‹ Les histoires du Café de Paris--Chapitre 20 sur 26 · GEORGES · texte numérisé non relu

GEORGES

Décidément, c'est une coquette I— ces femmes-la ont besoin d'un être qu'elles puissent tourmenter. Si elle se figure qu'elle va émietter mon cœur impunément ! Je suis las de jouer le rôle de carlin, —un rôle ingrat, s'il en futi — M'aime-t-elle? — Non. Elle me l'aurait laissé entendre. — Les femmes ne disent jamais ce qu'elles pensent. — Pourquoi m'a- 1- elle demandé si j'aimais la musique? — pour me jouer une polka, sans doute. — J'ai bien fait 4e répondre ce que j'ai répondu. — Mais c'est que je l'aime, moi, et pour toujours I — Non, je ne Taime pas, je ne dois pas l'aimer I — Non, je vais donner congé à mon propriétaire, — il y a justement longtemps que je ne lui ai rien donné, —et je déménage, — J'irai bien loin,— à Montmartre I — Non, je ne l'aime pas! Faisons mieux, pour l'oublier tout à fait, je retourne au Havre, je vais retrouver mon père, — comme l'Enfant Prodigue. Il tuera n'importe quoi en réjouissance I — Le temps de faire mes malles et de ne pas dire adieu à tous mes vieux amis, — et je me mets en route.

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