‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 57 sur 222 · LIVRE SEPT[ÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPT[ÈME

Il n*était pas besoin de force pour donner un chef à l'Ennpire agonisant. L Italie, exposée aux ravages des Barbares, ne cherchait qu'un défenseur; elle s'empressa de se ranger autour de celui que les Gaules lui envoyaient. Avitus vint à Rome , où le sénat et le peuple le reçurent comme un libérateur, avec son gendre Sidoine Apollinaire, l'un des plus illustres personnages de son siècle.

Sidoine Apollinaire avait d'abord porté les armes ; il les quitta bientôt pour se livrer entièrement aux lettres, et mit toute son ambition à se distinguer par les talents de l'esprit. Ses poésies, que nous n'admirons plus, lui firent une brillante réputation dans un siècle où le goût et la langue même avaient dégénéré. Ses vertus ne l'honoraient pas moins que sa haute intelligence. Il était si vivement touché de la misère d'autrui que souvent, à l'insu de sa femme Papianilla, il emportait quelqu'un des vases d'argent de sa table, et les donnait aux pauvres ; en sorte que Papianilla , moins détachée de l'amour du luxe, était obligée de les racheter.

Le premier soin d' Avitus, en parvenant à l'empire, fut d'envoyer des députés à Marcien pour établir, entre l'Occident et l'Orient, les hens d'un concours mutuel à la sûreté commune. Marcien, do^". l'àme se remplissait de tristes pressentiments, et qui sentait la vie lui échapper, sacrifia ses prétentions à la souveraineté des deux empires, fardeau dont la moitié lui pesait. Il accepta l'alliance du collègue que lui assignait le choix des Occidentaux ; mais il ne pouvait guère l'aider que de ses vœux stériles, tant l'horizon politique s'assombrissait de tous côtés,

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On vit enfin, cette même année (456), se lever la dernière nation barbare que Dieu appelait au dernier assaut de l'empire d'Occident. Quatre cents Hérules, abordés dans sept longues barques sur les côtes de l'Espagne , y firent le premier

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essai de leurs ravages. Les habitants du pays les forcèrent de regagner la mer, mais ils n'avaient pu leur cacher la richesse du nouveau monde que ces nouveaux sauvages venaient d'entrevoir.

Autrefois sortis des solitudes Scandinaves avec les Goths, dont ils étaient une fraction ^ les Hérules s'étaient séparés de leur souche au commencement des grandes invasions; réunis aux Rugiens et aux Vandales^ ils étaient venus s'arrêter à l'embouchure de la Vistule. Dans la suite, toujours confédérés avec les mêmes nations, ils avaient conquis les forêts de la Bohême. Lorsque l'immense débordement de la race hunnique changea la face du jNord, ils remontèrent vers les froides latitudes du pôle. Plus tard encore, ils avaient suivi les Saxons du côté de la Frise, et pris position sur la côte où viennent se jeter l'Elbe, le Weser et l'Ems. L'habitude de la vie maritime les avait enfin transformés en pirates, et c'est de là qu'ils étaient venus tenter une descente en Espagne, sur les grèves de la Biscaye.

Ces derniers venus du camp de la destruction passaient pour aussi féroces que les Huns. A l'usage des sacrifices humains qu'ils offraient à leurs idoles sinistres, ils joignaient celui de tuer les infirmes et les vieillards. Ces exécutions se faisaient avec solennité, en présence de chaque tribu. On dressait, au milieu du camp ou du village, un bûcher au haut duquel on portail le malheureux qu'une cruelle superstition voulait délivrer de la vie. Quand la victime était garrottée sur ce ht funèbre, le plus proche parent y montait, armé d'un poignard, et frappait le coup fatal qui, dans la croyance des Hérules, devenait un acte de piété domestique envers le membre de la famille qu'une maladie incurable ou la caducité empêchait de continuer la vie nomade et de participer aux expéditions aventureuses de ses compagnons. On brûlait ensuite le cadavre, et ses cendres étaient confiées à la terre. Si le mourant était marié, il fallait que sa femme se pendit auprès du bûcher. Quand le courage lui manquait pour accomplir cette immolation volontaire, le déshonneur devenait le prix de sa faiblesse, et, dé-

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