‹ Les Heures de Notre Dame dites de HennessyChapitre 24 sur 45 · LA CURÉE · texte numérisé non relu

LA CURÉE

io. LA CHEVA UCHÊE. — Miniature formant cadre. En haut est placé le signe du zodiaque, les Gémeaux (jumeaux), se présentant au mois de mai. Un noble couple chevauche en devisant à l’ombre des arbres. La dame monte une blanche haquenée, un valet les précède à pied, accompagné d’un épagneul. A gauche, un cavalier, dont la tête est encore dissimulée par la futaie, se dirige vers nos promeneurs.

n. LA JOUTE. — Les tournois débutaient d’habitude par la joute, comme c’est le cas dans la peinture qui nous occupe. Au premier plan, à gauche, un héraut tout de rose habillé et coiffé d’une toque à plume, tient par la bride un cheval gris pommelé; à droite, un cavalier armé de toutes pièces, la lance au poing; le cimier, dont le casque est surmonté d’un panache, est formé de plumes noires d’où émerge une gracieuse damoiselle; sur les couvertures du cheval, on remarque dans un losangé un G (i) gothique, qui se répète régulièrement. M. Ch. Ruelens y voyait une allusion à la célèbre maison de la Gruuthuyse. Près du cavalier se tient un servant en costume parti bleu-gris et parti jaune à taillades; à gauche du jouteur, un sonneur de trompe, habillé de vert, souffle à pleins poumons dans son instrument. Au second plan, un chevalier revêtu d’une armure dorée et d’une cotte d’armes rouge; au plan suivant se trouve un des jouteurs en partie dissimulé par la barrière; plus loin, sont dressés

(1) Cette lettre serait l’initiale de Louis de Bruges, seigneur de la Gruuthuyse, célèbre bibliophile; mais ce personnage était mort avant l’exécution du manuscrit. Ne serait-ce pas plutôt une allusion au tournoi, célèbre dans les annales de la chevalerie, qui eut lieu à Bruges le 11 mars i3g2-i3g3, sous Jean de la Gruuthuyse, qui avait épousé Marie de Ghistelles? La présence de ce G avait fait supposer à la légère qu’il constituait l’initiale du nom de Gossart. Ce serait, à notre avis, une manière insolite, pour un artiste, de signer un travail. D’ailleurs, nous doutons qu’elle ait été du goût du propriétaire du livre. Faut-il ajouter que cette page n’a aucune analogie avec la manière de Gossart?

deux échafauds chargés de monde ; aux abords de la lice se presse

une grande foule, et derrière les créneaux des résidences seigneuriales qui bordent la place s’entassent des curieux. La flèche élancée d’une église et une porte de ville achèvent cette page, une des plus intéressantes du manuscrit, qui en renferme tant. Les monuments représentés sur cette miniature appartiennent à l’architecture brugeoise. On peut, tout au plus, y voir une adaptation d’éléments existant et non une place déterminée.

12. LA TONTE. — Miniature formant cadre. En haut se trouve le signe du zodiaque, le Cancer, correspondant au mois de juin. Au premier plan deux tondeurs, assis à terre, dépouillent deux moutons de leur riche toison. A l’entrée du bercail, placé au second plan, le berger groupe déjà les moutons qu’il va livrer aux ciseaux des opérateurs.

i3. LA FENAISON . — Au premier plan, un seigneur, monté sur un petit cheval brun, tient un faucon sur le poing droit. Près du cheval court un épagneul. Un fauconnier, la main sur le pommeau de son épée, précède le gentilhomme et tient de la main gauche la perche dont il se sert pour rappeler le faucon. Au second plan, deux faucheurs et une faneuse; plus loin, on aperçoit un chariot qui va rentrer dans une métairie dont les bâtiments sont précédés de quelques arbres.

Pl. XXIV.

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