‹ Les heures sérieuses d'un jeune homme [microforme]Chapitre 7 sur 43 · EI · texte numérisé non relu

EI

libre ; lté souquelle il grande sa puissorte de- 1 moins la porte de nous quelque ns noUSen lui, Sa pus. Elle e notre choses ardente eines de avec les

ère avec

“les volontés fortes. Elle reste à la porte

CT

ide notre âme sans se rebuter de nos dé-

“dains et de nos refus ; elle frappe jus-

qu'à ce que l'entrée lui en ait été ouverte, Micomme Dieu nous le dit lui-même par ces paroles de lApocalypse : Zece ego : sto ad ostium, et pulso. C'est surtout dans

e mystère de la grâce et de ses divines opérations que l’on peut comprendre lineffable puissance de la volonté. Il faut voir avec quel pieux acharnement l'Église a lutté pour cette puissance contre les hérétiques qui voulaient la détruire ou la diminuer.

La volonté, c’est cette faculté de l'âme que Dieu à posée au sommet de notre tre, comme une forteresse imprenable, t où lui-même ne peut entrer s’il ne y est ménagé des intelligences. Le Déché envahit le corps, subjugue les sens, pénètre dans l'imagination, obscurcit l’esit, ébranle le cœur : il arrive à la volon- . Il est là, au pied de la forteresse, Ssayant de la renverser. Que fera la vo-

lonté ? Va-t-elle céder et se rendre, ou bien triomphera-t-elle ? La victoire est en ses mains. Un acte de sa part suffit pour arrêter cette fougue et pour briser ce choc.

Dieu est là avec ses anges, qui la presse et la sollicite. Le démon est là aussi avec les siens, qui cherche à la séduire et à l’entrainer. Qu’elle choisisse, car rien ne saurait enchaïiner sa liberté. Qu’elle ne s’effraie pas du bruit qui se fait autour d'elle, des ébranlements dont le choc retentit jusque dans son fond : tant que le péché n’est pas entré dans cette forteresse de l'âme, dont elle a le commandement, rien n’est perdu. Il n’y a que la volonté qui pèche, comme il n’y a qu'elle aussi qui mérite.

Distinguez bien, Jeune homme, cette noble faculté des autres que Dieu a placées sous ses ordres. La confusion en ce point peut être dangereuse, et devenir la * source de bien des illusions. Il en est qui la confondent avec le cœur et l’iinagination, et qui s’imaginent vouloir, quand ils ressentent pour certaines choses ce goût

LA VOLONTÉ. si

ndre, ou ire est en uffit pour

| qui flatte et délecte, ou quand ils sont entrainés vers quelque résolution par un mouvement violent et presque irrésistible.

doué Ils prennent pour la voix de 1

| presse et rise: élit ri $ a volonté ces

AR cœnr ; ces exaltations k Fe ne

et à l’en- elle frérait ss le LR si quand

en ne sau- pété: louis ls Mapoo on une grande in sentiment

ne s’effraie ur d'elle, etentit Juspéché n’est

de l'âme,

réné il l généreux qui l'emporte ; ces audaces qu traversent l'esprit, et dans lesquelles l’homme s ère $ Fhon e s'exagère son courage et sa force.

[Hlusion, illusion !

La volonté | onté ne crie point, elle parle ;

. ’ rien n est * , à R RARES elle n’entraine point, elle conduit ; ell : porte pas, elle dirige ; elle n’aime pas #4 ; nl

i mérite.

LE eile approuve ; elle ne s'incline pas vers , cel les objets, elle les juge et reste tou) eu a pla: M au-d 8 ste toujours "07 au-dessus d'eux. Elle veut, elle ne fai ision en Ce #5 vouloir ; ell jours D ir Ar 4 oir ; elle pcat toujours vouloir, même APT e l a 0 R eve : quand toutes les autres puissances de l’àen est qui ÊSS me ne veulent pas. Rien ne saurait lui t l'iinagina- MS arracher son consentement. C'est tout , quand ils MS qu'elle possède ; mai ice Rent possède ; mais aussi elle en dispose goût 27 comme elle veut. Elle est calme, froide | 1

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impassible, grave et mesurée. Elle n'a point de mouvements précipités comme le cœur, ni d’allure irrégulière comme l’imagination. Elle est l'organe propre du devoir, de la vertu et du sacrifice.

