SAINT PIERRE MARCHE SUR LES EAUX
« L’homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de toute parole qui vient de la bouche de Dieu. »
3i. SAINT MARC. — C’est un homme âgé, vêtu d’une tunique jaune et d’un manteau bleu, et coiffé d’un chaperon rose. Il est assis sur un fauteuil à haut dossier et installé à son pupitre, meuble en chêne dont les armoires de côté sont remplies de volumes et de rouleaux ; à gauche de saint Marc est étendu le lion, emblème traditionnel de l’Évangéliste. Dans la chambre contiguë au cabinet de travail, se trouve un lit dont le dais est supporté par des colonnes fuselées; le dais et le couvre-lit sont en étoffe verte. Au plafond est suspendu un lustre gothique, en laiton, surmonté d’une statuette de la Vierge tenant l’Enfant Jésus. A l’arrière-plan se profile la cheminée gothique d’une troisième salle.
32. L'ASCENSION. — Miniature formant cadre. Jésus-Christ disparaît dans les nues. Marie assiste, debout, au départ de son divin Fils. Saint Jean est agenouillé, ainsi que les autres apôtres. Quelques rayons de gloire émanant de l’Homme-Dieu arrivent jusqu’à l’assistance attristée. Un paysage montagneux sert de fond à cette scène.
33. LE JARDIN DES OLIVIERS. — A la gauche du spectateur, saint Jean, en tunique rouge, sommeille; saint Jacques repose, la tête appuyée sur la main gauche; saint Pierre dort, la main droite sur la garde de son épée.
Au second plan, Jésus-Christ, prosterné, lève les mains jointes dans la direction de l’ange. On aperçoit dans les nues la figure du Père éternel, rendue dans des proportions microscopiques. Des chênes et des peupliers d’Italie se détachent, sombres, sur le ciel enveloppé de l’obscurité de la nuit. Au loin, on aperçoit Judas à la tête de la troupe qui va s’emparer de Jésus-Christ.
On remarque, dans l’encadrement simulant une boiserie, une statue placée dans une niche et, au bas de la page, une reproduction en grisaille de la Cène de Léonard de Vinci, exécutée dans la salle du réfectoire du couvent de Santa-Maria delle Grazie, à Milan. Cette œuvre a toujours joui, comme on le sait, d’une immense popularité; et elle ne tarda pas à être étudiée, gravée et répandue dans tout l’univers. Cette copie peut être considérée, en tout cas, comme une des plus anciennes qui existent; elle contient une particularité intéressante, qui mérite d’être signalée : Jésus-Christ, au lieu d’avoir la main droite posée sur la table, comme dans la fresque de Santa-Maria delle Grazie, tient en main le calice. Pour le reste, la composition du livre dTIeures est identique à celle de la fresque. Faut-il attribuer la variante au copiste, ou bien faut-il y voir un souvenir du premier état de la fresque à laquelle Léonard travailla pendant de si longues années (i)?
On ignore la date de l’achèvement de la Cène. Le dessinateur l’a-t-il étudiée avant qu’elle fût terminée? Nous ne le croyons pas. Il n’est pas admissible que Léonard ait autorisé la reproduction d’une œuvre qui lui coûtait tant de peines et d’efforts.
(i) Bossi suppose que Léonard y consacra seize années pleines, de 1481 à 1497, ce qui s’explique par sa lenteur bien connue. Cette lenteur provenait autant de la multiplicité des travaux qu’il menait de front, que de l’étude approfondie qu’il fit de divers types destinés à prendre place dans cette composition à jamais célèbre. Il ressort d’un document qu’Amoretti a fait connaître que Léonard travaillait encore à cette œuvre en 1497; et, malgré la persévérance et le soin qu’il y mit, il ne paraît pas qu’elle répondît encore à ses vœux.
Pl. XXXIX,