‹ Les Heures de Blanche de France, duchesse d'OrléansChapitre 8 sur 26 · Il y a dans le manuscrit : obscinserisstme · texte numérisé non relu

Il y a dans le manuscrit : obscinserisstme

DUCHESSE d’o&LEÂNS. 2J

Dei est, et nolle vestrum nolle De Dieu est le vostre vouloir,

Dei est. Unde quicquid ab illo Et vostre aussi son non vouloir,

petitis sine mora obtinetis. Per Tout ce de que Pavez prié

hanc ergo tam potentissimam Vouz est sens demeure ottrié.

vestre dignationis virtutem, po- Dont par ceste prérogative

scite michi, queso, corporis et Priez le vray Dieu que je vive

anime salutem. Agite, queso, Par vos glorieuses prières

agite vestris sacris orationibus Plaisens, agréables, entières,

meis, ut cor meum invisere et in- Soie mondés de toute ordure,

habi tare digneturSpiri tus almus, De vice, vilté et laidure,

graciarum largitor optimus, qui Et de vertuz soie aournez

me a cunctis viciorum sordibus Et devers Dieu soie tournez

expurget, virtutibus sacris exor- En sa fervent dileclion

net, in dilectione Dei et proximi De mon prochein sens fiction,

perfecte stare et perseverare fa- Puis le decours de ceste vie

ciat, et post hune vite cursum ad La joie aie qui ne faut mie.

gaudia ducat electorum suorum benegnissimus paraclitus Spiritus Sanctus, qui Patri et Filio coeternus et consubstantialiscum eis vivit et régnât Deus. Per omnia secula seculorum. Amen.

Le livre d’Heures de la duchesse d’Orléans ne contient pas seulement le texte latin de l’oraison O intemerata. On y trouve aussi, au fol. 372 v°, une version en prose de la même prière, et je l’insère ici, pour qu’on puisse la comparer avec le texte versifié du Livre royal .

O tu bien aorée, niant doutée, et vierge Marie perpetuaux, a laquele nulle ne s’apareille, mère Jhesu Grit, acceptable temples de Dieu, sacrez du Saint Esperit, porte du régné dei ciel, par cui après Dieu loz li mons vit, encline tes oreilles de pitié a mes supplications, et soiez a moi pecheresse, vraie aide en touz leus.

O tu sains Jehans, vrais amis Notre Seigneur, qui es dédié, apparillez et esleus, vrais virges, sains Jehans, sanz touche, entre les autres plus amez de Dieu, et as choses celestiaus plus enseigniez et enstruiz, aus apostre3 et aus evangelistres plus renomez, je prie ensemble la mère de ton sauveeur et ton seigneur du monde, que tu deignez a moi pecherresse secorre de t’aide.

O vous, deus pierres preciouses, celestiaus et lumières resplandis-

sans devant Dieu, par votre clarté ostés de moi les ocures choses, vos cil dui par qui Dieu par son ûl édifia son ostel, et en qui le fuiz Dieu pères toz puissans de la* très clere virginité, en ce hore qu’i pendoit en la crois, confirma la mérité et le privilège de dilection, quant il dit : « Famé, veci ton fil, » et puis à Papostre : « Veci ta mère. » Et par la sainte force de la parole vous deuz estez faiz ausi plains de grant amour comme mère et fil, a vos deus je pecherresse hui en cest jour commant m’ame et mon cors, que soiez toutes hores en toz leuz garde de mon cors et de m’ame, et vraiement priez Dieu pour moi.

Je croi fermement sans doutance que ce que vous volez vieut Diex, et ce que vous ne volez ne vieut il pas, et pour ce [tout] ce que vous requerez a celui tantost vous est otroié; pour iceste donques debonaireté et donée votre vertus, requier je a vos salut de m’ame et de mon cors; faites ce que je vous pri par vos dignes prières que li Sains Espirs enlumine mon cuer par sa grâce qu’il espurge mon cors de touz vices et Paorne des 2 saintes vertus, et 3 me face parfetement estre en dilection de Dieu et de mon prime, et après la fin de ce mortel monde me conduit en paradys li Sains Esperis qui vit et régné ensemble le Père et le Fil in secula seculorum. Amen.

Immédiatement après cette version de l’oraison à la bien aorée vient, sans aucune séparation, une prière complémentaire qui s’adresse également à la Vierge et à saint Jean. Les trois paragraphes dont elle se compose commencent par des initiales enluminées comme les initiales de l’oraison à la bien aorée . Il n’est pas inutile de la reproduire ici.

Sainte Marie, en ta pitié commans je hui mon cors et touz mes conseus, mes désirs et mes volentés, mes cogitations et touz mes faiz, si que par ta sainte aie soit m’ame adressiée et soit ordenée selonc ta volenté et la volenté ton fil.

Soiez moi, douce dame, en aide contre touz mes anemis et contre très toutes leur volentés qui me vuelent mal faire, que il ne me puissent grever au cors ne a l’ame. Deffent moi, dame, de touz maus et de toutes templations, de mes anemis en apparant et sans apparant, et de toutes dérisions humainnes perpetuaument. Amen.

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