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LE LOUP-GAROU

Tout dort sur la bruyère...

Les feuilles des plantes sont encore repliées, les calices des fleurs fermés ; on dirait des êtres animés qui, les yeux clos, sont momentanément plongés dans l'oubli de la vie.

Il ne fait plus nuit, il ne fait pas jour encore.

A l'occident l'horizon est sombre et impénétrable; à l'orient, semblable à une nappe d'eau transparente, il se colore d'une lueur incertaine.

De toutes îes étoiles une seule brille encore ; son nom est Lucifer et elle annonce l'approche du soleil.

Au bord de la forêt plane on rideau de brume.

Mais celle-ci monte peu à peu et a déjà atteint la cime des arbres; bientôt elle les dépassera et ira se perdre, invisible, dans les profondeurs du ciel...

Comme une humble servante, qui attend en silence le réveil de sa maîtresse, ainsi la terre paisible se prépare à l'approche de son maître.

Une teinte rouge colore les portes de l'Orient ; l'étoile du matin pâlit !

La mésange secoue les gouttes de rosée qui mouillent son plumage.

Elle quitte la branche du repos, s'élance dans les airs et va se poser sur l'arbre le plus élevé de la forêt.

D'un œil joyeux elle regarde vers l'orient, et bientôt une partie du globe lumineux apparaît à sa vue : son gosier s'enfle, et d'une voix argentine elle salue l'astre du jour.

Heureux oiseau qui voit avant nous le flambeau céleste !

Le signal est donné.

Mille artistes ailés s'éveillent, et mille chants de louange célèbrent la création.

Voyez, les allouettes montent, montent toujours plus haut ; elles veulent faire retentir plus près du trône de Dieu leur voix reconnaissante.

Ah ! voilà le soleil qui s'élève, radieux, au-dessus de la forêt de sapins !

Les gerbes de lumière viennent frapper la bruyère; on dirait un coup de baguette magique; sous leur rayonnement tout reçoit la vie et l'éclat !

Écoutez comme les grillons et les sauterelles adressent au Seigneur leur prière du matin !

Voyez comme les fleurs s'entr'ouvent et déploient leur calice pour recevoir dans leur sein un rayon de lamant de la terre.

Salut, salut, splendide chef-d'œuvre du grand ouvrier l

Si les lèvres de Bernard ne s'associaient pas à l'hymne universel, dans son âme du moins se modulaient en iccents plus magnifiques encore hs louanges du créateur, alors qu'agenouillé sur la bruyère depuis une demi-heure, il contemplait, avec le recueillement de I& prière, le réveil de la nature , tandis que son troupeau commençait à brouter l'herbe humide.

Quelque fervente que fût la prière du berger, son œil était néanmoins fixé sans cesse sur l'endroit où, la veille, avait disparu le loup-garou. Soudain il se mit à trembler de tous ses membres; il voyait le loup-garou se glisser à genoux hors des broussailles, se relever et s'éloigner en suivant la lisière du bois. Cette fois il ne portait rien sous le bras

.-t livre était donc resté dans la forêt; peut-être y avait-il d'autres livres encore dans la retraite du loupgarou ! Mais qui oserait approcher de la caverne du loup-garou et y pénétrer comme un espion? Une mort affreuse ne serait-elle pas le châtiment du téméraire? Peut-être le loup-garou le mettrait-il en pièces et jetterait-il ses membres mutilés en pâture aux corbeaux dans les sombres et muettes profondeurs de la forêt.

Pauvre Bernard! Il est là, le genou appuyé contre sa houlette; se? yeux sont fixés à terre avec une sorte ^égarement; son front brûle, ses jambes vacillent, une inconcevable attraction le force à s'approcher de la forêt. Voyez!... Il fait un pas... encore un... il avance toujours! Mais il tremble, il a peur, car il se trouve devant les broussailles qui forment la limite du domaine du loup-garou. Aura-t-il l'audace de s'y glisser comme

lui en rampant, et de suivre le sentier qui conduit à la terrible caverne?

