LES QUATRE DRACHMES
ta, CUUXEL LES.
Bethléem, rendus par le miniaturiste avec une très grande finesse. Marie, Joseph et de petits anges adorent, dans un profond recueillement, l’Enfant Jésus qui vient de naître.
A droite de l’Évangéliste, un ange, aux ailes vertes et portant une sorte d’étole sur la poitrine, soutient un livre énorme; derrière lui est placé le bœuf traditionnel. Des courtines vertes suspendues dans un entre-colonnement servent de portière à l’appartement. A l’une des colonnes est attachée l’image de la Madone tenant l’Enfant Jésus. L’arrière-plan donne une échappée sur la rue.
28. GUÉRISON DE L'AVEUGLE DE JÉRICHO. — Miniature formant cadre. Le pauvre Bartimée, fils de Timée, assis le long du chemin, près de Jéricho, implorait la commisération des passants. Ayant appris la présence de Jésus-Christ, il se mit aussitôt à crier : « Jésus, fils de Nazareth, ayez pitié de moi! » et répéta ses appels, malgré tous les efforts pour le faire taire. (Saint Marc, chap. X, v. 46-52.) Jésus s’arrête et ordonne de le lui amener.
Deux apôtres exécutent l’ordre du Sauveur. L’un d’eux soulève l’aveugle pour le présenter à Jésus, qui apparaît entouré d’une suite nombreuse, dont une partie débouche d’un passage pratiqué dans le flanc d’une montagne.
29. SAINT MATHIEU . — L’Évangéliste est représenté assis sur un siège bas, il reçoit une banderole de l’ange qui plane au-dessus
de sa tête, tandis qu’il laisse reposer la main gauche sur un gros in-folio supporté par un génie tout à fait nu. A côté de lui se dresse un lutrin portant un manuscrit ouvert. Au second plan est placé un lit pourvu de ses courtines. L’ameublement de la salle est conçu dans le style de la Renaissance. La pose de l’Évangéliste est théâtrale et elle détonne souverainement dans cet ensemble d’images naïves, remplies de détails intimes admirablement observés.
On serait tenté d’attribuer ce sujet à un maître étranger à la pléiade brugeoise si le coloris n’était conforme à celui des autres miniatures; quant aux draperies, elles sont traitées avec plus d’ampleur que d’habitude. Que cette page n’appartienne pas en propre à Simon Bening, il n’y a pas de doute à cet égard. Si l’enlumineur ne s’est pas inspiré de ses souvenirs, il a eu sous les yeux des études d’après Michel-Ange et Raphaël ou même les œuvres d'un italianisant.
« Le groupe (?) d’anges qui vient rehausser cette page précieuse, dit M. de Chênédollé dans l’étude déjà citée, excitait l’admiration du célèbre peintre David. Il s’est plu à le copier plusieurs fois pendant le long séjour qu’il a fait à Bruxelles. »
Nous sommes quelque peu sceptique touchant cette mention que nous n’avons transcrite qu’à titre de curiosité.
3o. JÉSUS-CHRIST TENTÉ PAR LE DÉMON. — Miniature formant cadre. La scène se passe au bord d’un ruisseau encaissé et ombragé de grands arbres. L’esprit des ténèbres a des traits humains, mais il porte des cornes naissantes et n’a pris aucun soin de déguiser ses pieds fourchus.
Il présente des pierres à Jésus-Christ et le prie de les changer en pains. A ce moment, le Sauveur lève la main et lui réplique :
Pl. XXXVII.