‹ Les historiens de la monarchie constitutionnelleChapitre 19 sur 41 · PARIS RÉVOLUTIONNAIRE ET LA FRANGE CONSENT ATRICE · texte numérisé non relu

PARIS RÉVOLUTIONNAIRE ET LA FRANGE CONSENT ATRICE

pétitionnaires et de Témeute, les Girondins faiblissent. Vergniaud lui-même, qui la veille du 16 Janvier a parlé avec éloquence en faveur du roi, se jtrouble au moment décisif et vote la mort, avec plus de vingt membres de son parti : le régicide obtient une majorité dérisoire de cinq voix. Plus tard, Robespierre fait cet aveu sinistre qui restera comme une condamnation éternelle de la populace , de Paris démagogique : « de quoi a dépendu la mort du tyran? du courage du peuple. » La plupart des Conventionnels se virent en effet dans la situation d'hommes qui se trouveraient sans défense en face d'une troupe d'animaux sauvages et affamés ; ils leur jetèrent en pâture la tête de Louis XVI, afin de se sauver eux-mêmes.

Le sang du roi martyr va retomber sur les Girondins, qui seront soumis à cette grande loi de l'histoire : paten lefjem quam ipse fecisti. Ce meurtre qu'ils n'ont pas su empêcher, dont ils ont été les lâches complices, apprend aux Jacobins qu'ils peuvent tout oser. Marat, mis en accusation, est acquitté par le tribunal révolutionnaire, et rapporté en triomphe parla foule; la Convention tous les jours insultée, menacée ; Témeute en permanence, officiellement organisée, a ses canons, ses généraux, ses Janissaires, son budget, et Danton fait voter la solde de quarante sous par jour pour les patriotes qui fréquentent les sections; la garde nationale qu'on a désorganisée, est remplacée par une armée de sans-culottes dont les frais sont supportés par les riches. A ces mesures décisives, les Girondins ne savent opposer que des discours, de vaines déclamations ; ils ont compris trop tard que le seul remède efficace serait de transférer le siège du gouvernement hors de Paris. Après les massacres de Septembre, madame Roland écrivait : « Washington fît bien

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de déplacer le congrès, et ce n'élAit pas par peur. » Quelques mois après, Lassource s'exprime de la sorte : a Je ne veux pas que Furis, dirigé par des intrigants, devienne dans l'empire français ce que fut Rome dans l'empire romain. Il faut que Paris soit réduit à un quatre-vingt troisième d iniluence comme chacun des autres départements; jamais je ne ploierai sous son joug. » Un peu avant le :U Mai, Guadet prononce ces paroles, au milieu du tumulte, des clameurs des tribunes : u Citoyens, il est temps de faire cesser cette lutte entre la nation entière, et une poignée de contre- révolutionnaires déguisés 80Uâ le nom de patriotes... eh bien, je vais faire une proposition qui révoltera sans doute tous ceux qui n'ont pas dans le cœur l'amour de la République et de la liberté : je demande que la Convention décrète qu'elle tiendra lundi ses séances à Versailles. » Et Buzot ajoute : a II est impossible que Paris, s'il demeure organisé ainsi qu'il l'est aujourd'hui, soit longtemps le séjour du Corps législatif ; souvenez-vous qu'un État qui nous sert d'exemple en matière de liberté, a fait bâtir une ville exprès pour être dépositaire de la représentation nationale. • Le président Max Isnard répond le 24 mai aux délégués des sections : u si par un sort fatal, dans une de ces émeutes qui depuis le 10 mars reparaissent sans cesse, Paris levait une main sacrilège contre la représentation nationale, la France se lèverait comme un seul homme, pleine d'une soif implacable de vengeance, et bientôt le voyageur demanderait de quel côté de la Seine se trouvait Paris. »

Mais les Girondins oublient que le gouvernement, l'Assemblée sont à la discrétion de la canaille. Danton, Robespierre lancent contre eux leurs bandes; le al mai, la Convention est investie, violée, sommée de livrer les

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