SEPTIÈME HEURE
Le doute est une porte par laquelle on peut ou arriver à la vérité ou en sortir.
Pour celui qui est dans l'erreur, il est le premier pas vers le vrai; mais pour celui qui possède la vérité, c’est une pente qui conduit à des abîmes.
Le doute est un désert à travers lequel Dieu conduit quelquefois dans la terre promise de la vérité ceux qui ont vécu longtemps calmes et tranquilles dans l'erreur ou l'indifférence. Dans ce désert il n’y à pas une source où :e cœur puisse se désaltérer et se rafraichir, pas une plante où l'âme avide de vérité puisse apaiser la faim qui la dévore, pas un arbre sous l’ombrage duquel l’homme puisse étendre et réparer ! un peu ses désirs et ses espérances fatiguées. Là, comme dans ces mers de sable dont le vent soulève incessamment les!
quelle on en sortir.
ur, il est nais pour une pente
ers lequel terre proécu longs l’erreur ertiln'ya e se désalplante où er la faim
l’ombrage |
et réparer ances fatts de sable
ment les!
flots, 1e so, s affaisse et fuit sous vos pas, andis que votre intelligence haletante et texténuée s'épuise en de vains effors sous les ardeurs dévorantes d’un ciel inhospialier.
Une horreur éternelle habite en ces lieux.
i vous y êtes, hâtez-vous d'en sortir ; c’est quelquefois un lieu de passage et d’épreuves, mais ce n’est jamais un séjour ni un lieu de repos. Ne vous laissez point “éblouir par les fausses clartés du doute, var c'est bien moins une lumière qui éclaire d'un feu qui desséche et consume. L’erreur est comme Île satellite de la vérité :
elle emprunte à celle-ci la lumière qu’elle onne, et séduit par le vague de ses reflets es yeux faibles et malades des pauvres enfants d'Adam.
Dans chaque erreur il y a toujours quelue reste ou quelque reflet de vérité. Jamais
ans cela elle ne pourrait charmer notre € sprit et gouverner nos pensées : mais uns la lumière qu’el'e emprunte à Ja périté, il n’y a ni repos, ni ordre, ni fixité.
NL
Tantôt elle apparaît radieuse, tantôt elle se cache et disparaît : elle croît ou décroit selon les illusions de notre esprit ou les caprices de notre cœur, et tourne perpétuellement autour de la vérité, sans jamais pouvoir s'arrêter dans sa course vagabonde, semblable à lastre des nuits dont elle est l’image, et qui, dans son impuissante agitation, semble se tourncr et se retourner de tous les côtés comme pour dérober au soleil quelques-uns de ses.
rayons. Dans le monde de l'erreur il n°y a point de soleil ni d'étoiles fixes, mais seulement des planètes perpétuellement mobiles, et qui, en marchant toujours, ne peuvent jamais avancer d’un pas, parce qu'une main puissante les retient dans le cercle qu'elle leur a tracé, et les force à parcourir toujours le même chemin.
Soyez de bonne foi avec vous-même, jeune homme qui doutez, et voyez si ce n'est pas là le caractère de l'erreur. Vaïnement elle essaie de paraître jeune afin de vous séduire : regardez un peu attenti-
antôt elle it ou détre esprit et tourne érité, sans course Vanuits dont n impuisretserenine pour
ns de ses ”
reur ilny ixes, mails tuellement ujours, ne pas, parce nt dans le es force à min.
pus-Mmême, oyez si ce reur. Vaijeune afin eu attenti-
ement, et sous le fard avec quoi elle cherhe à dissimuler ses rides vous apercevrez acilement les traces d’une vieillesse décrépite et flétrie, que rendent encore plus hideuse les soins qu’elle met à la cacher.
es termes nouveaux qu'elle invente ne rompent que les esprits faibles et médiocres ; mais sous ces habits dont elle se are, les hommes dont le jugement est exercé, el qui connaissent tous les manéges de sa coquetterie, savent bien distinguer et son néant et sa misère.
Si votre intelligence a fait divorce avec a vérité pour se fiancer à l'erreur, jetezvous dans le doute, et ne craignez pas de livrer votre âme aux luttes, aux tourments Let aux engoisses, dont il est la source ; car pour celui qui n’est pas dans le vrai, le pire £tat c'est le repos et la sécurité ; mais passez par le doute comme on passe par le feu ; traversez-le rapidement, et hâtezvous d'entrer dans le calme et saint asile de la foi. Là seulement vous trouverez le repos, l'assurance et le bonheur.