Ne confondez donc pas l faculté de vouloir avec celle d'aimer ou de s-"tir ; et ne vous découragez pas quand vous n'éprouvez point en vous-même de ces ardeurs et de ces empressements pour le bien, qui en rendent quelquefois plus facile laccomplissement momentané, mais qui souvent aussi rendent la persévérance plus difficile, parce que, dès qu'ils cessent, l’âme accoutumée à leur secours se trouve comme abandonnée, et ne sait plus que fure dans son délaissement.

Prenez bien garde d’affaiblir en vous ce qui fait votre force, et de livrer au joug des sens ou à l'empire des passions cette !

reine de toutes les puissances de votre | âme.

On n'est homme que par la volonté.

Il y a dans le monde ceux qui veulent,

Elle n'a comme comme > propre rifice.

culté de e sir ; and vous ie de ces s pour le s plus fainé, Mais sévérance qu'ils cessecours bot ne sait issement.

vous ce

* au joug ions cette de votre

volonté.

i veulent,

1e | Let ceux qui ne savent point vouloir. Les bpremiers sont les hommes ou les mai- Ltres ; les seconds sont les enfants ou les esclaves. Ceux-là veulent, et pour eux- } mêmes, et pour ceux qui n’ont point de ! volonté. Mais sachez aussi que cette faculté plus que toutes les autres ne se | conserve et ne se développe que par l'exercice, et que l’inaction ou la servitude : la diminue d'abord, et finit par la détruire. Sachez bien que la fonction de la volonté est surtout d'agir, quand toutes les puissances de l’âme sont dans la torpeur et l'inertie, et non quand il se fait en nous comme un épanouissement de tout notre être vers le bien, et que le bien se fait en nous de lui-même plutôt que nous ne le faisons.

| L'obéissance seule peut exercer et dres- } ser la volonté. Sans cette vertu, elle s’accoutume à ne faire que ce qui lui plait, et » perd ainsi son caractère distinctif, qui est kde vouloir, pour en prendre un autre tout à fait étranger à sa nature. Au lieu

d’être l’organe du devoir, elle devient celui du plaisir. Mais l’obéissance n'est pas la servitude, elle la prévient au contraire, et la rend impossible. On n’obéit qu’à Dieu ; on est esclave des hommes, et plus souvent encore de soi-même.

L'’obéissance à la parole de Dieu par la foi, et à sa loi par le devoir et le sacrifice : voilà le salut pour la volonté. L’habitude d'agir par caprice ou par entrainement, et de ne faire que ce qui plait, l’amoindrit et l’énerve.

Gardez bien votre volonté, jeune homme, ce peur qu'elle ne se livre comme une proie aux méchants et aux libertins, qui s’empareront d'elle, et lui feront vou loir tout ce qu'ils veulent eux-mêmes.

Si vous n'avez pas de volonté, la grâce, sans laquelle vous ne pouvez rien dans l’ordre du salut, n’aura point de prise sur vous ; car c’est dans la volonté qu’elle

opère, c’est sur elle qu’elle agit. Sans

la volonté que ferez-vous dans ce monde

de corruption, de misère et de vanité M

‘À ee

devidnt i vous entoure ? Que ferez-vous au ice n'est milieu des piéges qui vous environnent, au con- Mes tentations qui vous assiégent et des n n'obéit nnemis qui vous menacent de toutes hommes, parts ? Que ferez-vous en présence de. oi-même. Ces libertins qui vous railleront, de ces u par la impies qui chercheront à ébranler votre sacrifice: "Moi par leurs arguments et plus encore ‘habitude : par leurs mauvais exemples ; de ces inement, femmes qui tendront devant vous leurs

l’amoin- ttraits et leurs charmes comme des filets pour séduire votre âme ?

