Voir la table du volume, plus loin, p. 514 et s
Je te commant a Dieu, Bl., einsi com Jacob commanda son fil quant il [Pjenvoia aus Sarrasins.
Je te commant a la puissance Dieu, Bl., et au cinc plaiez Dieu et aus lermes que il plora, et au trois clous dont il fu cloufichiez en la sainte crois.
Je te commant, Bl. , a saint Pierre, par cele grâce qu’il li commenda les clez de paradis.
Je te commant, Bl., a la beneiçon et aus saintes paroles de Dieu, einsi que nus de ces 1 aversaires ne nus de ces anemis ne te puissent nuire, ne qu’il aient ieux par quo[i] il puissent veoir chose nule qui te puisse grever, ne bouche de dire chose qui te puisse grever, ne cuer du penser chose qui te nuise, ne membre dont il te puissent mal faire.
Je te commant, Blanche, a la sainte destre Jhesu Grit, qui gart ton cors et ta vie, einsi que tu puisse a moi repairier sainne et sauve a joie, en non du Père et du Fil et du Saint Esperit. Amen. La sainte crois soit ovec toi ! La beneiçon Dieu soit après toi !
De cele sainte beneiçon soiez tu beneoiz, donc Dieu benei les trois rois que Herodes voloit ocirre. Le fuiz Dieu soit habergés en ton cors. Saint Michiel soit hiaume a ton chief ! Dieu soit garde de ton cors et de t’ame! De cele sainte beneiçon soiez tu benoîte, donc li trois enfant Sydrac, Misac et Abdenago furent beneoit, que li rois Nabugodonosor voloit ardoir! Diex, qui a des ies apparilïiez de pardonner les pechiez a ceus qui t’apelent de bon cuer, reçoif ma prière, et tous ceuz qui la cheinne tient, la miséricorde de ta pitié les absolve.
Blanche, Diex te soit hui bons aidierres. Va en la puissance Dieu, et ou non Dieu que tu reveignes sainne et sauve et haitiée et entière.
Sire Diex, moût est fors ta vertus et grans. Tu créas toutes choses de noiant. Tu li soiez hante [et] escu contre ces anemis. Je conjur loutez les âmes des saintes paroles Jhesu Crit, de madame sainte Marie, la benoite Vierge, que nule ame ne te puisse mal faire. Je conjur toutes les âmes par les apostres, par les martyrs, par les confessors, par les vierges, par les saintes veves, par totes les vertus du ciel, que tes anemis n’aient pover de toi grever ne de mal faire. Ce doint la Sainte Trinitez, li Père, li Fuiz, li Sains Esperis. Amen.
III. — Le nom du mari de cette dame était Philippe. Deux prières écrites sur les fol. 378 et 379 du manuscrit le mentionnent :
1. Le copiste a très nettement distingué les c et les t , surtout au commencement des mots.
DUCHESSE d’oRIÆÀNS.
Deus Abraham, Deus Ysaac, et Deus Jacob, Deus omnium visibilium et invisibilium, tu sis Philippo arma lucis et scutum inexpugnabile contra omnes adversarios suos visibiles sive invisibiles.
Vos deprecor, sancti angeli et archangeli, ut vos sitis iili peccatori in adjutorium anime et corporis per misericordiam Domini Nostri Jhesu Christ!, sive stanti, sive sedenti, sive ambulanti, sivecogitanti, sive sedenti, sive loquenti, sive dormienti, sive manducanti, sive bibenti, in quocumque loco directus fuerit.
Sancte Michael, sancte Gabriel, sancte Raphaël, sancte Chérubin, sancte Séraphin, vos deprecor et supplico, ego peccatrix ancilla Christi, ut eum dignemini custodire et defendere, ut nullus dyabolus nec inimicus suus prevaleat ei nocere, set sit super eum veslra custodia propter nomen Domini magnum, Deum Sabaoth, qui sedet in septimo throno majestatis sue, respiciens abyssos et faciens mirabilia in secula seculorum. Amen.
Oratio. Domine Deus omnipotens, eterne rex glorie, qui nos redimere dignalus es precioso sanguine tuo, qui confregisti portas infernorum, per virtutem sancti nominis Lui, per adventum Spiritus Sancti paracliti, et per intercessionem omnium sanctorum, confringe audaciam inimicorum famule tue Blanche, et erue eam, Domine, de manibus illorum, nec prevaleat adversus eam iniquitas illorum, et per sanctam et immensam clementiam tuam dignare illam die ac nocte gubernare sine ulla offensione et humana irrisione, salvator mundi.
Oratio. O Domine Deus, creator celi et terre, exaudi propicius orationem meam, quam ego indigna peccatrix exoro pro Philippo famulo tuo.
1Y. — La propriétaire du livre était de la maison royale. Comme indices de cette provenance, on peut citer les particularités suivantes :
1° Les prières pour le roi, les reines et leurs enfants, qu’on lit au fol. 324 et qui sont immédiatement suivies (fol. 324 v°) d’une oraison pour la propriétaire du livre’ :
Geste oroison est bone a dire por te Boy. Famulum tuum regem noslrum, quesumus, Domine, tua semper protectione custodi, ut tibi libéra mente deserviat et te protegente a malis omnibus sit securus.
