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Le 20 Juin n'est encore qu'un immense scandale» qu'une immonde comédie :1a municipalité, Pétion, les Girondins d'accord avec les clubs pour détruire la royauté, lancent leurs sans-culottes sur le palais des Tuileries, et tandis que l'Assemblée permet aux bandes de Legendre et de Santerre de déshonorer son enceinte, de défiler dans la salle des séances, de lui lire des adresses menaçantes, de la coiiler du bonnet rouge, de danser devant la tribune aux chants du : Cà ira!^ le roi Louis XVI demeure inébranlable, impassible, déploie un courage moral admirable en face de ces furieux qui le torturent, le menacent pendant plusieurs lieures. Et Quinet a pu le dire avec raison, jamais Louis XVI n'a été plus roi que ce jour là; il se montra plus grand que ce monde déchaîné contre lui, qui ne put lui arracher un désaveu; le vaincu fut le peuple parisien, incapable de dompter une volonté royale, et reculant devant l'assassinat. Toutefois, c'est pour Louis XVI le commencement de Tagonie; il a compris que les révolutionnaires ne lui pardonneraient pas d'avoir manqué leur coup. Le 10 Août éclate; cette fois, ils ont mieux pris leurs mesures et ne laisseront pas échapper leur auguste victime. Dans la nuit du 9 au 10 août, des inconnus se présentent à l'Hôtel de Ville : ils disent qu'ils sont élus par les sections parisiennes, donnent Tordre do sonner Te tocsin, se mettent au lieu et place de la municipalité et proclament la commune insurrectionnelle. Le matin, la multitude se précipite sur les Tuileries, contraint Louis XVI à venir demander protection à l'Assemblée, massacre une partie des Suisses et des défenseursdu Château. C'en est fait de la royauté, c'en est fait de l'Assemblée, c'en est fait aussi de la liberté : la révolution parisienne siège victorieuse à rilùh.'l do Villo; rAssernblce avilie n'existe plus
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que de nom ; aucun membre de la majorité n'ose se pré- 9t'iileP:3iir 750 députés, il n'y en d plus ijua 2S1 présents, tous font partie de la gauche, lis enregistrent avec soumission les ordres de la démagogie, décrètent la suspensioa du roi, la reconnaissance de la Commune, la convocation d'une Convention. « Je retrouvai là Milton, dit Malouet, et sa description d'une assemblée délibérante dans les enfers, nll n'y a plus d'esprit public, plus deciiraclère national, tous les courages se taisent en se voyant isolés : la tribune reste silencieuse, la place publique parle, accuse, commande, règne. Elle daigne prolonger les pouvoirs des députés, et l'un des commissaires des sections leur tient ce langage humiliant: « Législateurs, le peuple qui nous envoie vers vous, nous a chargés de vous déclarer qu'il vous investissait de nouveau de sa confiance; mais il nous a chargés en même temps rie vous déclarer qu'il ne pouvait reconnaître pour jugedesmesures extraordinaires auxquelles ta nécessité et l'oppression l'ont porté, que le peuple français, votre souverain et le nôtre, réuni dans ses assemblées primaires. » Bientôt Robespierre et les théoriciens de l'usurpation parisienne tiendront un langage plus net encore, et n'admettront même pas la ratification de la nation. oLe peuple.disent-ils.ale droit d'insurrection, et une fois en insurrection, il exerce directement su souveraineté en dehors et au-dessus de tous les pouvoirs constitués, de toutes les assemblées élues.» Garât, ministre de la justice, reconnaîtra dans un rapport oniciel que les habitants de la ville où siège le gouvernement ont le droit et le devoir de s'insurger, toutes les fois qu'ils Jugent la souveraineté nationale en danger, que Paris a la représentation du droit insurrectionnel de la nation, et que dans les grandes journées révolutionnaires, cette ville est une assemblée constituante.
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Danton, Robespierre et Marat,ces forçats de rhistoirei veulent à tout prix s assurer la victoire dans les prochaines élections; ils veulent faire peur aux royalistes, aux modérés qu'ils savent cent fois plus nombreux. Le régime des suspects, les arrestations arbitraires, le tribunal révolutionnaire, Téchafaud politique en permanence ne leur suffisent plus; ils organisent les massacres da 2 Septembre. Contre leur plan d'extermination, contre cette effroyable manœuvre électorale, contre ce forfait plus atroce que les massacres de la Saint*Barthélemy, ni Paris, ni l'Assemblée ne font entendre aucune protestation: ils contemplent avec stupeur, pendant quatre jours, cette infamie éternelle, restent sourds aux cris de mort des victimes, aux hurlements des meurtriers; la peur étouffe la pitié. Vingt-quatre terroristes furent élus membres de la Convention. Le coup d'État parisien ne provoqua point de résistance ouverte, mais manqua son effet principal en province : Timmense majorité des députés était girondine et hostile à la Commune. A cette nouvelle, les Jacobins éclatent; Robespierre le jeune s'élance à la tribune du club. « Tout ce peuple de France est contre nous, dit-il, notre unique espoir repose sur les citoyens de Paris; » d'autres émettent le regret qu'on n'ait pas plus de temps, etcjuon ne puisse pas faire réviser tous les choix par le peuple. Marat, ce tigre doué de parole, poussé par une sorte de déhre sibyllin, voit dans la Convention Técume des deux assemblées précédentes, et conseille aux sans-culottes d'entourer les députés d'unnombreux auditoire, de les contraindre à terminer en huit jours la nouvelle constitution, de les livrer au glaive de la justice à la première violation de leur mission révolutionnaire ; il importe, ajoute-t-il, que la Convention Nationale soit sans cesse sous les yeux
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du peuple, atin qu'il puisse la lapider, si elle oublie ses devoirs. Tel est le cas que les poulifesde la démagagie ont fait, font et feront toujours do la volonté nationale; leur plan est fort simple : susciter de nouvelles révolutionsjusqu'&ceque tous les Français soient, comme le roi, comme Paris, courbés sous leur joug.
Les élections donnent le signal qu'ne lutte suprême, d'un duel à mort entre les Girondins et les Montagnards, ou plutôt entre les représentants de la nation et les Jacobins. Paris révolutionnaire et la France sont encore une fois on présenca. Mais les Girondins s'élèvent contre les conséquences de leurs propres principes, et ceux-ci vont se retourner contre eux pour les accabler ; ce sont de beaux esprits, des rliéteurs, des hommes d'État, comme Marat les a appelés ; ce sont les casuiates, les pédants, les jésuites de la Révolution. Au contraire leurs adversaires ont pour eux l'audace et la logique du crime, la Commune, la populace armée et stipendiée ; cela suffit pour exécuter la plan de Marat, Danton nous livre avec cynisme le secret de sa confiance : je sais bien, disait-il, que nous sommes en minorité dans l'Assem h\m nous n'avons pour nous qu'un tas de gueux qui ne sont patriotes que quand il sont soûls; nous sommes un tas d'ignorants. Mariit n'est qu'un aboyeur, Legendre n'est bon qu'à dépecer sa viande. Nous sommes bien inférieurs aux Girondins... il laut marcher sur eux. Ce sont de beaux parleurs qui délibèrent et qui tfitonnent; nous avons plus d'audace qu'eux et la canaille est ù nos ordres. » Les Girondins ne ttirdent pas à subir un premier échec : s'ils veulent bien proclamer la République, avec la Franco entière ils rép<iâ:nent à l'assassinat parlementaire de Louis XVI. Mais Paris, les Jacobins le veulent ; sous la pression des cris des tribuoes, des menaces des