TROIS HEURES APRÈS MIDI
la Sainlc-Chapellc, presque en face de la rue Boileau... Pendant que leurs avocats vont se détoger chez Mmc Bosc, ils reviennent de l'Instruction ou de la Cour d'assises. L'un d'eux, peut-être, a été condamné à mort, et l'abbaye de Monte-à-Regret l'attend là-bas, à l'extrémité de Paris, tout près du Père- Lachaise. Ah! jeunes gens! soyez plutôt vieux que de rester jeunes à ce prix!
Mais détournons nos pensées de ces vilaines choses-là. J'aime mieux parler des voitures de poste du Petit Journal, qui sortent du n° 67 de la rue Pigalle et descendent à grand fracas la rue Notre-Dame-de-Lorette. En passant sur la place Saint-Georges, devant l'hôtel de M. Millaud, les postillons saluent — du fouet.
J'aime mieux parler de Théodore Pelloquet, un type, — ce qui est rare à notre époque, où les caractères sont aussi frustes que les visages.
On le rencontre partout, ce successeur de Gustave Planche, ce critique d'art dont les jugements font autorité aujourd'hui. On le rencontre partout, — bien qu'il n'ait pas toujours l'intention d'y aller. Quand il n'est pas dans les cafés littéraires, il est sur les boulevards; quand il n'est pas dans les ateliers de peintres, il est dans les bureaux de journaux; mais chez lui, jamais! On le rencontre partout, mais il ne reste nulle part: il traverse, il ne s'arrête pas. Est-ce à cause décela qu'on l'a appelé La Pluie qui marche?
Où était-il tout à l'heure? Peut-être chez Dinochau. Où va-t-il maintenant? Au Temps, pour prendre langue. Il a sa correspondance à faire pour je ne sais plus quel journal étranger, et cette correspondance — son civet quotidien — il ne peut la rédiger qu'avec des nouvelles politiques ou littéraires. Quand le lièvre lui manque, il n'envoie que la sauce. C'est toujours cela, n'est-ce pas?
Du reste, je m'étonne que le lièvre ne lui