Pour le Roi et les Roynneset les enfans autre oroison . Quesumus,
omnipotens Deus, ut famulus tuus rex noster, qui tua miseralione suscepit regni gubemacula, regina et liberi eorum virtutum omnium percipiant incrementa, quibus decenter ornati, et viciorum monstra devitare et hostes superare et ad te, qui via, veritas et vita es, graciosi valeant pervenire. Que vivis et régnas.
Oroisonpour soi meismes . Omnipotens, sempiterne Deus, humiliter te deprecor ut non me, famulam tuam, perire non permittas, quia tua creatura sum, concédé michi ut ante diem exitus mei per veram penitenciam ad te merear pervenire. Per Dominum.
Deprecor te, Domine rex celestis, ut omnibus qui michi benefaciunl et benefecerunl des eis veram retribucionem et vitam eternam. Amen.
2° La place que saint Louis occupe à plusieurs endroits du livre. Il est au quatrième rang 1 dans la série des Suffrages (fol. 322), immédiatement après les deux saint Jean et saint Nicolas; au septième, sur la liste des confesseurs dans la grande litanie des saints (fol. 268 v°), primé seulement par six saints : Hilaire, Martin, Augustin, Ambroise, Grégoire et Nicolas. Il est le seul saint dont les Heures soient insérées tout au long dans le manuscrit 2 , le seul qui ait fourni le sujet d’une miniature (fol. 245).
3° Peut-être aussi la profusion de fleurs de lis d’argent sur azur dans le fond losangé de nombreuses miniatures ou grandes initiales enluminées (fol. 77 v°, 104 v°, 133 v°, 200, 235 v°, 237 v°, 242 v°, 248 v°, 253 v°, 255 v°, 257, 259, 277, 280 v°, 285, 297 v°, 306).
Y. — Le caractère de l’écriture paraît convenir à la période comprise entre les années 1350 et 1360, et une des prières qui viennent d’être rapportées prouve que le livre a été écrit à une
1. Voici quelle» sont, dans la série des Suffrages, l'antienne et l'oraison en l’honneur de saint Louis :
< De sancto Ludovico. Antiphona. Magnificat Dominum, et exultet spiritus pauperum in Deo salutari, qui generi humanum ( corr . : humano) hune regem divinitus Ludovicum inclitum dédit pro exemplari.
< V. Ora pro nobis, beate Ludovice. R. Ut digni efficiamur promissionibus Christi. O rem us.
« Oratio. Deus, qui beatum Ludovicum, confessorem tuum, de terreno ac temporali regno ad celestis et eterni gloriam transtulisU, ejus, quesumus, meritis ut et intercessione regis regum Jhesu Christi, filii tui, nos coheredes efficias et ejusdem regni tribuas esse consortes. Per eundem Dominum nostrum. >
2. L'office de saint Louis sera publié à la fin de cette notice, p. 521.
DUCHESSE D’ORLÉANS
époque où plusieurs reines de France étaient en vie. Or, pendant la période qui s’étend de 1350 à 1360, il s’est trouvé que trois reines de France se trouvaient simultanément en vie : Jeanne d'Évreux, veuve de Charles IV, morte en 1370; Blanche de Navarre, veuve de Philippe de Valois, morte en 1371; Jeanne d’Auvergne, femme du roi Jean, morte en 1360. Je ne parle pas de Jeanne de Bourbon, qui avait épousé, en 1349, le dauphin Charles, et qui devint reine de France en 1364.
En résumé, la princesse qu’il s’agit d'identifier appartenait à la maison de France; elle s’appelait Blanche, son mari se nommait Philippe, et elle était contemporaine de plusieurs reines qui étaient simultanément en vie.
Un seul nom répond à toutes ces conditions : celui de Blanche, fille du roi Charles le Bel et de Jeanne d’Évreux, née en 1328 et morte en 1370; elle épousa Philippe, fils du roi Philippe de Valois, né en 1336, qui eut le duché d’Orléans en apanage, fut marié en 1344, âgé seulement de huit ans, et mourut en 1375, après avoir été otage du roi Jean en Angleterre. Le livre qui mentionne les deux époux put être fait entre les années 1350 et 1360.
Le calendrier, qui occupe les six premiers feuillets du volume, a été ajouté après coup, vers le commencement du xv e siècle; il a dû prendre la place d’un calendrier plus ancien. — Les deux cahiers qui suivent le calendrier (fol. vii-xxx) et les trois derniers cahiers du volume (fol. 390-423) n’ont dû être copiés que vers la fin du xiy® siècle. Ils sont moins soignés que le reste du livre. On y trouve, çà et là 1 , plusieurs prières qui ont été ajoutées après coup dans le courant de la seconde moitié du même siècle.
Le texte du psautier, avec des oraisons mises à la suite de chaque psaume et avec les appendices habituels, cantiques, symbole Quicunque vult et litanies (fol. 31-183), forme la partie principale du livre dont il s'agit. Mais ce n’est pas un de ces psautiers, en latin ou en français, qui ont servi de livres d’heures aux laïques du xi e siècle au commencement du xiv®, et dont il nous est parvenu beaucoup d’exemplaires, les uns portatifs, faciles à mettre dans une poche, un petit sac ou un étui, les autres d’un format plus grand, qui se plaçaient sur les prie-Dieu dans les églises ou les oratoires, les uns et les autres souvent