‹ Les historiens de la monarchie constitutionnelleChapitre 15 sur 41 · TARIS RÉVOLUTIONNAIRE ET LA FRANGE CONSEBVATRICB · texte numérisé non relu

TARIS RÉVOLUTIONNAIRE ET LA FRANGE CONSEBVATRICB

d'avoir un jour écrit qu'il était républicain de cœur et monarchiste par raison ; il reconnaissait d'ailleurs que la monarchie ne pouvait plus être aujourd'hui une religion, mais bien une forme politique préférable à toute autre, comme faisant mieux entendre Tordre dans la liberté, que l'idolâtrie d'un nom était abolie, que quand même il remuèrent la poussière des 35 Capets, il n'en tirèrent pas un argument qu'on voulût seulement écouter, u Ce n'est, continuait-il, ni par un dévouement sentimental, ni par un attendrissement de nourrice, transmis de maillot en maillot depuis le berceau de saint Louisjusqu'à celui du jeune Henri^ que je plaide unecause où tout se tournerait contre moi, si elle triomphait. Je ne vise niau roman,ni à la chevalerie, niau martyre ; je ne crois pas au droit divin de la royauté, et je crois à la puissance des révolutions et des faits. Je n'invoque pas même la Charte, je prends mes idées plus haut ; je les tire de la sphère philosophique, de répoque où ma vie expire. Je propose le duc de Bordeaux, tout simplement comme une nécessité do meilleur aloi que celle dont on argumente. Je sais qu en éloignant cet enfant, on veut rétablir le principe de la souveraineté du peuple, maxime de l'ancienoe école qui prouve que sous le rapport politique, nos vieux démocrates n'ont pas fait plus de progrès que les vétérans de la royauté. Il n*ya de souveraineté absolue nulle part. La liberté ne découle pas des droits politiques, comme on le supposait au dix-huitièmesiècle, elle vientdudroitnaturel, ce qui fait qu'elle existe dans toutes les formes de gouvernement et qu une monarchie peut être libre et beaucoup plus libre qu'une république... Vous proclamez la souveraineté de la force ; alors gardez soigneusement cette force, car si dans quelques mois elle vous échappe, vous serez mal venus à vous plaindre... Inutile Cassandre,

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j'ai assez fatigué le tn^ne et la pairie de mes averlissemenls dédaignés, il ne me reste qu'à m'asseoir sur les débris d'un naufrage que j'ai lanl de fois prédit. Je reconnais au malheur toutes les sortes de puissances, excepté celle de me délier de mes serments de lidélîté... Si j'avais le droit de disposer d'une couronne, je la mettrais volontiers aux pieds de M, le duc d'Orléans, mais je ne vois de vacant qu'un tombeau à Saint-Donis, et non pas un IriVne. Quelles que soient les dt^sLiaées qui alLendeut M. lo lieutenant général du royaume, je ne serai jamais son ennemi s'il fait le bonheur de ma patrie ; je ne demande a conserver que la liberté de ma conscience, et le droit d'aller mourir partout où je trouverai indépendance et repos. Je vote contre le projet de déclaration. »

La journée du 8 août fut employée k régler certaines questions indécises: le 7, le duc d'Orléans avait fait donation à ses enfants de ses biens patrimoniau.v, placés sous le régime du droit commun. Rien n'était plus naturel et plus légitime: sous l'ancienne monarchie, les propriélésdu nouveau roi devenaient propriétés del'État; mais en 1830 l'axe politique était déplacé ; l'idée féodale du roi maître et seigneur de la France entière disparut pour fuire place au droit positif et conventionnel ; le droit divin ou traditionnel s'elT.iça devant le principe de In souveraineté nationale, et l'on se trouva en face d'un contrat synallagmatique dont les termes se débattaient librement de part et d'autre. La Chambre des députés diclflit ses conditions, le lieutenant général réservait ses droits particuliers. D'ailleurs, le comte dWrtois n'avait-il pas en ixiii fait donation de ses biens personnels à son second fils le duc de Herry, etIeducd'Angoulême n'availil pas recouru aux mêmes précautions en prévision de

