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dats. L'armée triomphe aisément, et se substitue au peuple ; la bourgeoisie écrasée en Vendémiaire disparaît à son tour; de même que, dans certains drames de Shakespeare, tous les personnages, sauf deux ou trois, finissent par succomber, de même le drame ii'oll're plus que deux acteurs : l'armée et les pouvoirs publics. Comme autrefois les légions romaines faisaient leurs généraux Césars, ainsi les soldats, invoqués par les Con> ventionnels, par les membres du Directoire, se lasseront de les servir, cl élèveront sur le pavois leur général victorieux : les coups d'État militaires procèdent en droite ligne des révolutions de la populace, etdes coups d'État des assemblées.
Celte Convention, successivement girondine, dantoniste, robespierrisle, antijacobine, thermidorienne, jouet des Factions, et décapitée de son honneur, unit par sentir, à l'exemple de la Constituante, de la Législative, que Paris a été sa perte et son fléau; déjà le régicide La Keveillère-Lépaux a dénoncé à la tribune les meneurs des sections, «qu'ils soient parés d'habits élégants, ou couverts de haillons et de saies bonnets, ils ne perdent jamais de vue leur éternel projet de concentrer la souveraineté dans Paris ; vous les voyez constamment avilir, maîtriser, opprimer, abreuver d'amertume, mutiler atrocement la reprcsentaliou nationale. » Tbibeaudeau avait proposé d'établir la législature hors de Paris; car disait-il, cette ville privée de la présence d'un gouvernement sans faste, ne perdrait pas grand'cbose; elle avait bien prospéré sous le gouvernement royal qui n'y résidait pas; dût-on établir la législature seulement à Versailles et laisser le pouvoir exécutif à Paris, c'en Berait assez pour que la représentation nationale ne fût pas surprise, envahie, et dissoute de fait comme
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cela était arrivé plusieurs fois à la Convention. Maigre cette argumentation irréfutable, on secontenta de donner au conseil des Anciens le dxoit de transférer le siège de la législature.
Au 1« Fructidor, le Directoire viole la Constitution, décime, proscrit, déporte ses adversaires, exile les journalistes, tandis que le peuple de Paris demeure apathique, inerte, terrifié; mais l'armée prend possession de la place publique, et c*est le parti prétenda républicain qui Tinstalle et lui fait les honneurs da pouvoir ; c'est cette néfaste journée du 18 Fructidor qui ouvre la porte toute grande, et fournit de précieux modèles au 18 Brumaire, à Tempire. Augereau résume d'un mot la nouvelle incarnation révolutionnaire : la loi, dit-il, c'est le sabre ; cette réponse va devenir pour longtemps notre code politique et notre credo. La violence sera payée par la violence en proportion géométrique ; abf/ss:tfs ahyssiim voctit.Aux avocats, qui plus tard invoquent la légalité, le général Bonaparte saura bien rappeler leur attentat du is Fructidor, et démontror qu'il se contente de les iniilor. Paris ne s'oppose pas plus au 18 Brumaire qu'il no s'est opposé au 18 Fructidor : au contraire, Bonaparte lui apparaît comme un sauveur, et il l'acclame. « Cette ville, écrit Thureau- Dangin, devait étonner par sa docilité et son inertie, après avoir eflrayé par sa turbulence; aussi facile dans ses jours de fatigue à laisser violer la représentation nationale qui lui est confiée, que prompte à la violer elle-même en ses jours d'exaltation ; double caractère, assemblage de défauts contraires qui se retrouvera à d'autres époques. La liberté ne rencontre au milieu de cette population aucune compensation aux dangers qu'elle court. No semble-t-il pas que Paris, du moment
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OÙ ii est le siège du gouvernement, soit condamné comme l'a été autrefois Rome et comme le serait toute grande cité démocratique, à être tanlùt l'artisan coupable, tantùt le témoin complaisant des triomphes de la force sur le droit ? »
