DOUZIÈME HEURE
Jeune homme, ne posez point votre âme sur les sourires de la femme qui n’a point l'a crainte de Dieu, et gardez bien votre cœur en sa présence, de peur qu’il ne se prenne à ses paroles, comme l'oiseau aux filets du chasseur; car la femme qui se recherche soi-même perdra bien des âmes, et sa vanité accumulera les ruines autour d'elle. Le vice et la corruption passent du cœur de l’homme dans celui de 1: femme ; mais une fois là, ils s'y multiplient ct prennent de nouvelles forces ; car les traits de la volupté, après que la femme les a aiguisés sur son cœur et trempés. dans le poison de sa vanité, portent des coups bien plus terribles, et chaque blessure qu'ils font est mortelle. Le cœur d’une femme corrompue est un carquois toujours plein :
ses regaïids sont des flèches aiguës et per-
cantes, et sa parole est un arc toujours tendu qui décoche sans cesse le mensonge et la volupté.
Si vous voulez conserver la paix de votre âme et l'innocence de votre cœur, fuyez, fuyez loin de ces femmes qui, voyant s’effacer l'éclat de leur jeunesse et la puissance de leurs charmes, font comme un dernier effort pour raviver en elles les dernières lueurs du feu impur qu’elles y ont nourri, et qui appellent au secours de leur beauté flétrie la triste expérience qu’elles ont acquise dans l’art de corrompre les âmes et depervertir lesconsciences. Douées de cet instinct du vice que donne l’habitude, elles devineront vos faiblesses ; et à peine auront-elles mis la main sur votre cœur qu'elles en connaîtront les brèches et les endroits mal gardés; elles y insinueront leurs pernicieuses flatteries et leurs perfides louanges. Pour chacun de vos défauts elles prépareront un éloge et tresseront une couronne, et les ravages qu'elles feront dans votre âme pour l’affaiblir et lui
jours songe
votre fu yez, t s’efpuis- 1e un 8 dery ont le leur w’elles re les Douées e l’haes ; el votre rèches sinueleurs e Vos t {resu’elles
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ôter la puissance de résister seront plus terribles d&ns leurs suites que le dernier coup qui en achèvera la ruine.
À ces femmes sans vertu ni pudeur, dont l'égoïisme et la recherche de soi-même ont durei et comme ossifié le cœur, il faut des hommes énervés et flétris comme elles.
Tous leurs efforts tendent à produire dans ceux qu’elles veulent tromper les mêmes effets que l'habitude du vice à produits en elles. Il ne leur reste plus de vie que dans les sens ; depuis longtemps celle de lintelligence et de la volonté s’est enfuie.
Toutes les facultés et toutes les puissances de leur âme sont passées dans les sens ; tout leur être est là, le reste ne vit plus que comme ces membres paralysés qui tiennent encore au tronc, mais qui ne reçoivent plus aucune influence. Pour créer à leur image l’homme qu'elles veulent séduire, elles s’efforceront de lui arracher l’âme immortelle que Dieu lui a dennée, d'en changer la nature, d’en faire en quelsue sorte un sixième sens plus impression-
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näble, plus accessible aux sensations du plaisir et de la volupté que les cinq autres, et de la transformer en chair, afin qu’aucune lütte ne s'élève en lui et qu'aucun obstacle ne s'oppose à leurs desseins.
Qui peut comprendre tous les ravages que ces femmes produisent dans l’âme d’un jeune.-homme! Un froid calcul dirige toutes leurs démarches et préside à tous leurs plans. Elles assiégent un cœur pur et honnête comme un général assiége’ une forteresse bien gardée et difficile à prendre. C'est pour elles une affaire de tactique où elles intéressent leur vanité, mais où leur cœur n’a rien à faire. Leurs regards, leurs gestes ct leurs paroles, tout est calculé d'avance; et ces malheureuses se possèdent si bien que jamais aucun abandon ne compromet leurs projets ni ne trahit le secret de leur pensée.
