TROISIÈME HEURE
Malheur au jeune homme qui se laisse séduire par l'attrait de la volupté, et dont l’âme court après le plaisir, comme le pa pillon voltige autour de la lumière dont la flamme l’attire. Elle y laissera ses ailes, après quoi, ne pouvant plus voler, ni £e poser sur ses belles et saintes pensées, qui
fleurissent aux lieux où Dieu habite avec ses Anges, elle rampera comme le ver, se trainant paresseusement sur les pensées et les espérances de la terre.
Le plaisir frappe à la porte du cœur, mais il n’y entre jamais. Il fait du bruit et prend ses ébats autour de l’âme dont les abords lui sont accessibles ; mais jamais il ne pénétra dans le sanctuaire intime, où se réfugient ces pures et saintes joies que ne déchire point l’épée aiguë du remords, et où s’accomplissent, loin du regard des
mmes, sous les yeux de Dieu et de ses nges, les ineffables mystères du bonheur.
l'est pour cela que le cœur est plus vide t plus affamé après la jouissance qu'il ne était auparavant. Comment le plaisir ourrait-1l le remplir et le rassasier ?
‘homme ne se nourrit que de ce qu'il inroduit dans son être pour se l’assimiler ; “tt jamais, quoi qu'il fasse, il ne pourra Monner accès au plaisir dans son cœur, arce qu'il faut à celui-ci des aliments oins grossiers, accoutumé qu'il est à se ourrir de Dieu, de sa vérité et de son mour.
se laisse et dont le le pa > dont la es a'les, er, Ni £e sées, qui ite avec e ver, se nsées et 4 Les sens sont l'organe du plaïsir ; l’âme u cœur, | st celui de la joie et du bonheur. Le lu bruit Æp'aisir agite et disperse les sens, et fait efne dont "fort pour y attirer l’âme, où il lui est dé- “fendu d'entrer. Il n’est sorte de séductions
s jamais # avé —
time. où pu d'artifices qu'il n'emploie pour arriver ? k . r * .
ies que Æi8 son but ; et si l’âme, cédant à l'attrait emords, WMigu'il lui propose, sort du sanctuaire où
lard des "Dieu l’a placée, pour qu’elle y habite dans
le calme et le repos, il la répand dans les sens, et l'y dissout ou [y noie.
Avez-vous jamais bien réfléchi sur la | nature et les effets du plaisir ? Avez-vous essayé quelquefois d’en analyser les éléments, ou d'en étudier en quelque sorte l'histoire ? Cette histoire la voici en peu de mots: On l'attend ou on le désire avec inquiétude et anxiété ; on en jouit à la !
hâte, comme si l’on voulait se débarrasser d’un fardeau, ou comme si l’on se sentait pressé de sortir d’une position gênante et forcée ; puis à peine l’a-t-on goûté qu’on en sent l’amertume, et qu’on regrette d’a- 4 voir approché de ses lèvres la coupe de A ses jouissances empoisonnées. Resserré entre l’angoisse et le remords, le moment À de satisfaction qu’il procure est si prompt, À si fugitif, que l'esprit ne peut le saisir. La neige fond moins vite sous les chauds À rayons d’un soleil d’été que le plaisir ne
se dissipe sous le feu des ardentes convoi- ls
tises du cœur humain. De ces jouissances M que vous avez si ardemment désirées, et
qui ont glissé si rapidement sur la surface le votre âme, il re vous reste qu'une hose, le remords ; de même qu’il ne reste le la fleur qui s’est flétrie entre vos doigts que l’épine.
