‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 78 sur 222 · LIVRE SEPTIEME. iOl · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIEME. iOl

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En Orient, vers la fin du septiènae siècle, le patriarcat de Constantinople, entraîné par les évêques qui relevaient de son autorité, n'avait plus conservé que les formes de l'ancienne discipline de l'Église, tandis qu'en réalité il détruisait le célibat dans ses fondements. On y déclara nul, il est vrai, le mariage contracté par un prêtre après son ordination ; mais les évêques seuls devaient être privés des droits du mariage et leurs femmes reléguées dans des monastères éloignés; l'on ne dut exiger des prêtres ni des diacres, lors de leur ordination, aucun vœu de chasteté, ni mettre, en général, des entraves à leurs relations conjugales. Tout ce qu'on exigea d'eux, ce fut d'observer la continence lorsqu'ils devaient servir à l'autel. Les choses sont encore dans cet état dans l'Église grecque.

Il en fut bien autrement dans l'Église d'Occident. Déjà le concile d'Elvire, en Espagne, ordonne, en 306, de déposer les prêtres mariés qui ne quitteraient point leurs femmes après leur ordination. Cette discipline sévère se soutint dans tout l'Occident. Les papes Sirice et Innocent l"" maintinrent cette règle, et si, d'après le témoignage de Socrate, la loi d'une parfaite continence fut imposée à tous les ecclésiastiques ayant reçu les ordres majeurs dans la Thessalie, la Macédoine et l'Achaie, cela vint de ce que ces provinces appartenaient à la métropole romaine, à ce patriarcat auquel saint Jérôme attribue, ainsi qu'à ceux de Syrie et d'Egypte, la stricte observation du célibat dans toute la force du terme.

L'Église d'Afrique observait la même discipline ; deux conciles de Carthage, le second, en 390, et le cinquième, en 401, rt-nou vêlèrent, d'après les traditions du siège apostolique et la coutume de l'Église primitive, les lois relatives au complet célibat des prêtres. Ces lois étaient si rigoureusement obligatoires sur ce point, que saint Augustin a pu citer l'exemple de

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clercs mariés, qui, ordonnés malgré eux, supportaient néanmoins patiemment le lourd fardeau de la parfaite continence. Toutefois, il y eut de fréquentes transgressions, comme le prouvent les plaintes de saint Arabroise et les suppliques adressées aux papes par les évêques gaulois et espagnols; et, en effet, les prêtres devaient être soutenus et fortifiés par la grâce de Dieu, pour observer une règle comme celle qui leur fut imposée par le pape Léon 1", à savoir, que sans quitter les femmes qu'ils avaient prises avant leur ordination, ils devaient vivre avec elles dans des relations purement fraternelles, et changer leur mariage charnel en un mariage tout à fait spirituel. Mais l'Église ne se relâcha point de cette rigueur et ne chercha à Tadoucir qu'en ordonnant le moins qu'il lui fut possible d'hommes mariés.

Du reste, on donnait toujours comme motif principal de la loi sur le célibat , la pureté nécessaire pour célébier le saint sacrifice et administrer les sacrements. L'Église d'Orient reconnaissait aussi ce devoir ; mais elle pensait que l'observation en pouvait être laissée à la discrétion de chacun des prêtres, d'autant plus qu'ils n'étaient point appelés à offrir chaque jour le saint sacrifice. Au contraire, dans l'Église latine, on commença, depuis la fin du quatrième siècle, à étendre aussi l'obligation du célibat aux sous diacres, parce qu'ils servaient à l'autel.

Cette doctrine de la virginité du sacerdoce cathoh'que a inspiré plus d'une fois des méditations sublimes aux grands esprits qui s'élèvent au-dessus de l'horizon de nos passions fugitives.

Un homme qui, par son âge, semble toucher encore à l'aurore de la vie, et qui, proscrit comme moi par les malheurs de la Révolution, cherche sur la terre d'exil les consolations qu'offre l'étude au pied de la Croix; un homme qui me visite

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