Près de ces cœurs glacés et flétris le cœur d’un jeune homme s’étiole comme une plante transportée dans un climat plus froid ; il perd cette chaleur que donne une
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jeunesse sage et bien réglée. Bientôt l'égoïsme s'empare de lui. Il s'aime tant, et son cœur s’est tellement rétréci qu'il n'y peut plus trouver de place pour ces nobles affectichs et ces sentiments généreux qui exaltent l'âme d'un jeune homme : la patrie, la famille n'existent plus pour lui.
Les amitiés les plus saintes se dessèchent et tombent de son cœur, comme on voit aux jours d'automne les feuilles jaunies des arbres emportées par le vent. La bienfaisance n’élève plus la voix en lui; la miséricorde se tait : les larmes de l’afiligé glissent sur son âme froide, dure et polie comme la glace, et les misères du pauvre passent sous ses yeux sans exciter sa compassion ! Rien ne saurait plus troubler son affreux repos et son impitoyable sécurité.
Il sait vivre maintenant, et arranger sa vie dans ce petit bonheur dont les égoïstes connaissent si bien tous les mystères.
Ce nest pas tout encore: ces pauvres victimes de la volupté sautent d’un bond de l’adolescence à la vieillesse ; ils gardent
toutes les petitesses et Jes niaiseries de l’enfance, et prennent à l’age de la décrépitude ses maladies, ses infirmités et ses misères. Enfants par l'intelligence, vieux par le cœur, ils ne peuvent pas encore comprendre les grandes choses, et ne savent déjà ‘plus les aimer. Qui n’a vu au moins une fois dans sa vie de ces ruines d'hommes qu'a dévastés la volupté, et où l’on ne saurait plus apercevoir aucun vestige des nobles facultés qui y habitaient autrefois ? Qui n’a vu errer comme des spectres sortis de leurs tombeaux de ces cadavres dont le regard est éteint, dont la bouche est vide de sourire, dont les traits fanés ne peuvent plus fleurir sous un rayon de joie et de bonheur, dont le cœur privé de sève ne peut plus produire aucun germe,
dont les membres alourdis ne se prêtent k
qu'avec peine aux plus simples mouvements, et dont le corps tout entier parait comme affaissé sous le poids des iniquités qui chargent leur vie.
Mais ce qu'il y a de plus effrayant dans
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cet état, c’est que l’âge ne fait qu'irriter les désirs à mesure qu’il diminue la puissance de les satisfaire. Quand la flamme de la vie est éteinte dans l'intelligence, dans la volonté, dans le cœur et dans les sens; quand le péché semble banni à la fois de l’âme et du corps avec la puissance de vouloir et d'agir, il se réfugie dans la mémoire et dans l’imagination, et là on le voit fumer comme une lampe prête à s’éteindre, et obscurcir l’esprit par de sales images et par de coupables réminiscences, de sorte que ces malheureux n’ont pas même la consolation de trouver le salut plus facile quand une vieillesse prématurée leur a rendu comme impossible le péché ; ils le regrettent dès qu'ils ne le peuvent plus commettre, et ces regrets sans repentir ajoutent encore de nouvelles iniquités à celles de leur vie passée.
Conçoit-on rien de plus affreux pour un hômme que cette sorte de nécessité de pécher qui lui est imposée par l'habitude, et qui lui fait payer les offenses de sa jeu-
D a ns 2 Sara
nesse par celles qu'il commet plus tard!
Est-il rien de plus terrible que ces châtiments sans expiation, ces remords sans pénitence, ces douleurs sans mérite, cette mortification involontaire‘du cœur et des sens qui Ôte la jouissance du péché sans en ii ôter l’offense, et qui conduit aux régions 1 douloureuses de l'éternité par des voies |L4 plus âpres et des sentiers plus étroits que à d ceux qui mènent au bonheur et à la gloire
du ciel. Tremblez, jeune homme, trem- À blez, et qu'une sainte frayeur vous éloigne | des pièges de la volupté, de peur que des ;
terreurs inutiles ne s'emparent plus tard de votre âme, et que vous ne condamniez votre vieillesse à de stériles regrets !
tard !
châtins pé-
cette et des sans en églons , voies its que , gloire , treméloigne