‹ Les herpès génitauxChapitre 13 sur 21 · CAUSE DE L'HERPÈS PROGÉNITAL · texte numérisé non relu

CAUSE DE L'HERPÈS PROGÉNITAL

RÉCIDIVANT.

De la participation du système nerveux à la genèse de l'herpès.

Sur la région génitale comme sur toute autre, après comme sans un antécédent vénérien, le zona peut survenir et l'on a vu l'excellent parti que M. Mauriac a tiré des quatre cas de ce genre observés par lui dans l'espace de six ans, cas qu'il a dénommés herpès névralgique.

D'herpès avec épithète à herpès sans épithète, il n'y avait qu'un pas ; et la tentation de le franchir devait être forte à une époque et dans une école où la tendance irrésistible est de subordonner toutes les lésions comme tous les actes de l'organisme au système nerveux altéré ou sain.

Nous ne condamnons point cette tendance ; car,

restreinte à de certaines limites, personne ne conteste l'influence, l'universalité de l'influence exercée par le système, par les systèmes nerveux. Toutefois attribuer dans tous les cas, et exclusivement, la formation de l'herpès progénilal à un état morbide soit des centres, soit des ganglions nerveux, soit des nerfs eux-mêmes dans leur origine, leur trajet ou leurs ramifications périphériques, si c'est là beaucoup oser, c'est du moins une tentative à coup sûr originale : avouons d'ailleurs que, à priori, elle pouvait être légitimée par ce fait que, jusqu'ici, on ne connaissait, il n'avait été proposé aucune autre théorie, émis aucune autre explication, même seulement plausible, des différentes circonstances que présente l'évolution de l'herpès progénital.

L'hypothèse de sa production par une altération quelconque du système nerveux ne doit donc pas être traitée à la légère. Aussi ferons-nous bonne mesure, ferons-nous, selon l'expression juridique, reste.de droit à celte hypothèse, à cette prétention, en exposant in extenso les moyens sur lesquels elfe s'appuie, en empruntant ses propres paroles, son texte même au savant écrivain qui s'en est fait le défenseur autorisé :

« Tout le monde sait, écrit M. Unna, que Hebra est un des premiers qui, pour de bonnes raisons, a cliniquement différencié l'herpès labial et progénital du zoster, tandis que v. Baerensprung les considère ;

comme étant des formes rudimenlaires de zoster. Les raisons qui ont toujours été alléguées depuis en faveur de cette différenciation s'appliquent assez bien à l'homme. Môme pour cette question, l'étude de l'herpès de la vulve mettra à l'abri d'opinions extrêmes. Deux faits, dans l'herpès de la femme, prouvent évidemment que la transition a lieu de l'herpès progénital au zoster génital, à savoir l'apparition de Y herpès confluent (Fournier, Bruneau), que jusque-là on avait décrit comme survenant uniquement chez la femme, et en second lieu la répartition de l'herpès vulvaire sur une plus grande superficie. L'herpès confluent décrit par Bruneau, présente une grande variabilité, mais son extension considérable excédant celle de l'herpès simple est commune à toutes ses formes; en outre, avant et durant l'éruption, il y a plus ou moins de troubles constitutionnels, beaucoup de malaises nerveux (ténesme rectal et vésical, hyperesthésie ovarienne, hyperesthésie, et parfois anesthésie dans la peau malade, névralgie, etc.), et, enfin, presque toujours, les organes génitaux sont congestionnés et même enflammés. Je suis sûr que ces herpès sont en partie analogues à la forme décrite par Mauriac sous le nom d'herpès névralgique, et en partie au zoster vrai ; et, ne pouvant en aucune façon se distinguer de l'herpès de la vulve, ils sont le point de raccordement (the Connecting link) entre l'herpès progénital et le zoster géni-

tal. Comme Greenough, je considère l'herpès névralgique de Mauriac comme un véritable zoster.

« Examinons maintenant l'aire de distribution de l'herpès de la vulve. Chez l'homme, l'herpès affecte rarement la peau du pénis, et on le rencontre rarement aussi sur le scrotum et les cuisses, mais, comme on le sait, il est habituellement limité au gland. Chez l'homme, l'éruption correspond presque invariablement au trajet du rameau dorsal du pénis, une des branches du nerf honteux, et en général à. un rameau périphérique, plus rarement à un rameau se détachant sur le trajet du nerf. Voici dans leur ordre de fréquence, quelles sont les parties affectées, d'après Greenough (ce qui est admis par la plupart des auteurs) : sillon préputial, surface interne du prépuce, gland, pourtour du prépuce et peau delà verge. Chez la femme, ce sont les régions suivantes: petites lèvres, prépuce du clitoris, grandes lèvres, clitoris, entrée du vagin et caroncules myrtiformes, périnée, région anale, pli génito-crural, mont de Vénus, muqueuse anale, portion vaginale, vagin (partie médiane). Il est évident ici, que outre le rameau dorsal du clitoris, un grand nombre d'autres nerfs peuvent être mis en cause :

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