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Si l’oisiveté apprend beaucoup de vices, le travail apprend, au contraire, beaucoup de vertus. Il rend patient, constant et sérieux ; il donne le goût des choses bonnes etutiles ; il élève l’âme au-dessus des vanités de la vie, et fournit un but à son acti. vité ; il réprime la fougue de l'imagination, en l’enchaïînant à des pensées graves et sérieuses ; il prévient ou arrête les écarts du cœur, en le tenant toujours renfermé dans un cercle d’action déterminé ; il éclaircit le regard de l'esprit, aiguise le tranchant de la volonté, en la forçant à une action continuelle ; il éloigne du monde, et en rend moins nécessaires les vains plaisirs et le joug humiliant ; 1l préserve de la corruption, et ferme le cœur de l'homme à ces jouissances qui le flétrissent et le dé-
gradent. C’est une heureuse chose que de
n'avoir pas le temps de faire le mal, et
rien n'est précieux pour un jeune homme |
comme un travail suivi qui prend tellement tous ses instants qu'il ne lui en reste plus aucun pour convoiter les plaisirs grossiers des sens, :
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Il n’est point de vices que l’oisiveté n’enseigne. Celui qui n’est point occupé pense à faire le mal, et le fait quand il en trouve l’occasion. L'inaction livre l'esprit au désordre des pensées les plus incohérentes, et ouvre le cœur comme une place publique aux désirs les plus coupables et aux affections les plus déréglées. Pour se distraire de l’ennui qu’elle ne manque jamais d'amener à sa suite, l’homme va demander des consolations et des jouissances à ce qui ne peut lui donner que des regrets ct des remords ; il se devient un fardeau à luimême, et se décharge sur le premier objet agréable qu'il rencontre du poids des soucis qui laccablent. Il est sans défense contre les atteintes du vice et contre les séductions de la volupté. Le moindre désir qui souffle sur un cœur affaibli par loisiveté suffit pour le renverser ; la moindre passion qui l’attire suffit pour l’entrainer. Il est sans force contre les hommes et Îles choses, et devient inévitablement l’esclave des uns et des autres. Bientôt l'esprit s’é-
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