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nitif voulait les conduire, changeaient et re- Aée changeaient de foi selon le caprice des it princes qui les gouvernaient. Ici c'était la it la nation qui subissait la foi du prince ; là be v était au contraire le prince qui embrasat sail la foi de la nation. Aussi tous ceux Le qui sont ennemis de la gloire et de la didite gnité des peuples, et qui ne voient dans un nité. état qu'un maître et des esclaves, ne peu- FRYA vent retenir Leur fureur toutes les fois dri- qu ils se souviennent des glorieuses condi- (SFA lions que la France voulut imposer à son que roi avant qu'il montt sur le trône de saint Louis.
Fa Les peuples qui se sont séparés de lV’Eot de glise n'ont secoué son joug que pc"r se répa- soumettre au joug bien plus dur et bien bril- pius humiliant des princes temporels ; car, ze, après tout, l'Eglise prend les hommes par sut la partie ‘supérieure de leur être : c'est à uples l'intelligence qu'elle parle, c'est à la vo- LE, lonté qu'elle commande. Elle seule jouit evils de cette autorité qui est toute spirituelle,
aître soit qu'on la considère dans les choses
qu’elle ordonne, ou dans les sujets sur lesquels elle s'exerce, ou dans sa nature, ou dans ses formes. L'autorité purement temporelle, au contraire, prend l’homme par cette partie de son être qui est soumise aux conditions de l’espace et du temps. Elle ne demande de vous qu'une chose : c'est que vous fassiez ce qu’elle commande, et que vous omettiez ce qu’elle défend, vous .laissant libre de penser ce que vous voulez, et sur elle-même, et sur les mesures qu’elle croit devoir prendre. Elle demande moins l’obéissance que la soumission; et si vous résistez, elle a la force pour vous contraindre ou le bourreau pour vous punir.
Les protestants ont transporté aux princes tous les droits et toute l’autorité qu’ils ont ôtée à l'Eglise. Ils ne sont pas devenus plus libres ; ils n’ont fait que changer de joug. Ils ne se sont point affranchis de la puissance du pape, comme ils feignent de le croire ; mais seulement, au lieu d’avoir un pape à Rome, ils en ont autant que de princes. Au lieu des excom-
muni;ations de l'Eglise et des foudres du Vaticin, ils ont les arrêts et les sentences des tribunaux séculiers, les cachots et les baïonnettes des princes temporels. Ils ont aggravé leur joug et abaïssé l’obéissance en substituant une autorité inférieure par sa nature et par son origine à une autorité toute spirituelle. Ils ont proclamé le règne de la force ; et c'est à eux que les peuples de l’Europe doivent ces humiliantes doctrines qui attribuent aux princes une puissance que jamais l'Eglise n'aurait attribuée à son chef, et imposent aux peuples un joug plus humiliant encore qu'il n’est dur et pesant :
doctrines également funestes aux princes, dont elles ont exalté l’orgueil, et aux peuples, dont elles ont provoqué la colère.
En affranchissant les souverains du contrôle de l’autorité spirituelle, en déclarant leur puissance indépendante de toute autre que celle de Dieu, et en faisant malgré cela un devoir aux peuples d'une soumission sans bornes, le protestantisme a ouvert l’abime des révolutions, et déchainé
sur le monde le démon de l'anarchie. Le
droit de surveillance et de blâme une fois contesté à l'Eglise, chacun se l’est appro- d prié. Tous veulent être juges ; personne t ne consent à être jugé, et depuis trois siè- e
cles l’histoire des peuples de l'Europe flotte entre le despotisme et l'anarchie, entre une soumission servile et d'orgucilleuses révoltes, sans pouvoir se fixer ni d’un côté ni de l’autre, parce que dès qu'il incline à droite une réaction violente la ramène aussitôt à gauche. Dans cette fluctuation perpétuelle des événements, des intérêts et des idées, rien n’est stable, rien ne peut se poser, et nous sommes comme ces malades pris de vertige, et autour desquels tout semble s’agiter dans une rotation rapide et incessante.