Une heure avant midi , Bernard était encore debout devant les broussailles, la tête penchée, l'œil fixe, sais-' d'un tremblement fébrile; le désir de la science et h crainte de (a mort luttaient dans son âme. Mais la lutte touchait sans doute à sa fin, car le corps de Bernard se penchait lentement vers le sol et tout à coup il appuya les mains sur la terre; puis il se mit à ramper, comme un animal , à travers les broussailles. L'amour du savoir avait vaincu la crainte de la mort !

Les broussailles avaient peu de profondeur; bientôt le jeune Bernard put se relever et promener les yeux autour de lui pour reconnaître où il se trouvait. Bien d'extraordinaire ne frappa son regard; il ne vit qu'une nature triste et aride, enveloppée d'un morne silence et plongée dans une demi-obscurité. Comme un malfaiteur, le cœur palpitant, en proie à une anxiété toujours croissante, Bernard s'avança à pas lents et avec circonspection. De temps en temps, le cri d'un oiseau de proie venait frapper son oreille et lui donner des frémissements nerveux; ou bien encore il s'arrê'tait tout troublé devant quelque vieil arbre desséché, qui, comme un homme, semblait étendre vers lui ses bras décharnés pour l'arrêter. Mais le désir de savoir le poussait irrésistiblement vers la caverne dont il suivait le sentier tracé par les pieds *^ loup-garou. Enfin il parvint à une clairière en forme de vallon et qui était couverte d'un tapis d'herbe et de fleurs. Un petit ruisseau presque invisible serpentait à travers cette prairie naturelle, comme une couleuvre qui se hâte de

gagner les taillis et d'échapper aux ardents rayons du soleil.

Ici tout respirait la vie et la fraîcheur ; la lumière tombait d'aplomb sur la molle pelouse et y couvait avec amour mille fleurs aux couleurs éclatantes ; une multitude d'oiseaux chantaient dans les massifs voisins; en un mot, cet étroit espace ressemblait à un jardin de plaisance jeté par un caprice de la nature au milieu d'une morne et sauvage création.

Tout autre que Bernard se fût sans doute plu à s'arrêter en ce lieu charmant; il eût étanché sa soif dans l'eau pure du ruisseau, reposé son regard sur le tapis verdoyant émaillé de fleurs, et ouvert son oreille charmée au chant des oiseaux; mais il ne venait à l'esprit de Bernard qu'une seule pensée : Où sont cachés les livres? Après avoir promené pendant quelque temps ses regards autour de lui, il aperçut au loin, à l'extrémité opposée de la prairie, une haute colline de sable, et sur le flanc de celle-ci , au milieu des ronces et des buissons, une excavation qui donnait peut-être accès à la retraite du loup-garou. Il dirigea ses pas de ce côté; mais plus il en approchait, plus sa marche se ralentissait; son anxiété devint extrême et il s'arrêta, tout tremblant, devant l'étrange habitation.

Cependant, qu'on la nommât caverne ou de tout autre nom, elle n'offrait rien de sinistre. On voyait au premier coup d'oeil qu'elle était l'œuvre d'une main humaine qui n'avait pas eu d'aide dans son travail. Celui qui s'était fait cet asile avait creusé d'abord une large fosse dans le sable ; puis sur cette excavation carrée il avait

établi un toit de fortes branches et recouvert celles-ci d'une couche, épaisse de genêts et de bruyères; d'un côté ce toit parfaitement clos était impénétrable à la pluie et au vent; de l'autre, était ménagée une large ouverture, en guise de fenêtre, pour laisse, pénétrer la lumière du jour. L'asile du loup-garou était assez spacieux pour qu'un homme de haute taille y pût facilement pénétrer sans se eourber.

Quelque peu effrayant que fût ce réduit, cependant Bernard n'osait y entrer; il fallait que des angoissss extraordinaires se fussent emparées de lui, car il recula pour regarder avec inquiétude aux alentours si le loupgarou ne venait pas. Peut-être eût-il regagné la bruyère, si en s'avançant de nouveau à l'entrée de la hutte, il n'eut vu le grand livre posé sur une sorte de pupitre. Dès lors, toute délibération lui fut impossible; le livre exerçait sur lui l'attraction d'un aimant; et, s'élançant comme une bête fauve sur sa proie, il jeta ses deux mains sur les feuillets ouverts.

