QUINZIÈME HEURE
Ce qui déconcerte l'impiété en Fr ace exaspère l’hérésie en Allemagne et en Angleterre. Le protestantisme, cette erreur inventée pour l'usage des tyrans, et pour consacrer du sceau de la religion les injustices, les usurpations des princes qui convoitaient les biens de l'Eglise, le protestantisme voit diminuer tous les jours sa puissance en Angieterre. Tout son pouvoir
‘ lui vient des grandes richesses de ses sei-
gneurs spirituels et temporels. Sa base est dans le sol ; son appui est tout matériel et terrestre. Opposé en tout point au christianisme, qu'il a déformé et altéré dans sa constitution, dans sa doctrine, et dans son esprit, il s’est établi par la force, s’est conservé par l’oppression, et s’est développé par les richesses et l'argent : la pauvreté du Christ et les humiliations de sa croix
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l’anéantiraient inévitablement. Abandonné à lui-même et privé de l’appui qu'il trouve dans la force, il tomberait en ruine ; car la force seule retient encore les pièces disjointes de cet éditice délabré.
fl n'y a point d'histoire plus féconde en injustices, 1l n’y en a point qui témoigne plus de la bassesse et de la perversité du cœur humain, quand il se livre à ses mauvais instincts, que l’histoire du protestantisme en Angleterre. Il est forcé de reconnaître pour ses héros, ses fondateurs et ses saints un roi et une reine qui n'auraient pas été déplacés sur le trône de Tibère et de Caligula, et qui n'auraient point dérangé l’affreuse uniformité que le crime établissait entre tous les Césars à cette époque.
Chez nous son histoire n’est ni moins triste, m moins humiliante. Qui ne sait que ses chefs avaient rêvé le partage de la France en une multitude de fiefs ou de petites principautés qu'ils auraient gouvernées d’après leurs caprices, et qui auraient réduit la France à l’état de division que les
dissensions religieuses rendirent définitif en Allemagne ! Cer il n’est pas douteux que sans le protestantisme l'Allemagne aurait fini par acquérir cette unité qui fait la force et la grandeur des empires; mais les déplorables erreurs de Luther enrendirent à jamais l'établissement impossible. Le protestanisme était dans son expression la ‘plus simple une protestation contre l'unité. ‘Quoiqu'il ne protestât d’abord que contre l'unité religieuse, entraîné par son principe, il attaqua fatalement l'unité partout où il la trouva, dans l’état aussi bien que dans l'Eglise.
Ce fat le peuple et le clergé qui sauvèrent alors la France du malheur et de l’humiliation que ies protestants lui préparaient. Les ordres religieux surtout brilièrent alors par leur courage et leur zèle, et le peuple forca le ro1 à embrasser sa foi, rétablissant ainsi l'honneur des peuples chrétiens, flétri par l'aposlasie dc ces nations dégénérées qui, semblables à de vils troupeaux, allant partout où leur maître