‹ Les Heures de Blanche de France, duchesse d'OrléansChapitre 25 sur 26 · Le ms. porte : sainte vrae · texte numérisé non relu

Le ms. porte : sainte vrae

lui qui vrais sauverres est, m’apelés, sire, a ce conquest que vous feistes par savoir enz el fust de la vraie crois.

Jhesu Grit, Dieu, sire de gloire, aiez en sens et en mémoire ceste ame pechierresce et chetive; que je en vous soie et en vous vive, vrais Salemons, de douceur plains, recevez moi entre vos mains, que vous plut en la crois estendre pour pecheeurs, le grant vendredi, Sire, que toutes mes languers et mes péchés et mes douleurs preistes sur votre biau cors et les boutastes très toutes hors et lavatez par le biau sanc qui decourut de votre flanc. Lavez moi, Sire, de cele ounde donc vous lavastez tout le monde.

Sains espiritez, voirs conseuz, douce lumière, cliers soleus, a vos me rent, a vous m’otroi, vrai clarté, alumés moi et me conduisiez avec le Père. Sainte vertu, douce clartez, ja de moi ne vous departés duques cil qui par vous m’a faite, par vous m’ait a sa gloire traite, et tout mon cuer puisse obéir a lui amer et li servir.

Or faut ci le seaume David : Diex nous mete en son paradis.

9 (fol. 349 v°).

Biaus douz Diex, rois pardurables, rois puissans, Père et Fiz et Sains Espirs, qui, des avant le commencement du monde, estes en vous meismes trines en personnes et uns en deité, en pooir et sapience et debonaireté, qui en livre de votre pardurableté, porveistes des l’oure le numbre de nos nons, aiez merci de moi et me confermez en votre amor, et m’escrivés en livre de vie, que je soie en vous eleus et aparteigne a fiz de votre prédestination. Sire Diex, qui, pour votre poer et votre sen démontrer, feitez el eieux les anges nobles créatures et ressonnables pour vous connoistre et amer et servir et loer et pour estre parsonnier de votre beneurté, et vous me donnés vraie connoissance et parfaite amour de vous, et me deffendez de tôt mai par la vertu et par la prière saint Michiel, saint Gabriel, saint Raphaël, et de celui saint ange que vous par votre debonaireté m’avez asenez pour moi garder

40 (fol. 355).

(Prière au nom des patriarches.)

Aiez merci de moi par la prière saint Abel l’innocent, que Gayn par sa malice ocist et son sanc espandi sus terre, en senefiance de la mort votre fuiz et de son précieux sanc. Vous qui Enoch tranlatates en paradis, desevrez mon cuer de l’amour du monde, et Pelevez a

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vous par saint desirier. Vous qui delivrastes Noe et sa maisniée du deluge, en l’arche que vous li feites fere, délivrez moi du péril de tout péché mortel et me sauvez en la foi de sainte Eglise.

Aiez merci de moi parla proiere saint Melchisedech, votre premier roi et souverain prestre, qui présenta a Abraham pain et vin et la senefiance du sacrement du cors et du sanc votre chier fil, délivrés moi de males temptations des v sens de mon cors, qui saint Loth sauvastes du destruement et de Tardour des v citez de Sodome.

Sire douz, faitez moi estre obedient a vos commendemens par la vertu de l’obedience et de la foi saint Abraham, qui, a votre commendement, issi de son pals et vous vost sacrefler Ysaac son fil.

Aiez merci de moi par la prière saint Ysaac, votre ami, et de sainte Sare et de sainte Rebecce, délivrés moi, sire, de touz péris et me donnés votre beneiçon, qui saint Jacob sauvastes de la malice Esau son frère, et de la tricherie Laban, et votre beneiçon parfetement li donnastes, beles euvres li feites fere, et père de xii patriarches le feistes.

U (fol. 366).

(Prières à la Vierge au nom de ses joies, de ses douleurs, de ses vertus et de ses gloires.)

Bele très douce dame, sainte Marie, je vous saluerai en Faneur de votre sainte conception, par la glorieuse joie qui en vint en ciel et en terre, vous pri je que vous aiez pitié de moi, et si me donnés joie de ce que je vous requier, si vous vient a plesir.

Ave Maria.

Bele très douce dame, sainte Marie, je vous saluerai en l’aneur de votre sainte nativité et de la glorieuse joie que votre mère en ot, vous prie je que vous aiez merci de moi, si vous vient a plaisir.

Ave Maria.

(Il y a vingt-huit paragraphes commençant presque tous par les mots : a Bele très douce dame. » La dernière pièce (fol. 372) contient ces mots :) « Vous savez, douce dame, que je, votre ancele chaitive et pecherresse et forfaite, selonc le petit pover de ma fragilité et de mon ignorance, douce dame, je et autre pecheur, vous loons et glorifions, obéissons et honorons, et nos commandons a la votre sainte puissance, nos cuers et nos cors, que en ostez tous terriens et touz charneus désirs, nos sens, nos volentez, nos pensées et nos euvres et la fin de toute nostre vie et nos chaitivez âmes, que vous ostez d’eles tout

ce qui vous i desplet, et si délivrez de parmenable dampnation et nous donnez faire par votre pitié ce qui a votre chier fil viegne a gré et a plaisir...

42 (fol. 376 v°).

Dame sainte Marie, confors de pécheurs,

Preste moi t’aide vers ton Seigneur,

Qui de toi fit son amie par ton saintisme plour.

Ta deliteuse vie tornas en grant doulor.

Je pecherresse te pri, dame, par grant clamour.

Mest moi en droite voie, tourne moi de l’errour.

Tu connois ma folie et ma douiour.

Dame, se il te plait, prie li par douçour Des maus dont sui loiée me deslit par famour Haie ! sainte Magdalene, qui au pié Dieu ploras,

A ce seigneur m’acorde, a qui tu t’acordas.

Du 1 confort me conforte dont tu te confortas,

Par merci me secour si cum tu le trovas.

Amen.

43 (fol. 383).

De nuit fu le fuix Dieu trahi, puis amené lié com c’il feust larron. Ses deciples fouirent, sains Père le renoia, toute la nuit vueillerent pour li fere honte et despit.

Biau sires Jhesu Grit, en faneur de cele honte et poine que vous souffrites por nous de nuit, dirai mes matines en faneur de vous et de la glorieuse pucele nostre chiere mère. Ave, Maria.

A prime fu il amené devant Pylale, fu detranchez et batu en la chiere et fu despoulliez et batuz si que sanc li decouroit par les cotez. Ave Maria.

Biau sire Jhesu Grit. A eure de tierce crièrent louz qu’il feust crucifiez. Adonc fu coronez d’espines, il meismes porta ces fourches, c'est a savoir sa crois. Les uns le boutèrent, les autres le tirèrent. La glorieuse dame le sivoit o grant douiour, qui ce regardoit. Ave, Maria.

A midi fu il mis en crois entre deus larrons, si com il feust larron li meismes. Si furent lez clos fichiez par ces piez et parmi ces mainz. Si fu abuvré de fel et de aisil. Fu degabez et blasfemez des Yuis. Le solai se retrait et furent tenebres de Peure de midi desques a eure de none. Ave, Maria;

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