‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 73 sur 222 · LIVRE SEPTIÈME. loi · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. loi

de «os sens, et notre orgueil indomptable, en sont la cause. Nous aimons mieux tout risquer, que de nous contraindre; nous aimons mieux croupir dans notre ignorance, que de l'avouer; nous aimons mieux satisfaire une vaine curiosité, et nourrir dans notre esprit indocile la liberté de penser tout ce qu'il nous plaît, que de ployer sous le joug de l'autorité divine.

De là vient qu'il y a tant d'incrédules, et Dieu le peraiet ainsi pour l'instruction des cœurs droits. Sans les aveugle»^, sans les sauvages, sans les infidèles qui restent, et dans le sem même du Christianisme, nous ne connaitrions pas assez la corruption profonde de notre nature, ni l'abîme d'où Jésus- Chrisi nous à tirés. Si la sainte vérité n'était contredite, nous ne verrions pas h merveille qui l'a fait durer parmi tant de conti iJictions, et nous oublierions à la fm qu^ nous sommes sauvés par la grâce. Maintenant l'incrédulité des uns humilie les autres; et les rebelles qui s'opposenl^ aux desseins de Dieu font éclater la puissance par laquelle, indépendamment de toute autre chose, il accomplit les promesses qu'il a faites à son Église.

Qu'attendons-nous donc à nous soumettre? Attendons-nous [ue Dieu fasse toujours de nouveaux miracles; qu'il les rende inutiles en les continuant; qu'il y accoutume nos yeux, comme ils le sont au cours du soleil et à toutes les autres merveilles de la nature? Ou bien attendons-nous que les impies et les obstinés se taisent; que les gens de bien et les pécheurs endurcis rendent un égal témoignage à la vérité; que tout le monde, d'un commun accord, la préfère à sa passion; et que la fausse science, que la seule nouveauté fait admirer, cesse de surpremxe les hommes? N'est-ce pas assez que nous voyions qu'on lie peut combattre la religion sans montrer, par de prodigieux égarements, qu'on a le sens renversé, et qu'on ne se défend plus que par présomption ou par ignorance? L'Église, victorieuse des siècles et des erreurs, ne pourra-t-elle pas vaincre dans 520s esprits les pitoyables raisonnements qu'on lui

oppose; et les promesses divines, que nous voyons tous les jours s'y accomplir, ne pourront-elles nous élever au-dessus des sens?

Et qu'on ne dise pas que ces promesses demeurent encore en suspens, et que, comme elles s'étendent jusqu'à la tin du monde , ce ne sera qu'à la fin du monde que nous pourrons nous vanter d'en avoir vu l'accomplissement. Car, au contraire, tout ce qui s'est passé l'ous assure de l'avenir. Tant d'antiques prédictions, si visiblement accomplies, nous font voir qu'il n'y aura rien qui ne s'accomplisse, et que l'Église, contre qui TEnfer, selon la promesse du fils de Dieu , ne peut jamais prévaloir, sera toujours subsistante jusqu'à la consommation des siècles, puisque Jésus-Christ, véritable en tout, n'a point donné d'autres bornes à sa durée.

Les mêmes promesses nous assurent la vie future. Dieu, qui s'est montré si fidèle en accomplissant ce qui regarde le siècle présent, ne lésera pas moins à accomplir ce qui regarde le siècle futur, dont ce que nous voyons n'est qu'une préparation ; et l'Église sera sur la terre toujours immuable et invincible, jusqu'à ce que ses enfants étant recueillis de toutes parts dans son sein , elle soit toute entière transportée au Ciel, son séjour véritable.

Pour ceux qui par leur orgueil et leur malice se seront euxmêmes exclus de cette cité céleste, une rigueur éternelle leur est réservée; et après avoir perdu par leur faute une bienheureuse éternité, il ne leur restera plus qu'une éternité malheureuse. Ainsi les conseils de Dieu se terminent par un état immuable; ses promesses magnifiques et ses menaces paternelles sont également certaines, et ce qu'il exécute dans le temps assure ce qu'il nous ordonne ou d'espérer ou de craindre dans l'éternité.

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