IL, XXIV
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s Un trail touchant de ce jeune et frais amour. Homère nous la montre allant donner de sa main du froment à manger et même du vin à boire aux chevaux d'Hector. IL, VIII, 189.
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150 ' LES HÉROS ET LES HÈROtNES D'HOMÈRE
contre elle ; avec une résignation mélancolique, elle s'incline et se courbe devant les réalités de la vie, mais elle en sent profondément les dures lois. Elle aime, elle pleure et travaille. Dans l'avenir incertain dontla perspective s'offre si triste à elle, on devine qu'elle gardera les vertus douces et humbles qui l'ont rendue si chère à son mari et à tous les siens et qui nous la rendent si sympathique *. Hector et Andromaque sont assurément les deux figures les plus intéressantes et les plus touchantes de répopée Homérique.
* On dirait qu'elle obéit déjà aux conseils que lui donne Hécube, dans les Troyennes d'Euripide. Ce poète, pour que le caractère fût tragique et l'intérêt dramatique, lui a donné plus d'intensité et de violence dans les sentiments et les passions, comme l'exigeait le genre. A la nouvelle de la mort de son âls, à la pensée qu'elle va entrer dans le lit d'un nouvel époux qui sera son maître, elle éclate en cris passionnés de désespoir, de fureur et de haine. C'est alors que la vieille mère, qui a elle aussi tant souffert, lui dit : Ma allé, quand la tempête se déchaîne sur le navire et que sa violence dépasse la force et l'art des matelots, ils s'abandonnent silencieux à la destinée, impuissants à la vaincre. La tempête de douleur que les dieux ont fait fondre sur moi est trop forte pour mon àmt. Je cède à l'orage; je m'incline muette et n'ouvre même pas la bouche à la plainte. Fais comme moi, ma fille.
Ses adieux à son âls, qu'on emmène pour l'immoler, ont, dans Euripide, des accents d'une puissance, d'une vérité, d'une beauté profondément pathétiques et tragiques, où se révèle la différence des genres. On ne sera peut-être pas fâché de les retrouver ici ;
« cher, cher enfant, mon Ûls, toi que j'aime d'un amour sans égal, tu vas mourir! tu vas quitter ta malheureuse mère, et c'est la gloire de ton père qui te tue... Tu pleures ! tu comprends donc ton horrible sorti Pourquoi me serrss-tu de tes mains! Pourquoi te colles-tu contre les plis de ma robe ! Pauvre petit oiseau, tu crois encore trouver un refuge sous mes ailes... dernier embrassement si cher à une mère, être chéri dont je sens pour la dernière fois la douce et pure haleine, c'est donc en vain que ces mains heureuses t'ont enveloppé de tes premiers langes, que ces mamelles t'ont allaité, que j'ai usé auprès de ton berceau ma force et ma vie. Embrasse encore une fois ta mère ! tu ne l'embrasseras plus jamais. Agenouille-toi devant celle qui t'a mis au monde... Viens ! entoure mon cou de tes bras, mets tes lèvres sur mes lèvres, que j'y prenne ton dernier baiser... Et maintenant emmenez-le. *»