ine hom- Aujourd’hui que le bien est isolé, et

e comme e marche plus comme autrefois par

libertins, grandes masses, vous ne trouverez point

ront vou- #hutou: de vous dans les autres ces se- Kk-mêmes. fours et cet appui qu'on y pouvait cherla grâce, “her alors; et vous serez sans force

ien dans quand il vous faudra lutter contre cette de prise Mkssociation des méchants, si bien liée, si té qu’elle larfaitement disciplinée, et qui semble it. Sans kvoir conquis la société tout entière.

e monde "Bans volonté vous serez faible ; vous cée vanité MMerez par entrainement, ou par respect

humain, ou par honte aux attaques qui seront dirigées contre vous ; et vous des.

ccudrez bientôt jusqu'à la condition de ces malheureux qui, ne pouvant plu vouloir, sont à la merci de quiconqu veut pour eux, et deviennent, sans s’en.

apercevoir, l'instrument des plus basse intrigues, et quelquefois des actions le lâches et Les plus criminelles.

taques qui t vous des

ndition de SIXIÈME HEURE.

ivant plu LES PASSIONS.

quiconqu

sans Sel Toute la force morale des passion lus basse bonsiste dans la volonté. Si celle-ci est

actions le "bonne, et si elle sait bien les gouverner, il best point de vertu qu’elle ne puisse acquérir, point de sacrifices qu'elle ne puisse Bccomplir, point de but qu’elle ne puisse itteindre, point d'obstacles qu'elle ne buisse surmonter. Mais l’art de dresser les

assions est diflicile. Il n’est point de courler plus capricieux dans son allure, plus Yariable dans son humeur, plus prompt à emporter, plus ombrageux et plus facile Ls’effrayer. Dès qu’elles ne sentent plus le

ouvernement de la volonté, vous les voyez ussitôt frémir d’impatience ; et si elles arviennent à briser le frein qui les gène, ersonne ne peut prévoir où s’arrêteront urs écarts et leur course vagabonde.

Pour les diriger à son gré il faut avoir

toujours l’éperon au pied et la bride à la main ; car autant elles sont impétueuses, quand elles ont à descendre ces pentes abruptes qui s’inclinent vers les endroit les plus bas de notre nature, et que bor dent de chaque côté des abimes, autant elles sont revêches et opiniâtres quand il # faut gravir ces montagnes escarpées du.

devoir, toutes hérissées de difficulté, et où. elles rencontrent à chaque pas un obstacle” qui gène ou un sacrifice qui coûte. Là il faut tenir le frein d’une main ferme « vigoureuse, de peur qu’elles ne s’empor… tent, et modérer leur fougue avant qu’ell ne les entraîne. Ici, au contraire, il fau.

les piquer de l’éperon, et hâter leur mar 18

che lente et paresseuse. Si on les aban donne à.elles-mêmes, elles deviendron nécessairement un obstacle, en allant tro vite quand il faudrait marcher d’un pa plus mesuré, et en allant trop lentemen quand il faudrait arriver vite à un bu placé bien haut, et derrière d’innombra bles sacrifices,

bride à là Le premier effet des passions en l’hompétueuses, me inhabile qui ne sait pas les gouverces pentes Mer, c'est la légèreté et l’inconstance. Les es endroit 4 uages qui flottent au ciel sont moins

t que bor @bciles au souffle des vents que la voes, autant Mbnté ne l’est au souffle des passions qui s quand il "Magitent à leur gré. Les vagues que soucarpées du lève la tempête sont moins mobiles que culté, et où. flots qui s'élèvent et s’abaissent dans un obstack lin cœur bouleversé par ces orages, où oûte. Là 1 le ciel et la terre sont comme confondus. n ferme & B'esprit ne peut plus rien distinguer au ie s’empor Milieu des épaisses ténèbres qui l’envi-

vant qu’elk ‘fonnent. Le cœur fatigué, épuisé par la aire, il fau! Mutte, n’a plus de force pour agir, et ne r leur mar ait plus ce qu'il doit fuir ou aimer. La n les aban Molonté incertaine et irrésolue ne tient

deviendron Blus que d’une main faible le gouverallant tro ail, et ignore où elle doit diriger les

r d’un pal Actions et la vie. La foi, ce phare divin ) lentemen ‘ue Dieu tient aliumé sur les Œœænfins de