és”.
Le doute, c’est le roulis du vaisseau par un jour de tempête. L'âme inquiète, et balancée par les-flots des diverses opinions qui se poussent et se déplacent les unes les autres, se sent portée par l’orgueil jusqu’au ciel : mais au moment où elle croit saisir la vérité qu’elle cherche, la vague qui la soutenait s’ouvre et s’affaisse, et l’entraine avec elle dans les profondeurs de l’abime.
L'esprit fatigué par ces ascensions et ces chutes continuelles ne sait plus à quoi se tenir ; et, dans le vertige qui s'empare de lui, il ne peut plus distinguer le vrai du faux, le bien du mal, ni la lumière des ténèbres. Il ne sent, il ne saisit plus qu’une chose : c’est le doute qui le déchire et le torture, semblable à ces pauvres malades aux yeux de qui le monde entier s’efface, et qui ne peuvent plus rien sentir autre chose que le mal qui les ronge et la douleur qui les dévore.
Oh ! qu’il est triste pour le cœur de l'homme d’habiter avec les angoisses du doute et avec les douleurs de l'incertitude !
aisseau par nmquiète, et es opinions les unes les il jusqu'au croit saisir igue qui la t l’entraine le l’abime.
ions et ces à quoi se ’empare de le vrai du ière des té lus qu'une chire et !e s malades er s’efface, entir autre
et la dou-
e cœur de goisses du certitude |!
ieux vaudrait être attaché à la chaîne du forcat, et trainer avec lui le même boulet ; tar il n’y a point de société plus fatigante que celle du doute. Rien ne tourmente et n'épuise autant le cœur que ces interrobations sans réponse, ces questions sans solution, ces efforts sans résultat, ces élans nutiles vers la vérité après lesquels 1l se rouve toujours au point d’où il était parti, condamné, comme par une sorte de fataité, à s'agiter sans cesse, et à retomber perpétuellement sur soi-même.
Douter si l’ami à qui il a donné tous ses secrets et tout son amour ne trahit point sa confiance, douter si la femme à qui il à enchaîné sa vie ne porte point ailleurs les ‘hommages de son cœur, c'est déjà pour l’homme un supplice affreux. Que doit-ce donc être, Ô mon Dieu, quand il doute et de vous et de soi-même ! Douter si on est à Dieu et si Dieu est à nous, si onest dans le vrai ou dans le faux et le vide, si le fon- <tdement sur iequel on a élevé à grands frais L'édifice de ses pensées et de ses espérances
est solide et ferme ; sentir à chaque instant chanceler la base sur laquelle on appuie sa vie ; se chercher sans jamax pouvoir se trouver ; tendre vers vous, à mon Dieu, sans pouvoir vous atteindre; ne savoir ni ce qu’on est, ni d’où l’on vient, ni où l’on va ; ignorer également et son principe et sa fin, être vis-à-vis de toutes les questions les plus importantes dans le même état et dans la même position qu'un enfant, ou plutôt savoir moins de choses et être moins sûr de son avenir qu’un enfant à qui son catéchisme apprend tout ce qui importe le plus à l’homme de savoir ; se débattre et s’agiter dans le néant de ses pensées sans jamais pouvoir en remplir le vide ; être continuellement humilié par le.
sentiment de son impuissance, et en être réduit à envier le sort de ces hommes sim ples et dociles à qui la foi a donné plus de véritable science que n’en sauraient don ner toutes les recherches et tous les effort de l'esprit ; n'est-ce pas là, je vous le de mande, se construire un enfer dans son!
aque ins Mbropre cœur ? Car au moins en enfer on quelle on: ne doute pas. Les démons tremblent, mais ns jamais s croient ; celui qui doute tremble, et ne S vous, Ô roit pas.
tteindre ; Jeune homme, si vous voulez sortir du ’on vient, élilé cù le doute retient vos pensées et nt et son os espérances, n'oubliez pas que la foi est de toutes n acte de l’homme tout entier, un acte s dans le uquel concourent toutes les puissances et ion qu’un Mtoutes les facultés de l’âine, et qui appaichoses et: Mient également à l'intelligence et à la voun enfant onté, parce que la vérité qui en est l’objet
ut cequil st tout à la fois force et lumière. C’est avoir ; se n même temps un acte d’obéissance et de
nt de ses iberté, par lequel l’homme se soumet à emplir le ieu, et se déclare indépendant de tous les lié par le utres hommes. La foi, en donnant aux rt en être: ensées une règle et un frein à l'esprit, le
mes sim- Mégage de tous les liens, l’affranchit de é plus de tout joug, le délivre de tous les préjugés, aient don- t le préserve de cette humiliante dominales effort tion à laquelle il est bien difficile d’échapous le de: “per quand on n’est pas dominé par Dieu et dans son par son éternelle vérité.
