‹ Les heures parisiennesChapitre 6 sur 11 · TROIS HEURES APRES MIDI III · texte numérisé non relu

TROIS HEURES APRES MIDI III

rappelant que les Bousingots, auxquels ils s'efforcent de ressembler, tenaient leur vie d'étudiants en partie double, et ne craignaient pas de donner Lisette pour rivale à la Liberté, la Chaumière pour préface au Club. Il est sans doute bon de conspirer, mais il est bien plus doux d'aimer, et, quand on a vingt ans, les besoins du cœur doivent être satisfaits avant les devoirs de la conscience et les exigences de la raison. D'ailleurs, la Raison est une folle : il n'y a que la Folie de raisonnable ici-bas! Ah! jeunes gens! soyez donc jeunes pendant que vous êtes jeunes! vous aurez tout le temps d'être vieux quand vous serez vieux!...

Voyez ce que pense là-dessus un grand poète qui s'y connaissait encore mieux que moi, ouvrez les Chansons des rues et des bois à la page 174, vous y lirez :

« Amuse-toi, sois jeune et digne De l'aurore et des fleurs. Isis

Ne donnait pas d'autre consigne Aux sages que l'ombre a moisis.

L ne bamboche à la Chaumière, D'où l'on éloigne avec soin l'eau.

Contient cent fois plus de lumière Que Longin traduit par Boileau.

Veille, étude, ennui, patience.

Travail, cela brûle les yeux ; L'unique but de la science, C'est d'être immensément joyeu

Maxime : N'être pas morose.

N'être pas bête, tout goûter. Dédier son nez à la rose, Sa bouche à sa femme, et chanter

Hélas! qu'est-ce que Victor Hugo va dire là? C'est peut-être pour avoir voulu être trop jeunes et trop fous, c'est peut-être pour avoir délaissé le devoir en faveur du plaisir, que ces misérables montent, escortés de gardes municipaux, dans ce panier à salade qui stationne tous les jours, vers trois heures, à l'angle du boulevard du Palais et de la rue de

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