Qu'il était heureux, le pauvre Bernard! Un sourire de ravissement illuminait son visage ; la flamme de la curiosité brillait dans ses yeux, sa poitrine se gonflait, son cœur battait violemment et ses doigts tremblaient d'impatience et de désir. Oh ! quel beau et grand livre il possédait !

Si Bernard n'eût pas été abîmé dans la contemplation de son trésor, il eût remarqué dans la hutte maint objet étrange.

Le pupitre, sur lequel se trouvait le livre, était formé de branches entrelacées et fixées dans le sol; daus un

coin se trouvait une espèce de lit construit de la même façon, rempli de mousses et à demi recouvert par un morceau d'étoffe de laine usée. Au milieu de la cabane se dressait une grande croix ; sur l'un des bras de cette croix on voyait un pourpoint de chevalier, couvert û« tache? d'un brun noirâtre qui ressemblait assez à du sang desséché; à l'autre pendait une épée de combat, tachée aussi de rouille. Au pied du lit se trouvait un sac de voyage ouvert, et à côté quelques pièces d'or qui en étaient tombées. Plus loin, le long des murailles, étaient suspendues une multitude de racines sèches de toute espèce et de toute forme, une discipline et une ceinture garnie à l'intérieur de pointes de fer.

Bernard ne remarqua pas tous ces détails; perdu dans la contemplation de son livre , il tournait de temps en temps un feuillet sans savoir ce qu'il faisait. Sauf ce mouvement machinal et les aspirations qui soulevaient sa poitrine , on eût pu le prendre pour une statue inanimée.

0 ciel ! qui vient se placer soudain devant la porte de la hutte? Est-ce un homme? Oui, c'est le loup-garou avec son lourd bâton et son vêtement de peaux. Ses yeux profondément enfoncés lancent des éclairs, ses joues creuses deviennent plus pâles encore , sa bouche se contracte de colère; — cependant il garde le silence et reste immobile à contempler le jeune berger dont il lui est impossible de voir le visage.

Malheureux Bernard, qui jouit avec tant de sécurité et d'aveuglement de sa précieuse découverte ! S'il savait quels yeux flamboyants sont fixés sur lui !

Pendant longtemps le loup-garou le regarda avec une expression de dépit ou de colère ; peu à peu cependant sa physionomie s'adoucit, et bientôt il parnt tout à fait calmé. Le vieux berger ne s'était probablement pas trompé en disant à Bernard que le loup-garou ne savait pas parler, car, au lieu de paroles, il s'échappa de sa bouche un rauque soupir qui alla retentir à l'oreille de Bernard comme un coup de tonnerre. A peine le jeune homme eut-il entendu ce bruit qu'il sortit, comme en sursaut, de son égarement, regarda en tremblant du côté de l'entrée , et aperçut la face décharnée du loupgarou qui fixait sur lui des yeux étincelants. Il poussa un grand cri , s'enfuit à l'autre bout de la hutte et , sans dire un mot, tendit vers le loup-garou ses mains suppliantes. Oh ! comme le pauvre Bernard chancelait sur ses jambes, comme son front et ses joues étaient pâles !

Le loup-garrou fit un pas vers lui; mais le berger, éperdu, se voyant en face de la mort , se jeta aux pieds de son terrible ennemi, saisit une de ses mains et la baignant de larmes, s'écria : — Oh ! qui que vous soyez, ayez pitié de moi ! Grâce , grâce ! Ne me faites pas df . mal!

