LIVRE SEPTIÈME. 44T
Cest ainsi que les empires du monde ont servi à la religion, et h la conservation du peuple fidèle à Dieu. C'est pourquoi ce même Dieu, qui a fait prédire à ses prophètes les divers états de son peuple, leur a fait prédire aussi la succession des empires.
Vous avez vu, dans la première partie de ces récils, les endroits où Nabuchodonosor a été marqué comme l'instrument qui devait punir les peuples superbes, et surtout le peuple juif, ingrat envers son auteur.
Vous avez enlendu nommer Cyrus, deux cents ans avant sa naissance, comme celui qui devait rétablir le peuple de Dieu, et châtier l'orgueil de l'ancienne Babyione.
La ruine de Ninive n'a pas été prédite moins clairement.
Daniel, dans ses admirables visions, a fait passer en un instant devant vos yeux l'empire de Babyione, celui des Mèdes et des Perses, celui d'Alexandre et des Grecs. On y voit ces fameux empires tomber les uns après les autres; et le nouvel empire que Jésus-Christ devait établir y est marqué si expressément par ses propres caractères, qu'il n'y a pas moyen de le méconnaître. C'est l'empire des saints du Très-Haut, c'est l'empire du Fils de l'Homme ; empire qui doit subsister au milieu de lamine de tous les autres, et auquel seul l'éternité est promise.
Les jugements de Dieu sur le plus grand de tous les empires de ce monde, c'est-à-dire sur l'empire romain , ne vous ont pas été cachés. Vous les venez d'apprendre de la bouche de saint Jean. Rome a senti la main de Dieu , et a été, comme toutes les autres puissances de la terre, un exemple de sa justice. Mais son sort était plus heureux que celui des autres villes. Purgée par ses désastres des restes de l'idolâtrie, elle ne subsiste plus Que par le Christianisme qu'elle annonce à tout l'univers.
i48 LES HÉROS DU CHRISTIANISME.
Ainsi tous les grands empires que nous avons vu passer icibas ont concouru par divers moyens au bien de la religion et à la gloire de Dieu , comme Dieu lui-même l'a déclaré par ses prophètes.
Quand vous lisez si souvent, dans les prédictions des Écritures sacrées, que les rois entreront en foule dans l'Eglise, et qu'ils en seront les protecteurs et les nourriciers, vous reconnaissez à ces paroles les empereurs et les autres princes chrétiens; et comme les rois de France se sont signalés plus que tous les autres, en protégeant et en étendant l'Eglise catholique, c'est vers la France que nous allons bientôt tourner nos regards, pour y suivre les héros de toutes les vertus chrétiennes.
Dieu ne déclare pas tous les jours ses volontés par ses prophètes touchant les princes et les monarchies qu'il élève ou qu'il détruit. Mais l'ayant fait tant de fois dans les grands siècles que je viens de vous retracer, il nous montre, par ces exemples fameux, ce qu'il fait dans tous les autres, et il apprend aux chefs des peuples ces deux vérités fondamentales . premièrement, que c'est lui qui forme les royaumes pour les donner à qui il lui plait; et secondement, qu'il sait les faire servir, dans les temps et dans l'ordre qu'il a résolus, aux desseins qu'il a sur ses élus. i
C'est ce qui doit tenir tous les princes dans une entière dépendance, et les rendre sans cesse attentifs aux moindres signes de la Providence, afin de concourir fidèlement à ce qu'elle médite pour sa gloire à toutes les époques de l'histoire. Et cette étude des révolutions des empires, même à la considérer plus humainement, a de grandes utilités, principalement pour les princes, puisque l'arrogance, compagne trop ordinaire