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son avènement? Le 8 août, le duc d'Orléans reçut la précieuse adhésion du duo de Bourbon, dernier survivant de la branche royale des Gondés ; il avait pris les couleurs nationales, souscrit pour les blessés de Juillet, et devenait premier prince du sang sous la nouvelle dynastie. Le conseil des ministres discuta pour savoir sous quel nom le duc d'Orléans serait appelé à régner : MM. Guizot, de Broglie, Pasquier, s'appuyant sur l'exemple de TAngleterre en 1688^ sur celui de la Suède lors de l'expulsion de la branche aînée des Wasa, voulant montrer en un mot que la monarchie ne recommençait pas, mais continuait, demandèrent qu'il portât le nom de Philippe VII; mais avec Lafayette, Dupin soutenait que la maison d'Orléans était appelée à fonder une dynastie nouvelle : le différend fut vidé et la difficulté éludée en désignant le nouveau roi sous le nom de Louis-Philippe I". On retrancha de l'intitulé des actes royaux ces formules absolutistes : par la grâce de Dieu, l'an de grâce, tel est notre bon plaisir ; le mot sujets fut effacé de la formule exécutoire adressée à la suite des lois aux agents du pouvoir exécutif et des tribunaux, afin de bien indiquer que robéissance, désormais toute légale et constitutionnelle, n'était plus comme autrefois exigée des Français à titre de vasselage, de sujétion et do servitude; enfin on régla d'avance l'acceptation du roi, la formule de son serment et le procès-verbal de la cérémonie du lendemain.

Le 9 août, le duc d'Orléans se rendit avec ses fils au Palais de la Chambre des députés où les pairs s'étaient aussi rassemblés. Une foule immense faisait retentir l'air de ses acclamations, entourant le prince de sa vive et chaleureuse sympathie. Seule, la tribune diplomatique restait inoccupée, les ambassadeurs ne pouvant sanctionner par leur présence un gouvernement nouveau, non re-

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connu par leurs coups. Lorsque le prince eut pris place, il se couvrit, engagea les membres des deux chambres à s'asseoir, et invita le pri^sldent de la Chambre des députés, M, Casimir Périer, à lire lepremier la déclaration du 7 Août ;cetteleclure laite, M. Pasquierluiremitl'acted'adhésion de la Chambre des pairs ; le prince répondit : « Messieurs les Pairs, Messieurs les Députés, j'ai lu avec une grande attention la déclaration de la Chambre des députés et l'acte d'adhésion de la Chambre des pairs. J'en ai soigneusement pesé et médité toutes les expressions. J'accepte sans restriction ni réserve les clauses et engagements que renferme cette déclararation, le titre de roi des Français qu'elle me confère, et je suis prêt h, en jurer l'observation. » Puis il prononça d'une voix ferme le serment suivant : " Kn présence de Dieu, je jure d'observer fidèlement la Charte conslitulionnelle avec les modifications exprimées dans la décloratiun, de ne gouverner que par les lois et selon les lois, de faire rendre bonne et exacte justiceàchacun selon son droit, et d'agiren toutes choses dans la seule vue de l'intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français. » Alors au milieu d'un tonnerre d'applaudissements et d'un enthousiasme indicible, quatre maréchaux de France, Mortier, duc de Trévise, Macdonald, duc de Ta rente, Oudinfjt,duc de lie^gio et le comte Molitor offrent à Louis-Philippe les attributs, les insignes de la royauté, la couronne, le sceptre, le glaive et la main de justice. Le prince signe les actes dont il a élé donné lecture, et adresse aux Chambres quelques parolesémues;enrin il quitte aux cpîs de : Vive le roi! ce palais où il a été reçu aux cris de : Vive le duc d'Orléans!

Sansdoute, de toutes les parties du royaume, arrivèrent JK.bientûl des dépulations spontanées des villes, des con-

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