Un sourire affectueux et bienveillant illumina le visage du loup-garou; il prit les deux mains de Bernard, le releva , posa en le caressant sa main osseuse sur ses blonds cheveux, et, à l'extrême stupéfaction du jeune berger, il dit d'une voix douce :

— Pauvre enfant, que crains-tu de moi? Oh, je suis bien malheureux ! et je dois cruellement expier mes

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péchés; mais je ne fais de mal à personne. Rassure-toi, mon fils, et n'aie pas peur de moi.

Bernard étonné attacha un regard de reconnaissance sur les yeux du loup-garou, et baisa sa main avec exaltation ; il éprouva soudain dans son cœur un sentiment d'affection pour l'homme infortuné qui le traitait avec tant de bonté , alors qu'il n'attendait de lui que la mort.

Avec un sourire encore tout mélangé de prière, il dit :

— Merci, merci, maître! Je me souviendrai éter nellement de votre bonté pour moi, et je garderai sui l'audacieuse visite que je vous ai faite le silence de la mort.

Pardonnez -moi, je vais me hâter de quitter la forêt.

A ces mots, il jeta un regard de tristesse sur le livre, comme s'il disait adieu à cet objet de ses ardents désirs. Quand il se retourna, il s'aperçut que le loup-garou, assis sur le bord du lit , le regardait fixement , tandis qu'un torrent de larmes silencieuses inondait ses joues.

Cette vue retint Bernard; il contempla avec émotion l'infortuné, et sur ses joues aussi coulèrent des larmes de compassion.

— Maître, dit -il d'une voix douce, maître, votre douleur me perce le cœur. Vous avez été si bon envers moi, que je donnerais beaucoup pour pouvoir vous consoler. Mais que peut un enfant comme moi?... Cependant s'il m'est possible de vous servir en quelque chose, disposez de moi !

Le loup-garou se leva lentement, prit la main de Bernard et, le conduisant hors de la hutte, il lui dit :

— Viens, mon fils; laisse -moi voir tes traits à la lu-

mière du soleil : ce sera un bienfait que je te devrai et une consolation dans ma douleur.

11 mena le berger jusqu'au bord du ruisseau , s'assit sur l'herbe et dit, en montrant le sol à côté de lui :

— Assieds -toi auprès de moi, jeune homme, et ne t'étonne pas des larmes de joie que ta vue me fait verser. Il y a dix ans, mon enfant, qu'aucun sourire humain ne s'est adressé à l'infortuné loup-garou, qu'aucune parole amicale n'a frappé son oreille. Et puis, dois-je te le dire? il est une personne au monde qui m'est plus chère que la vie , une personne dont le souvenir me retient seul sur la terre. Cette personne a des yeux bleus et des cheveux blonds comme les tiens , des joues fraîches comme les tiennes et une voix aussi douce que ta voix. C'est là le secret de la puissance que tes traits exercent sur mon âme. Pardonne à un malheureux un caprice aussi étrange et peut-être aussi ridicule.

Bernard saisit une des mains amaigries du loup-garou, la caressa comme pour témoigner son affection , et s'il était possible , apporter quelque adoucissement à son triste sort. Pendant quelques instants, ils restèrent tous deux muets. Enfin le loup-garou reprit la parole.

— Comment as- tu osé pénétrer dans cette forêt redoutée, mon fils? dit-il. Peut-être est-ce la curiosité qui t'a poussé; et tu as eu assez de courage pour lui obéir !

Cette question touchait la corde la plus sensible de l'âme de Bernard ; il allait donc pouvoir parler du désii de science qui le dévorait ! Il ressentit un léger frissoL nerveux, serra plus affectueusement encore la main du loup-garou et répondit :

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— 0 maître, je n'ose presque pas vous le dire; cependant votre bonté m'enhardit. Rejetez mon audacieuse prière, si vous ne voulez pas l'exaucer, mais ne soyez pas irrité contre moi. Mon âme est consumée d'un indicible désir d'apprendre à lire; je ne puis ni ne dois vous expliquer d'où vient ce désir; mais il va si loin que la Mie d'un livre a sur moi une irrésistible puissance : mon front brûle, mon cœur bat, et je tremble comme une feuille...

— Je l'ai vu, murmura le loup-garou.