C'est au bout de trente-cinq ans seulement que le peuple de Paris a osé se montrer de nouveau; nous avons rnconté la révolution de 1830; en 1818, nous verrons la royauté de Juillet elle-aussi s'écrouler comme par enchantement au souflle dévastateur de ce même peuple, A peine n-l-il créé le gouvernement provisoire, et déjà les clubs, la populace songent à renverser leurs idoles éphémères; peu s'en faut que le 10 mars, le 17 avril, les Néo-Terroristes s'emparent des aFIaîres, soient libres do réaliser leur programme de destruction. Plusieurs membres du gouvernement ressuscitent la théorie jacobine de l'usurpation parisienne : on n'a pas oublié le fameux seizième bulletin où Ledru-Rollîn menaçait la France du courroux de Paris, et entreprenait de justifier d'avance le coup d'Élat qu'on méditait au nom de ce dernier. « Paris, écrivait-il, se regarde avec raison comme le mandataire de toute la population du territoire national; Paris est le poste avancé de l'armée républicaine; Paris est à certaines heures le rendez-vous de toutes les volontés généreuses, de toutes les forces morales de la France. Si les élections ne font pas triompher la vérité sociale..., il n'y aurait alors qu'une voie de salut pour le peuple quia fait les barricades; ce serait de manifester une seconde fois sa volonté, d'ajourner la décision d'une fausse représentation nationale. Ce remède extrême, la France voudra-t-elle forcer Paris à y recourir?... Citoyens, il ne faut pas que vous en veniez
Ib ôtre forcés de violer vous-mêmes le principe de votre
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souveraineté. » Robespierre, la Commune de 1793, et les sections ne tenaient pas un autr^ langage pour légitimer leurs atrocités. Après que l'Assemblée Nationale s'est réunie le 4 Mai, et a proclamé la République, la p opulace renouvelle les tentatives du 1" Prairial et du 12 Germinal ; le 15 mai avorte, et bientôt les j oumées de Juin viennent démontrer quel cas rarmée de la paresse, de la débauche et du crime fait de la France, de ses représentants. Cette efTroyable insu> rection est réprimée; mais les radicaux d*aIors ont frappé la République au cœur, ils l'ont tuée dans l'estime, et la conflanccde la nation. Paris subit le Deux-Décembre, comme il a accepté le 18 Brumaire, aussi impuissant à protéger les représentants de la France qu'il a été prompt à les outrager.
Au 1 septembre 1870, l'empire s'effondre sous le poids de ses fautes, de ses désastres; ici encore se produit l'intervention malfaisante du peuple de Paris, qui envahit le Corps législatif, et imprime au nouveau gouvernement une allure révolutionnaire. Si les députés avaient pu délibérer tranquillement, l'Empire ne serait pas moins tombée et ceux-ci auraient improvisé un pouvoir légal, légitime, qui eût réparé dans la mesure du possible les blessures faites à la patrie, pré3er>*é celle-ci de celte dictature de Tincapacité qui a aggravé les infortunes, et envenimé les plaies de la Franco. A peine l'Assemblée Nationale de 1871 a-t-elle liquidé le triste passé, et conclu une paix douloureuse, soudain surgit l'insurrection parisienne du 18 Mars, la plus monstrueuse, la plus exécrable de toutes; elle éclate, comme un coup de foudre, en pleine république, en pleine liberté, sous les yeux des armées prussiennes, contre le suffrage universel, contre la religion, contre la civilisation,
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contre la société. C'est Tinsurreclion du prolétariat armé, du matérialisme et du communisme le plus abject, du pillage et de l'assassinat, la contrefaçon de 1703, qu'elle parodie, dont elle égale et dépasse les forfaits. Pendant deux mois, soixante mille démagogues cosmopolites, une populace qui est au peuple, ce que la lie est au vin, la gangrène à la chair, le corsaire, le forban au marin classé, font peser sur Paris une odieuse terreur, le pillent, le réquisitionnent, hurlent leurs infâmes décrets : ils préludent par l'assassinat de deux généraux, ils finissent parle massacre des otages, des gendarmes, des prôtres, des magistrats, par l'incendie de la capitale. Comme toujours, Paris, pris de stupeur, s'est laissé faire : Llnternationale, cette franc-maçonnerie du crime, a fait de cette ville le caravansérail des condottieri, l'égoul collecteur de l'écume de l'Europe entière ; elle leur a donné, comme jadis les Césars à la plèbe romaine, du pain, du vin, a remplacé les jeux antiques parle pétrole et l'assassinat; elle a pour idéal une immense cité