à Héternité, et qu'il a placé à l'endroit le l'innombra lus élevé de ce monde, afin que tous

s hommes puissent l’apercevoir ; la foi

ne jette plus qu'une lueur douteuse et vacillante qui ne peut guider lintelligence dans les voies de la vérité. Il n’y a plus ni ordre dans les pensées, ni constance dans les sentiments, ni suite dans les actions, ni enchaînement dans les déterminations de la volonté. Tout va à l'aventure, tout se fait par caprice ou par entrainement. La notion du devoir s’efface peu à peu. On ne connaît de la vertu que les jouissances qu’elle procure, et l’on ignore les sacrifices qu'elle doit coûter ; on va même jusqu'à la confondre avec ce contentement et cette paix intérieure qu’elle donne à celui qui la pratique fidélement, et on s’y recherche soi-même au lieu d’y chercher Dieu et sa gloire. On se fait avec elle comme une sensualité spirituelle d’autant plus dangereuse qu'elle est plus difficiles à reconnaître, cachée et enveloppée comine eble l’est dans les plus profonds replis de l’amour-propre et de la vanité.

Car les passions, qui nous ont été données pour nous aider à sortir de nous-

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êmes, et pour nous rendre plus facile le rifice et l’abnégalion, développent lépisme dès que nous les détournons de Sur fin. Ce vice hideux souille nos actions s plus belles et les sentiments les plus énéreux en apparence. Le cœur est vice des plus trompeuses illusions, et la «Me tourne dansun cercle continuel de dé- Gptions et de mensonges. Nous croyons être vertueux ; nous ne sommes que vains habiles. Nous croyons aimer les autres; pus nous aimons nous-mêmes. Nous Poyons chercher la gloire de Dieu ; c'est | nôtre que nous cherchons en tout.

| Les passions, quand elles sont soumises la volonté, rapprochent en quelque sorte > l'âme les sens et les organes du corps.

B peine une sainte et haute pensée at-elle luminé l’intelligenee, que les sers s’'épabuissent sous les rayons de sa lumière.

peine la volonté a-t-elle pris une déternation, que les organes dociles et obéis- Buts s'offrent comme d'eux-mêmes à l’exéter. À peine le cœur at-il tressailli sous

la divine influence de la grâce, que la chair elle-même frémit de désir et d’espérance. C'est ce qui faisait dire à David :

Mon cœur et ma chair ont tressailli vers le

Dieu vivant. Cette enveloppe corporelle, +44

qui cache aux autres et à nous-mêmes les mystères de notre vie intérieure, semble devenir plus légère. II y a comme une

exaltation spirituelle de la chair et comme 4

une ascension du corps dans l'esprit ; et dans les Saints chez qui Dieu veut déployer es toutes les merveilles de sa grê’e, et qui

lui ont soumis toutes leurs passions, l’u-"

nion de l'âme et du corps devient si intime qu'il ne se passe rien dans la première À!

quoi le second ne prenne part. C'est sur" tout dans la vie de ces hommes adinirables qu'on peut voir de quelle immense 4 ressource pour le bien sont des passions M dociles et soumises à la grâce.

Que si, au contraire, elles dominent li

volonté, les sens s’exaltent outre mexure M le corps, qui est comme le li ù

elles agissent, acquiert une prédominance SS

este sur l’âme. Ce n'est plus la chair Qui monte dans l'esprit, c’est l'esprit alourdi Qui descend dans la chair, entraîné par on propre poids. Le principe de l’action t l'énergie qui la produit est dans les fens : l'âme est passive, et la volonté subguée ne sait plus retenir dans l’ordre les juissances du corps qui ont été soumises à fon autorité suprême. Pourquoi les intelgences sont-elles si peu élevées, les caracères si faibles, les volontés si impuissantes it les corps si énervés aujourd’hui ? Pour- Quoi voyons-nous tant de petites choses et ant de grandes misères, tant de servilité lans les âmes cet tant de :orruption dans es cœurs ? C'est que la volonté ne tient lus le sceptre dans l’homme, et que le ouvernement du monde a été remis à l’aritraire des passions.

e, que la et d’espéà David :

alli wers le x orporelle, M mêmes les e, semble mmè une et comme esprit ; el it déployer ê-e, et qui!

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