‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 88 sur 222 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

A dater des deux célèbres anachorètes dont je viens d'esquîsser quelques traits, la vie religieuse prit un rapide développement. L'impulsion était donnée; les cloîtres devinrent les oasis où germait , loin des orages du monde , la moisson des vertus de l'avenir.

Ammon, contemporain et ami de saint Antoine, fonda, dans la contrée de Nitrie, en Basse - Egypte , des communautés d'hommes pieux, qui vivaient dans des cellules séparées, mais qui se réunissaient le dimanche pour le service divin; leur nombre , à la fin du siècle , s'élevait à cinq mille.

Un autre disciple d'Antoine, saint Hilarion, qui mourut en 371, choisit pour sa retraite le désert entre Gaza et l'Egypte. Le bruit de sa sainteté et de ses miracles attira près de lui beaucoup de personnes qui se placèrent sous sa direction , de sorte que, lorsqu'il visitait leurs cellules, il se voyait entouré de plus de deux mille frères. La solitude de Scété, en Egypte, se remplit aussi de cellules, après que saint Macaire s'y fut étabh.

Voici encore une des illustrations du désert, et l'un des héros célèbres dans les légendes. Saint Macaire, errant dans les sables de Scété , rencontre un jour le crâne desséché d'un mort inconnu. Il s'agenouille en face de ce triste débris que les vents ont roulé dans l'immensité; il prie avec ferveur, puis, comme un autre Ézéchiel , il interroge le crâne : « Ossement d'homme que je trouve sans sépulture, qu est devenu ton corps?

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