‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 81 sur 222 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

prit; elle est donc la première des qualités, puisqu'elle donne pne nouvelle vigueur à l'âme, et que l'àme est la plus belle partie de nous-mêmes.

« Mais si la chasteté est nécessaire quelque part , c'est dans le service de la Divinité. Platon le philosophe a dit : a Dieu est la véritable mesure des choses, et nous devons faire tous nos efforts pour lui ressembler. » L'homme qui s'est dévoué à ses autels y est obligé plus qu'aucun autre. « 11 ne s'agit pas ici , » dit saint Chrysostome, « du gouvernement d'un empire, mais d'une fonction qui demande une vertu angélique : l'âme d'un prêtre doit être plus pure que les rayons du soleil. » — « Le ministre chrétien, » dit encore saint Jérôme, « est comme un trait d'union entre Dieu et l'Homme. » Il faut donc qu'un prêtre soit un personnage divin; il faut qu'autour de lui régnent la vertu et le mystère. Retiré dans les saintes ténèbres du temple, il faut qu'on l'entende sans l'apercevoir; que sa voix solennelle, grave et religieuse, prononce des paroles prophétiques, ou chante des hymnes de paix dans les profondeurs du tabernacle; que ses apparitions soient courtes parmi les hommes; qu'il ne se montre au milieu du siècle que pour faire du bien aux malheureux. C'est à ce prix qu'on accorde au prêtre la confiance, et qu'il commande le respect. Il perdra bientôt l'un et l'autre, si on le trouve à la porte des grands, s'il est embarrassé d'une épouse, si l'on se familiarise avec lui, s'il a quelqu'une des faiblesses qu'on reproche au monde, et si l'on peut un moment le soupçonner homme comme les autres hommes.

« Ainsi la virginité, remontant depuis le dernier anneau de la chaîne des êtres jusqu'à l'homme, fait partie du souvenir dans les choses antiques, des charmes dans l'amitié, du mystère dans la tombe, de l'innocence dans le berceau, de l'enchantement dans la jeunesse, de l'humanité dans le religieux, de la sainteté dans le prêtre et dans le vieillard. Elle passe bientôt de Thomme aux anges, et des anges à Dieu , où elle se perd,, comme dans son foyer. Dieu brille à jamais unique dans

les espaces de rËternité, comme le soleil, son image, dans les espaces du Temps. »

Ne dirait-on pas que les pages que vous venez de lire furent dictées, aux jours évangéliques, à quelqu'un de ces disciples que le Sauveur aimait d'une dilection plus intime, et qui avaient en quelque sorte les secrets de son cœur?

Mais les vertus du sacerdoce n'étaient point l'unique merveille que le Christianisme laissa debout au milieu des Barbares après l'écroulement de l'Empire. Les spectacles majestueux de la vie monastique avaient d'autres enchantements pour les frapper d'une surprise qui se changea vite en admiration et en respect.

La vie monastique, je crois vous l'avoir déjà montré, prend sa source au delà du Christianisme. Le prophète Élie, rebuté par les vices de l'antique Israël , s'en va le long du Jourdain pleurer l'endurcissement de ce peuple; quelques disciples l'accompagnent sur les roches du Carmel; ils y vivent de racines et de miel sauvage. Que n'eussent point dit les poètes de la Grèce si, pour fondateur des collèges sacrés qui gardaient les mystères helléniques, ils avaient trouvé un homme enlevé au ciel, comme Élie, sur un char de feu, et destiné à reparaître au milieu des hommes à l'époque de la destruction de l'univers ! . . . .

De cette tradition biblique, qui date son berceau, la vie monastique descend, à travers les prophètes et saint Jean-Baptiste, jusqu'à Jésus -Christ qui se dérobait souvent à la vue des hommes pour aller prier sur les montagnes. Bientôt après le Christ, les Thérapeutes offrirent, prèsdu lacMœris, enÉgypIe, les premiers m.odèles des monastères chrétiens. Enfin , sous Paul, Antoine et Pacôme, paraissent ces saints de la sauvage Thébaide, qui remplirent le Carmel et le Liban des prodiges les

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