‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 70 sur 222 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

nouveler les anciennes persécutions, s'ils n'eussent été réprimés ou contenus par les empereurs.

Les choses étaient encore dans cet état au Tufc.îricme siècle de l'Église, et, cent ans après Constantin, quand Dieu enfin se ressouvint de tant de sanglants décrets du sénat contre les fidèles, et tout ensemble des clameurs furieuses dont tout le peuple romain, avide de sang chrétien, avait si souv/>-T»'t fait retentir l'amphithéâtre des cirques.

Dieu livra donc aux Barbares cette ville enivrée du sang des saints et du sang des martyrs, dont parle saint Jean. Dieu renouvela sur elle les terribles châtiments qu'il avait exercés sur Babylone : Rome même est appelée de ce nom par le prophète de Pathmos.

Cetle nouvelle Babylone, imitatrice de l'ancienne, comme elle enflée de ses victoires, triomphante dans ses délices et dans ses richesses, souillée de ses idolâtries et persécutrice du nouveau peuple de Dieu , tombe aussi comme elle d'une grande chute, et saint Jean chante sa ruine :

«Je vis un ange qui descendait du ciel, ayant une grande puissance, et la terre fut illuminée de sa gloire.

« Et cet ange cria avec force, disant : « Elle est tombée, elle est tombée la grande Babylone ! Elle est devenue la demeure des démons, et la retraite de tout esprit impur et de tout oiseau sinistre ;

« Parce que toutes les nations ont bu du vin de colère de sa prostitution ; et les rois de la terre se sont enrichis de ses délices. »

« fit j'entendis, » continue le prophète, « une autre voix du Ciel, disant : a Sortez de Babylone, mon peuple, de peur que vous n'ayez part à ses péchés, et que vous ne soyez enveloppé dans ses plaies ;

« Parce que ses péchés sont montés jusqu'au Ciel , et le Seigneur s'est souvenu de ses iniquités.

«Rendez -lui comme elle vous a rendu ; rendez-lui au double

iAO: LES HÉROS DU CHRISTIANISME.

selon ses œuvres; faites-la boire deux fois dans le même calirM. où eîle vous a donné à boire.

« Autant elle s'est glorifiée dans les délices où elle a vécu, autant multipliez ses tourments et ses douleurs, car elle a dit en son cœur : « Je suis assise reine, et je ne suis point veuve, et je ne serai jamais dans le deuil !» *

«C'est pourquoi en un seul jour, ses plaies, la mort, le deuil et la famine viendront, et elle sera brûlée par le feu, parce que le Dieu qui la jugera est le Dieu fort.

«Et les puissants de la terre, qui se sont corrompus avec elle et qui ont partagé ses délices impures, pleureront sur elle, et se frapperont la poitrine en voyant la fumée de son embrasement.

« Et debout loin d'elle, dans l'effroi de ses tourments, ils diront: « Malheur! malheur! Babylone, grande ville, ville puissante, ta condamnation est venue en une heure!... »

« Ciel, réjouis-toi sur elle, et vous, saints apôtres et prophètes, rendez gloire à Dieu, car Dieu vous a vengés d'elle, parce que dans son sein a été trouvé le sang des saints ! »

Vous venez d'assister, dans Thistoire, à l'accomplissement de cette prophétie de saint Jean contre Rome. La gloire de ses conquêtes, qu'elle attribuait à ses dieux, lui est ôtée; elle est en proie aux Barbares , elle a été prise trois et quatre fois , pillée, saccagée, détruite. Le glaive des envahisseurs n*a pardonné qu'aux chrétiens.

Une autre Rome toute chrétienne va sortir des cendres de la première, et c'est seulement après l'inondation des Barbares que s'achève entièrement la victoire de Jésus-Christ sur les dieux romains, qu'on verra non - seulement détruits, mais encore «ubliés.

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