Oh ! que vous paieriez cher la courte satisfaction que vous vous êtes donnée ! 1 en PEU ALe remords restera enfoncé dans votre STE AVEC cœur comme le trait dans la plaie : il vous jouit à là MMéchirera, il vous fera souffrir d’atroces barrasser Mouleurs. Vous vous tournerez de tous se sentait Mes côtés pour y chercher du repos, et vous
1 dans les
hi sur la Avez-vous r les éléque sorte
PRante et n'en trouverez nulle part. Votre pauvre té quoù Sœur, blessé et tout saignant, ne saura grette d’a- | blus où se poser ; et vous vous étonnerez sonpe de hous-même qu'une aussi courte jouissance Resserré à ait pu vous laisser d’aussi longues doumoment Ë leurs, et qu'un plaisir aussi fugitif puisse
i prompt, tre la cause de regrets aussi persistants. saisr, La Que si vous n’éprouvez pas ces tortures, qui s chauds Ménnoncent au moins un reste de vie dans plaisir ne Mkelui qui les souffre, vous n’échapperez ès CONVOI- Mboint à ces ennuis, à cette torpeur, à cet uissences Mengourdissement de toutes les puissances sirées, et,
de l’âme, indice trop certain du vide immense que les plaisirs ont creusé dans le cœur et du coup mortel qu'ils lui ont porté ! Car, à toul prendre, mieux vaut encore l’agonie que la mort ; mieux vaut l'agitation d’un cœur qui se débat et s’ef.
force de retenir la dernière étincelle de vie qui lui reste que le triste repos du tombeau.
N’avez-vous jamais pensé non plus quelle insigne lâcheté c’est pour l’homme d’éten:dre mollement son âme dans la jouissance comme sur un lit, et de l’y laisser sommeil
ler dans l'oubli de ses devoirs les plus sa +
crés et de ses plus nobles prérogatives !f Car enfin il doit pourtant ÿ avoir une dif 4 férence entre l’homme qui mange le pail des Anges et l’animal qui broute l’herbell des champs. Savez-vous que vous êtes un peu moins seulement que les Anges, qu Dieu vous a couronné de gloire et d’ non] neur, et qu’il vous a établi sur les œuvre:
de ses mains ? Voudriez-vous, méconnais sant votre origine et votre dignité, abais
vide im- ï ser votre nature jusqu’à celle de la brute, 6 dans le Net devenir à la face de Dieu comme une ls lui ont 1 L bête de somme qui n’a point l'intelligence ? Ce qui distingue l’homme de l’animal c’est
nieux vaut” nieux vaut le devoir. Le premier obéit à un devoir,
bat et s’ef.. "8 le second cède à un attrait ou recherche tincelle de "une jouissance ; et toutes les fois que dans > repos du À vos actions vous vous laissez entraîner à la +) poursuite d'un plaisir qui vous séduit,vous plus quel] | renoncez à votre dignité de créature intelme d’éten-"i ligente, vous déposez la couronne de gloire jouissances 4 dont Dieu a couronné votre front, et vous »p sommeil-f . L vous mêlez en quelque sorte à la foule des es plus si animaux dont les yeux sont fixés vers la srogatives terre, ir une dif-l Hélas ! l'attrait des plaisirs égare tous les ge le painh jours bien des âmes qui portaient en elles ute l'herbe le germe des plus précieuses vertus et des
ous êtes umplus nobles qualités. Le plaisir ôte à la Anges, quel | volonté toute son énergie, à l'intelligence et d’hon##5a vigueur et sa clarté, au cœur sa frai-
icheur et sa grâce, au caractère sa constance et sa virilité ; il rend ies sens nonchalants et paresseux, et bientôt il réduit
les œuvre méconnais!
rnité, abair®
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toutes les facultés à une langueür désespérée et à une ‘ ‘émédiable impuissance.
Voilà ce que votre raison sérieusement consultée vous apprendra sur le plaisir.
Voici maintenant ce que vous dira la foi, si vous l’interrogez avec un vrai désir d'être éclairé. Elle vous dira que l’amour effréné du plaisir anéantit la rédemption du Christ, et est comme une amère tlérision de sa pession, de sa croix et de sa mort. Prenez la vie du Rédempteur, sa doctrine, ses préceptes, ses conseils, ses
actions et ses paroles ; pressez-les dans
tous les sens, et vous n’en tirerez pas autre chose que le sacrifice, l’abnégation et hf charité. Passer sa vie, comme le fon malheureusement tant d'hommes, dans hf poursuite des jouissances de la terre dans la recherche immodérée de soi même, c'est jouer eu quelque manière aud pied de la croix du Christ ; c’est danser sur sa tombe ; c’est accuser v Évangile del | mensonge, et en déchirer une à une ls 4 pages inspirées. à
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er dôsés- e puissance. M
ieusement M
le plaisir. li ra la foi, vrai désir 1e l’amour 8 édemption nère «éri- M x et de sa npteur, s1 nseils, ses z-les dans z pas autre
tion et laf e le fonts es, dans LM a terre els e de soik nanière auh est danserk vangile des
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C’est d’ailleurs une erreur, ou plutôt une folie, que c° penser qu'on peut se trouver en se recherchant hors de Dieu.