Celui qui refuse de croire à la parole de Dieu croit à la parole de l’homme. Il n* a point de milieu entre le joug de Dieu « celui de l’homme, entre la foi qui élève l'intelligence et fortifie la volonté et le:
opinions humaines, dont le flux et le re
flux entretiennent les pensées dans un agitation continuelle, entre la doctrine de Jésus-Christ et les vains systèmes des phi losophes, entre l'Eglise qui dilate le cœur par la charité, et les sectes ou les écolx qui le rétrécissent par l’intolérance et l'or. gueil.
La foi, c’est dans l’homme l’acte le plus.
profond et le plus grand de la consrience.
Quand il croit, l’homme fait acte de sou veraineté, puisqu'il supplée par la puis” sance de sa volonté, que la grâce fortifie, th ce qui manque à son intelligence, donnan son assentiment à des choses qu’il ne com prend pas, et gardant sa liberté en pré sence de Dieu, et jusque sous l'impression de sa grâce toute-puissante ; caril y a cette! différence entre la science et la foi, que*
a parole de elle-ci laisse l’homme libre, tandis que me. Iln “évidence produite par la première imde Dieu & "Mose à l'esprit une nécessité. Celui qui | qui élève \ hit est convaincu, c’est-à-dire vaincu.
onté et le Æelui qui croit, croit parce qu'il le veut, x et le re #étaussi longtemps qu'il le veut ; la lumière dans un: le la vérité l’éclaire, mais ne léblouit
loctrine de as. C’est pour cela que les hommes de es des phi! i sont des hommes si puissants de volonte le cœur #6: L’habitude de la foi développe en eux les écols! tte précieuse faculté en l’exerçant sans
nce et l'or sse, parce que pour ne point cesser de roire 1l faut continuer de vouloir.
icte le plu La foi est comme un instrument donné sonstience. ux yeux de notre esprit pour en aider la A UE aiblesse, et à l’aide duquel’ il peut aper- Hevoir dans le firmament de la vérité ce:
Ploiles que la distance soustrait à nos re-
ards, quoiqu'’elles soient bien plus grandes
t bien plus brillantes que ces pâles pla- Aètes qui luisent plus près de nous. La
ar la puis e fortitie, à e, donnant il ne com
té en pré É dou le 24) de l'intelli mpression Di, c'est le té Sn e ! intelligence ” il ya cet UN oute en est comme le microscope. La foi
approche les objets; le doute les grossit,
t'exagère les difficultés.
L'intelligence ne peut vous conduir toute seule à la foi. Elle vous montre | lumière, mais elle ne vous donne point | force de la suivre. Demandez donc à | volonté ce que l'intelligence ne peut vou fournir. Pendant que votre esprit examine que votre cœur prie, et que votre volont agisse. Une prière, une bonne action, un aumône, un sacrifice feront plus pour di siper les ténèbres qui obscurcissent votr jugement que de longues heures d’un ex men stérile et fatigant. L’étude donne |:
connaissance de la vérité et du bien; k prière et les bonnes œuvres en donnent | goût. Une volonté droite, un cœur simpk « et docile vis-à-vis de Dieu, une sainte «|.
noble indépendance vis-à-vis des homme et de toutes les opinions humaines avance ront plus votre conversion à la vérité qu.
toutes les recherches de votre esprit.
vous avez tant de peine à croire, soyez sûr que la source de vos doutes ou de votre.
incrédulité est dans les passions de votre cœur ou dans la faiblesse de votre volonté.!
Is conduir s montre | ine point |:
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, Soyez sûr de votre
us êtes esclave des autres ou de vousme, et c’est pour cela que vous ne pou-
Nez vous décider à servir Dieu. L'homme
us domine, les opinions humaines vous éoccupent ; vous ne vous appartenez pas ous-même ; et c'est pour cela que vous
pouvez disposer de vous, ni vous don-
rà Dieu. Otez-vous à l'homme, repre-
z-vous vous-même, et il vous sera facile prs de faire en vous ce que vous y voufaire. On est esclave de ce qu'on sait de ce qu'on aime; on n'est maitre que