‹ Les Heures de Notre Dame dites de HennessyChapitre 30 sur 45 · BRUXELLES · texte numérisé non relu

BRUXELLES

programme nettement tracé. L’intervention des théologiens, en cas semblables, est du reste prouvée par des documents qui sont parvenus jusqu’à nous. Citons, entre autres, le fait d’un prêtre et d’un dominicain qui donnèrent, au xve siècle, les sujets qui devaient être sculptés sur les façades de l’hôtel de ville de Louvain.

26. LE BAPTÊME DE JÉSUS-CHRIST. — Miniature formant cadre. Saint Jean-Baptiste est agenouillé et répand l’eau sur le front du Sauveur, qui se trouve jusqu’aux genoux dans le Jourdain. Au-dessus de la tête de Jésus-Christ plane le Saint-Esprit sous la figure d’une colombe. Tout en haut on aperçoit le Père éternel qui bénit son divin Fils, en qui il a mis toutes ses complaisances. Des rayons lumineux partent du sein de Dieu le Père pour aboutir à la tête de Jésus-Christ.

Les rives du Jourdain sont bordées de grands arbres, à l’ombre desquels on aperçoit un chevreuil et une biche. Cette peinture offre les plus grandes analogies avec une miniature qui se trouve au Musée de Bruges, ainsi que nous le constations déjà en 1886. A notre avis, il n’y a pas de doute que les deux œuvres n’émanent d’un même atelier.

Le Musée de l’Académie de Bruges possède deux miniatures sur vélin, hautes de omi54, larges de omo35, qui doivent avoir constitué autrefois l’encadrement magistral d’un manuscrit. Elles sont trop étroites, en effet, pour former les volets d’un triptyque (1).

Ces miniatures, qui proviennent de l’ancienne abbaye des Dunes, sont renfermées dans un cadre en ébène sur le revers duquel se trouve une étiquette manuscrite appartenant, d'après M. Weale, à la seconde moitié du xvie siècle. La voici intégralement :

Meestr Geeraert van Brugghe.

(1) Catalogue du Musée de Bruges, par M. J. Weale, 1861.

Ces deux peintures représentent :

i° La Prédication de saint Jean. Le précurseur prêche debout, entre deux arbres. Il tient un bâton dans la main droite, tandis qu’il lève la main gauche. L’assistance est assise au pied du monticule. Au second plan, on aperçoit le Christ qui marche dans la direction d’un bois occupant le fond ;

2° Le Baptême du Christ. A l’avant-plan, saint Jean, agenouillé sur la rive escarpée du fleuve, répand sur la tête du Christ l’eau qu’il a puisée dans le creux de la main. On découvre en haut le Père éternel qui bénit son divin Fils. La rivière, sur laquelle se promènent des cygnes, serpente à l’ombre des arbres ; des cerfs broutent l’herbe des prairies.

Ces deux scènes rappellent si manifestement le genre de composition et la facture de Simon Bening, que nous ne craignons pas de les lui restituer. Il y a lieu de remarquer que la miniature du Baptême coïncide d’une manière étonnante avec la page représentant le sujet similaire des Heures de Notre-Dame. Quant à l’indication transcrite par M. Weale dans son catalogue, on aurait tort d’en exagérer la valeur, car elle est postérieure de bien des années à la confection des miniatures.

27. SAINT LUC. — L’Évangéliste, vêtu d’une tunique rouge et d’un manteau bleu, est représenté sous les traits d’un vieillard encore plein de vigueur; des cheveux bouclés, plus blancs que la neige, encadrent sa figure au teint animé. Il est assis, le buste jeté en arrière, le coude droit appuyé sur le dossier de son siège, tandis que la main gauche repose sur un lutrin monumental dont le pied est formé d’un balustre à larges cannelures.

Les yeux de saint Luc sont fixés sur une vision, les mystères de

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