} Je n’en veux pour preuve que cette perpétuelle agitation, cet inutile empressement avec lequel les hommes du monde courent d’un plaisir à l’autre ; cette lassitude et cette défaillance qui s'empare d'eux, lorsqu'après de longs circuits ils se voient plus éloignés encore du but qu'ils ne l’étaient au commencement ; cet accroissement de désirs que la jouissance irrite ou éveille au lieu de les apaiser et de les remplir ; cette indigence d'esprit, cette pénurie de cœur qui augmente à mesure qu'ils s’accordent de nouvelles jouissances. Le cœur qui se nourrit de plaisirs ne dit jamais : C’est assez. Il se dégoûte sans se rassasier ; et, } poussé par je ne sais quel aveuglement fa- | tal, il cherche une distraction à ses tristes | ennuis dans les choses mêmes qui les ont causés, semblable à ces malades que l’ar-
» deur de la fièvre dévore, et dont la soif
! augmente à mesure qu'ils boivent davan-
tage. C'est que Dieu nous a faits pour lui ; M4
et il a tellement conformé notre cœur à la
destination qu’il voulait lui donner, qu’il M
s'agite et s'inquiète, comme nécessaire. M
ment, jusqu’à ce qu’il ait atteint la fin qui l'attire et l’entraine.
Interrogez ces pauvres esclaves du monde, qui cachent sous les apparences M du plaisir et du bonheur les noirs soucis et M les incessantes sollicitudes qui les assié-!
gent ; allez au fond de leur vie, dont | surface est si polie et si brillante, et vous trouverez des abîmes de douleur ! Otez d dessus leur âme ce fard et ce vernis trom peurs qu'ils renouvellent sans cesse, afin de se donner aux yeux du monde l’appa-* rence de la joie, et vous y découvrirez les #8 flétrissures du vice et l'empreinte ineffaçable des ennuis dont il est la source. Vou ne savez pas, jeune homme, et vous n pouvez pas encore comprendre jusqu quel point Dieu se venge de ceux qui l bandonnent, et de quelle plénitude des douleurs il comble l’âme qui se vide def
s pour lui; cœur à À.
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claves du“ apparences “8 rs soucis et les assié- M vie, dont l: 4 e,et vous y 4
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lui. Ces repas somptueux où ils noient
) leur âme, ces fêtes splendides où ils sem-
blent vouloir boire d’un seul trait la coupe | des plaisirs, ne les leur enviez pas ; car
| vous ne savez point combien il leur faut » payer ensuite les courts moments d'ivresse qu'ils y ont passés.
Quand vous voyez un homme se presser ainsi de jouir, soyez sûr qu'il y a dans son
} âme quelque profond chagrin ou quelque
ennui fatigant auquel il cherche une di-
» version. Quand vous le voyez s 2...