— Eh bien, poursuivit Bernard, je vous vis hier longer la forêt et je remarquai avec émotion que vous teniez un livre sous votre bras. C'en fut assez. De ce moment je n'eus plus de repos; je n'ai pas dormi cette nuit, et je me suis senti attiré vers vous par une force mystérieuse. J'ai lutté de tout mon pouvoir contre cette force inconnue, car j'avais peur de vous ; mais rien n'y a fait. La fatalité me poussait, et je serais allé à la recherche du livre quand même j'aurais dû passer à travers une fournaise ardente. Oserai-je vous dire, maître, l'audacieuse, la téméraire espérance qui s'est emparée de moi ? Eh bien, j'ai osé espérer que le loup-garou m'apprendrait à lire !

Il s'écoula un instant pendant lequel Bernard, inquie* et tremblant, interrogea les yeux caves du loup-garou.

— - Mon fils, dit celui-ci, que ton espoir ne soit pas trompé : le loup-garou t'apprendra à lire.

Bernard poussa un cri de joie, se leva vivement 3 tomba aux pieds du loup-garou, jeta ses bras au cou de ceïui-ci et se mit à pleurer de joie sur son épaule, en murmurant des paroles de reconnaissance. Un instant

après, il se releva et sauta comme un insensé autour au loup-garou en s'écriant :

— Ahf ah! j'apprendrai à lire! Merci! merci! Je prierai Dieu pour vous, je baiserai vos mains comme celles d'un bienfaiteur. Ah! ah! lire... Savoir 1 Quf c'est beau !

Le loup-garou se leva, s'approcha de Bernard, et lui dit d'une voix grave :

— Mon fils, je dois poser des conditions inviolables à l'accomplissement de ma promesse. Écoute attentivement ce que je vais te dire, et grave bien mes paroles dans ton esprit, car si tu en oubliais une seule, il me serait impossible de te revoir.

— Oh ! parlez, s'écria Bernard, je suis prêt à tout. Jamais je ne ferai rien qui puisse vous déplaire !

— Écoute... Jamais tu ne mettras le pied dans la iorèt, excepté le matin, avant que le soleil ait atteint le midi; jamais tu n'entreras dans la retraite du loupharou, quoi qu'il puisse arriver; jamais tu ne feras de questions au loup-garou sur sa manière de vivre ni sur "a pénitence qu'il accomplit; jamais tu ne lui parleras de tes parents, de ta sœur ou de ton frère. Que ce dernier mot surtout ne sorte jamais de ta bouche. Garde-toi de jamais venir, la nuit, dans la forêt. Tu sais la plaie qui m'a été envoyée par Dieu; elle est terrible et dangereuse à voir. Xe révèle jamais non plus les secrets de la foret; une parole imprudente de toi pourrait causer ma mort. Et maintenant, mon fils, vois, le soleil touche au midi, et mon heure approche. Quitte-moi. Quand tu reviendras demain matin, place-toi sous ce chêne là-bas;

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imite le cri du hibou, je l'entendrai dans ma hutte et je viendrai te tr uver avec le livre. A demain, mon enfant!

„\ ces mots il pressa une fois encore la main du jeune berger, et se dirigea, à pas lents, vers la hutte. Bernard arracha sa houlette plantée dans le sol et reprit le sentier par lequel il était venu. De quelle beauté s'était maintenant revêtue à ses yeux l'ingrate nature de la forêt ! De quel éclat brillait le soleil qui incendiait le ciel au-dessus de sa tête, quand, sorti des broussailles, il se retrouva dans la bruyère! Avec quel ravissement il écoutait le chant des oiseaux et le cri monotone du grillon !

D'un pas léger il se hâta de regagner son troupeau . appela son chien fidèle et lui raconta en riant qu'il alla: apprendre à lire. Puis il choisit au milieu des brebis so: bélier favori, et lui répéta l'heureuse nouvelle. 11 chant toutes ses chansons, il dansa toutes ses danses; il chan tait et dansait encore quand le soleil couchant le rappel au logis.

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