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main de son frère, et s’appuiera davantage encore contre son cœur. Son ami déploiera, comme une tente au-dessus de sa vie, sa charité vigilante et son indulgente miséricorde. Il aura des conseils pour toutes sés incertitudes, une lumière pour ses doutes, des consolations pour ses douleurs, des compassions par ses faiblesses et des pardons pourses fautes.Il marchera comme un second ange gardien à ses côtés dans la vie ; il dissipera de son regard les nuages que l’amour-propre ou la vanité est si ingénieuse à former autour du cœur, et il déchirera le voile des illusions sous lesquelles l'esprit de l’homme aime tant à s’envelopper. Tous deux se suffisant l’un à l’autre, ils n’iront point mendier ailleurs le bonheur qu'ils trouvent tout près d'eux.
Que de trésors qui se dépensent inutilement tous les jours seraient conservés, si les jeunes gens comprenaient mieux et la nécessité et les charmes de l'amitié !
Mais ce noble sentiment est le partage des belles âmes : il effraie le vice, et est
insupportable à la légèreté et à la médiocrité. Les vrais amis ne se trouvent que parmi ceux qui craignent le Seigneur, et qui l’aiment. C’est la religion et la piété qui disposent le cœur aux nobles affections, en le rendant plus large et plus profond.
L'amitié vit de sacrilices et de devoirs graves, et c'est ce qui la rend si rare aujourd'hui, parce que tous se cherchent eux-mêmes, et qué l'habitude du sacrifice se perd tous les jours davantage.
La sainte Écriture nous a exprimé parfaitement la nature de l'amitié dans ces paroles où elle nous peint ceile de David et de Jonathas. L'âme de Jonathas, nous dit-elle, était collée à celle de David, et Jonathas l’aimait comme son âme. Rien n’est touchant comme l'affection de ces deux illustres et pieux amis. L'histoire n’a point à citer dans les fastes de l’amitié un dévouement aussi sublime que celui de Jo, nathas, qui sachant que David a été choisi de Dieu pour hériter du sceptre de Saül, ne lui porte point envie, mais le défend
au contraire avec un zèle infatigable contre le mauvais vouloir et la haine de son père. Rien n'est beau comme les serments qu'ils se font l’un à l’autre ; rien n’est tendre comme la plainte qui s’exhale de l’âme de David après la mort de son cher Jonathas : 7a mort me perce de douleur, Jonathas, mon frère, le plus beau des princes, plus aimable que les lus aimables d’entre les femmes. Je Faimais comme une mère aime son fils unique.
Ayez un ami si vous voulez rester vertueux ; mais choisissez-le entre mille si vous voulez que son amitié vous soit profitable. Que sa vertu soit douce, aimable et indulgentc, pour qu'il vous la fasse aïmer à vous-même, et pour qu'il ne vous pousse point au «découragement si vous avez le malheur d'en abandonner pour un instant les sentiers. Qu'il soit discret, et qu’un secret tombé au fond de son âme ne remonte jamais à la surface. Celui qui trahit la confiance de son ami et qui dévoile à un étranger les mystères de l’amitié n'en
comprend point la nature ni les devoirs.
Qu'il soit désintéressé, prêt à sacrifier son repos, sa Santé, Son temps et sa fortune pour vous aider et vous soulager. Qu'il soit pieux, et qu’il ne cherche que Dieu dans l'affection qu'il vous porte ; car le plus souvent celui qui ne cherche pas Dieu se recherche soi-même, et rien ne désintéresse plus le cœur que la piété, parce qu'elle Y détruit la racine même de légoïsme. Quand vous aurez trouvé un tel ami, ne l’abandonnez point ; pardonnez-lui beaucoup de choses ; aucun homme ici-bas n’est parfait, et il est insensé d’attendre de ceux qui nous aiment plus qu'ils ne nous peuvent donner.