‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 64 sur 222 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

courut à Home pour saisir sa part du dépècement de l'Empire. Ses intrigues secrètes avaient profondément travaillé la ville impériale. Deux factions s'y trouvaient , prêtes à en venir aux mains, l'une pour sauvegarder l'empereur, l'autre pour livrer à l'usurpateur visigoth les portes de la ville.

Ricimer campa sur les bords du Tibre. Antbémius essaya de combattre, et fut massacré. Les Visigoths entrèrent dans Rome, le 11 juillet 472, et renouvelèrent les ravages d'AIaric et des Vandales. Jouant avec ces débris, Ricimer créa un cinquième empereur, qui n'eut pas le temps de glaner dans le sang les lambeaux de la pourpre. L'histoire le nomme Olybrius; d'où venait- il? du néant, où il allait disparaître. Ricimer l'y précéda de quelques jours : l'ivresse de la destruction le tua.

L*Occident romain ne renfermait plus que Tltalie, laDalmatieet un coin des Gaules. Les catastrophes des derniers empereurs depuis Majorien n'effrayèrent point Glycérius, un officier de la garde augustale. Jl se fit empereur dans Ravenne, aux acclamations de quelques soldats : empereur de ruines!...

Léon le Thrace s'éteignait en Orient. Reau-père d'un Rarbare, comme Anthémius, il laissait à son petit-fils un nom détesté.

Vérina, sa veuve, avait les passions de Tantique Phèdre. Secrètement unie à son gendre par un commerce incestueux, elle le fit associer à l'empire d'un enfant.

Zenon l'ïsaurien, c'était le nom de famille et de patrie de ce Rarbare, empoisonna Léon IL Esclave des vices les plus infâmes, il ne voyait dans la souveraineté que le pouvoir de s'assouvir impunément à la face de toute L terre. Lâche et fanfaron, il semblait toujours prêt à marcher en personne contre les Rarbares, et lorscjuc ses troupes n'attendaient plus que sa présence, il les oubliait au sein d'une nouvelle orgie. Léon le

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Thrace avait pillé ses peuples pour entasser des trésors ; Zenon pillait pour gorger les pourvoyeurs et les compagnons de ses débauches. Après avoir dissipé les richesses de son beau-père, il créa de nouveaux impôts pour continuer ses folies. La province d'Egypte payait, avant son règne, cinquante hvres d'or pour sa part de contribution annuelle; il éleva tout à coup ce chiffre à celui de cinq cents livres. Pour le peindre d'un seul mot, il unissait tous les vices d'une basse nature à ceux que la puissance fait éclore du misérable droit de tout oser.

Tandis que Constantinople descendait , sous le poids de ce vil tyran , un nouveau degré de plus profonde décadence , un nouvel empereur d'Occident , fabriqué par Léon le Thrace peu de temps avant sa mort, arrivait dans le port de Ravenne avec quelques troupes, pour succéder à Anthémius. Léon 1" n'avait reconnu, pour héritier du trône d'Occident, ni Olybrius, ni Glycérius. Il en avait donné l'investiture comme un fief à un de ses favoris , nommé Julius Népos ; c'était une main qu'il étendait sur Rome, comme sur un cadavre dont on convoite le linceul.

Au moment où Népos entrait dans Ravenne par une porte , Glycérius s'enfuit par l'autre; mais il fut pris comme l'avait été Avitus. Népos le fit tondre et sacrer évêque de Salone en Dalmatie. Salone était la patrie de Dioclétien ; ce grand empereur y avait pleuré pendant neuf ans son abdication; l'augustule Glycérius dut s'estimer heureux d'y porter une couronne moins dangereuse que celle qu'il venait de laisser tomber.

Népos, inslallé sans obstacle sur le trône vermoulu d'un empire qui n'existait plus que de nom, se crut appelé à le restaurer. Il comptait sur l'appui de Léon le Thrace pour revendiquer, les armes à la main , les dépouilles politiques ravies par les Barbares. Mais la mort de son protecteur le laissa sans ressources, à la merci d'une guerre qu'il ne pouvait soutenir.

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