Si vous voulez bien apprécier la distance qui sépare la vérité catholique des IE erreurs protestantes, suivez les apôtres le ui l'Eglise et ceux des sectes qui se sont séqi parées d’elle dans les pays infidèles où bi leur zèle est en présence ; et vous com-
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prendrez bientôt que la paissance de précher la foi n'appartient qu'aux ministres de l'Eglise, puisqu'il n’y à de prédications efficaces que celles qui sont faites en son nom. Les missions protestantes sont sans fruits ni résultat, parce que lorsqu'elles ne sont pas inspirées par l'intérêt ou l’appât du gain elles le sont par l’orgueil ou l'esprit de parti. Les missions catholiques, au contraire, produisent toujours des fruits abondants, parce que le zèle des a; ôtres, étant dirigé par la vraie foi, est toujours accompagné d’une grande expansion de charité. Souvent les missionnaires protestants ne sont que des agents de commerce attachés à une société qui les paie, et au profit de laquelle ils travaillent, faisant servir, par un épouvantable abus des choses saintes, la religion comme instrument et comme moyen aux intérêts de cette terre. L’indifférence et l’apathie de ces hommes contraste singulièrement avec le zèle et la charité de ces sublimes apôtres qui, après avoir donné
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leur temps et leur vie aux peuples qu'ils évangélisent, leur donnent souvent encore leur sang et leur mort, et perpétuent ainsi dans l'Eglise cette tradition de sacrifices et de martyre qui a commencé sur le Calvaire avec la Passion du Christ.
Le nouveau monde semble avoir été partagé entre les missionnaires de l'Eglise et ceux des sectes protestantes, comme pour nous donner un moyen plus facile de juger les principes par la comparaison des résultats. L'Eglise a pris le Midi; les sectes protestantes se sont emparées du Nord. Qu'est-il arrivé? Au Nord la race indigène a disparu, détruite par la guerre d’extermination que les p1ctestants lui ont faite, et plus encore par les liqueurs fortes avec lesquelles ils l'ont systématiquement empoisonnée ; puis pour remplacer lestribus indiennes arrachées du sol, les protestants y ont transplanté des esclaves nègres pêchés comme des bêtes sur les côtes de l'Afrique, et qu’ils s'efforcent de corrompre et d’abrutir, pour qu'ils ne sentent point
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les misères de leur condition. Au Midi, malgré les crimes qui signalèrent la conquête des Espagnols, les deux races, celle des vainqueurs et celle des vaincus, ont fini par s'unir pour en former une troisième.
Partout, dans tous les domaines de la vie, vous trouverez la même différence entre le catholicisme et les sectes protestantes. Là Vous avez une constitution déterminée et immuable, une hiérarchie parfaitement réglée, des dogmes précis, des préceptes clairs, une discipline bien définie, un culte plein de signification, une tradition non interrompue qui confirme la vérité par le témoignage des siècles, une science abondante et profonde, un art sublime dans son élan, admirable dans ses formes, une histoire pleine de faits et d’idées, à laquelle se lie celle de toutes les nations de la terre, une suite constante de saints, de pontifes, de martyrs et de confesseurs. Dans Îles sectes protestantes rien de tout cela : point de constitution qui
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serve de base ; point de sacerdoce, mais seulement des employés qui parlent au nom du prince qui les nomme et les paie ; point d'unité dans la doctrine, point de culte, une histoire qui commence d'hier, et qu’on ne peut lire sans être à :haque instant humilié par le triste rôle que les hommes y jouent et par les misères dont elle est remplie ; point de tradition, mais seulement des anneaux brisés et détachés, gisant ça et là à de grandes distances, et dont on essaierait vainement de faire une chaîne, parce qu'ils ne peuvent tenir les uns aux autres ; point de science, mais seulement des systèmes qui divergent de tous côtés, et qu’il est impossible de ramener à un foyer commun ; point d'art, mais une imitation sèche et stérile de ce qui existait déjà, et la haine du beau poussée jusqu'au délire, puisque l’on vit auseizième siècle les protestants renouveler les scènes de vendalisme qui signalèrent les conquête des barbares avant le moyen-âge, et dé truire les temples ou les images que la
piété catholique avait si prodigieusement multipliés en Europe. L’aridité, l’impuissance, la mort, le vide et le néant, voilà le partage des sectes qui ont protesté contre l'unité.
Comment pourrait-il en être autrement ?
Toute leur doctrine est une négation ; leur nom même vient de là ; car protester, c'est nier. Toute leur puissance consiste à détruire. Ils ont nié la liberté de l’homme dans ses rapports avec Dieu, et l'inventeur de leur doctrine a bien osé dire que c’est Dieu qui pèche en nous, et qui contraint notre volonté ; et, par une amère dérision du langage, ila donné le nom de sertarbitre à cette faculté de l’âme dans le livre qu'il a écrit contre elle. L'homme une fois déclaré incapable de produire un acte libre, il fallait, pour être conséquent, nier les œuvres bonnes et méritoires. Aussi les protestants ont-ils enseigné que les bonnes euvres sont inutiles ; et Luther, dans une de ces boutades qui étaient si fréquentes chez lui, les a même condamnées comme dangereuses pour le salut.
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