| en quelque sorte à oublier la Vie
soyez | sûr qu'il a quelque triste pensée ou quelque souvenir déchirant à oublier. S'il s'efforce de se perdre soi-même de vue,
à c'est qu'il est mal avec lui-même et qu’il a
besoin de sortir de son propre cœur, comme un prisonnier sort de sa prison
: pour prendre un peu d’air et faire trève au malaise dont il souffre. Ce ne sont pas les heureux, mais les ennuyés qui vont
: demander au monde des consolations et de : l'oubli. Ge ne sont pas ceux qui sont pleins
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déjà, mais ceux qui sont vides, qui vont À ouvrir leur âme sous ces flots enivrants D:
que le monde verse autour de lui. Le malheureux et les ennuyés font comme le # malade ; ils cherchent une diversion, des { illusions et l'oubli ; car il est insupporta-M ble à l’homme de se trouver perpétuelle- 4 ment en présence d’un ennui morne et# fatigant ou d’un remords amer et inquiet. # Rappelez-rous les véritables joies quef vous avez goûtées ; ; vous verrez que loin de vous pousser hors de vous-même, elles #4 vous Y faisaient rentrer au contraire. Vous sentiez le besoin d'être seul pour jouir en silence de tout le bonheur qui s’amassait# dans votre âme ; vous évitiez le regards importun des étrangers, et vous ne vouliez pour témoins des belles joies qui se levaient au-dessus de votre âme que ceux!
qui pouvaient les coriprendre et les parta-k L ger. Mais quand le péché a déposé au foniss# de votre conscience une douleur ou un re mords, vous avez senti à l'instant mêmes un je ne sais quoi qui vous chassait hors
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, qui vont M n° e vous, et qui vous jetait comme à l’avenenivrants M re sur tout ce qui distrait et dissipe. Il le lui. Le 1 rous fallait alors le monde avec ses séduc-
comme le Mons, ses plaisirs, ses pompes, ses vanités ersion, des Mt ses fêtes. Votre cœur, n'étant plus en nsupporta- MWotre main, vous échappait à chaque erpétuelle- MSnstant pour courir comme un furieux
morne et près ces brill:ntes misères que le monde et inquiet. # ait luire aux yeux de ceux qu’il veut joies que tromper. Ce n’était pas trop alors de tous Z que loin M ses appâts pour vous attirer hors de votre nême, elles Mcœur, et vous débarrasser de la triste raire. Vous société de ces ennuis qui vous dévoraient ur jouir enMlet de ces remords qui vous rongeaient. i s’amassait à à Le monde n’est bon que pour ceux le regard ui ont quelque chose à oublier : il est us ne vou SBrsupportable à ceux qui portent dans leur ies qui stMme quelques-unes de ces saintes joies que ceu#vec lesquelles on voudrait toujours s’enet les part Bretenir, et qu'on craint de quitter même osé au fonifétour un moment, de peur qu’elles ne
r ou un reBenvolent ou ne s’affaiblissent. C’est pour
tant mêémelkela que les âmes qui se donnent à Dieu
assait kon éprouvent un tel dégoût pour le monde
et ses plaisirs. La piété leur donne une telle plénitude de contentement et de bonheur qu’elles n’en sauraient plus contenir davantage. Une joie de plus ferait déborder cette eau vive qui jaillit perpétuellement en elles. Qu'iraient-elles chercher dans le monde ? Rien ne leur manque :
elles ont de quoi réjouir et sanctifier les autres, après s'être réjouies et sanctifiées elles-mêmes. C’est le sentiment de cette abondance et de cette plénitude qui faisait dire à David: Qu'un jour passé dans la maison du Seigneur vaut mieux que mille jours passés ailleurs. Ces grandes et saintes joies qui tombent du ciel dans lâme, pures et limpides comme la source d’où elles coulent, ôtent à jamais le goût de ces plaisirs factices qui, semblables à des eaux stagnantes et terreuses, ne petivent ni désaltérer, ni purifier le cœur, mais le souillent au contraire et le corrompent.
Aimez Dieu, et le monde vous deviendra insipide ; pratiquez la vertu, faites le bien, et toutes ces misèes auxquelles le
onne une t de boncontenir it déborrpétuellechercher manque :
ctifier les anctifiées de cette jui faisait & dans la que mille et saintes Ss lâme, rce d’où goût de les à des peuvent
r, maisle 4 rompent.
; devien-
faitesle LS uelles le
honde attache une si grande importance uront bientôt perdu tout attrait pour ous ; car il n’y a que les intelligences
ides et les cœurs épuisés qui aillent se
jourrir de ces restes de bonheur que le
onde jette avec dédain à ses esclaves
t à ses mendiants.
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