de l'Église

i\0 LES HÉROS DU CHRISTIANISME.

que rennemi ne se retirerait point sans avoir frappé la cité d'un châtiment terrible.

Et ce cortège sacré murmurait , au nam de Rome , en s'acherainant le front penché , ces paroles de David pénitent :

« Sauvez-moi , Seigneur ! un océan d'amertume est débordé sur mon àme.

« Je suis plongé dans la vase de l'abîme , et elle fuit sous mes pieds; je descends sous les ruines de ma vie, et elles s'écroulent pour m'engloutir.

« Seigneur, plein de tendresse et de clémence, vous êtes lent à punir, et prodigue de miséricordes.

« Vous n'êtes pas irrité pour toujours, et vos menaces ne sont point inflexibles.

« J'ai péché contre vous, j'ai fait le mal en votre présence : vos paroles sont justifiées, et le jour de vos jugements est venu.

« Vous avez dit. Seigneur : « La verge à la main, je visiterai son iniquité, je frapperai son péché; mais je ne retirerai jamais de lui ma miséricorde. »

« Vous connaissez mon argile; rappelez-vous que je ne suis que poussière.

« Ne me cachez pas votre face au jour de mes angoisses ; inclinez vers moi votre oreille au jour de ma prière ; éloignez de moi mon péché autant que le couchant est éloigné de l'aurore.

« Mes iniquités m'ont investi, elles se sont multipliées plus que les cheveux de ma tête, et mon cœur est tombé en défaillance. Votre justice s'est élevée contre moi comme une montagne, pour m'écraser de son poids; et vos arrêts ont creusé un gouffre où je vais disparaître.

« Mais, Seigneur , je vous ai confessé ma vie, et vous avez mes larmes sous vos yeux; vous savez mes opprobres, ma honte et mes ignominies : prenez-moi en pitié, manifestez pour moi le signe de votre clémence.

« Faites-moi grâce, parce que mon âme espère en vous; faites éclater votre gloire, noo pas pour nous. Seigneur, mais

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