soi-disant ouvrière, consommant sans produire, rançonnant pour vivre, soldée par le capital et par l'épargne du reste de la nation, une sorte de paradis de Mahomet où l'on pourrait boire et manger, se souiller sans fin de débauches aux frais des riches, de la France entière. C'est la ronde du sabbat, la nuit de Walpurgis de la démagogie triomphante, a Les légendes, dit un admirable écrivain, M. Paul de Saint Victor, racontent que le démon, pour tenter les hommes, leur apparaissait d'abord sous la figure d'un ange de lumière, ou d'une femme resplendissante de beauté, mais qu'à bout de métamorphoses, il reprenait sa forme véritable, celle d'un chien immonde. La révolution démagogique, elle aussi, s'est présentée à la France, tantôt comme un
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tribun sublime, tantôt comme une divinité bienfaisante, ou sous les traits d'un enchanteur merveilleux prêt à changer le monde en Ëden. Une dernière évocation la fait apparaître sous sa nature cynique et féroce. Elle est apparue dégouttante de sang, et la torche au poing. L'épreuve est consommée, le charme est rompu. Les peuples ne se laisseront plus tenter ni séduire par la faction des incendiaires et des assassins. »
Oui, nous voulons Tespérer, ce dernier crime parisien a comblé la mesure, et TAssemblée Nationale de 187 1 , comprenant la terrible leçon, a pour toujours fixé la résidence des Chambres à Versailles. Le parti révolutionnaire s'agite de nouveau; il espiTC amener à composition les pouvoirs publics; il sent bien que ses efforts sont paralysés, que pour lui le nœud gordien de Ja victoire est à Paris. Ce désirobsliné n'est-il pas un indice certain pour les conservateurs; n'ont-ils pas le droit, le devoir de se méfier, de répondre aux radicaux : Timeo Dmiaos et dmn ferentes? Récapitulons un instant ces journées révolutionnaires et parisiennes qui se pressent lesunes sur lesaulres comme les vagues de TOoéan en fureur; rappelons-nous le 0 oKobre 1780, le 17 juillet 1701, le 20 juin, le loaoût, le 2 septembre 1702, le 21 janvier, le 31 mai J793, le 0 thermidor 170.J, le 12 germinal, le 1" prairial, lo 13 vendémiaire 1705, le is fructidor 1707, le 2i février Isis, le 15 Mai, los journées de Juin et le 18 mars 1871; demandons-nous de bonne foi si la violence eût été maitresse, la souvenûnoté nationale violée, si des maux, des pertes incalculables n'eussent pas été évités avec un gouvernement et des assemblées siégeant à Versailles ou dans une autre ville de province. N'oublions pas que les hommes les plus distingués de la Constituante, de la Législative, de la Convention elle-même et du Directoire
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ont fini par demander que les pouvoirs publics fussent avant tout éloignés de Paris; ne noua laissons pas attendrir par de vaines considérations sentimentales ou par des arguments do commodité privée ; rappelons-nous queles précautions les plus minutieuses, les armées les mieux disciplinées, les plus fidèles n'ont servi de rien contre le peuple de Paris, que les gouvernements les plus solides, les plus sages, ont eux-mêmes des moments de vertige de défaillance, comme en 1830 et ou 1818, qu'il faut au nom de la Franco, les protéger, les sauvegarder contre ces crises fatales et ces funestes décourage me nls. Et qu'on ne vienne pas objecter que la place du chef de rt-Itat est au danger: rien de plus faux; un généralissime doit se mettre à l'abri afin de surveiller, de diriger les opérations de son armée, et d'ailleurs un roi, un président n'est pas le roi, le président de Paris, mais celui de la nation tout entière.
Les gouvernements qui s'établissent à Paris nous rappellent ce charmeur indien qui avait dans son panier une quantité de cobra-capels, de trygonocéphales, les serpents les plus dangereux de l'Asie, ceux dont la morsure dunne la mort en quelques minutes. 11 les magnétisait à volonté, les laissait s'onliicer autour de son corps, exécutait les tours les plus hardis avec une merveilleuse dextérité. Un original paria que tùt ou tard, le Robert Houdin asiatique périrait par le fait de ces terribles reptiles, et partout où celui-ci allait donner ses séances de prestidigitation, le parieur le suivait, s'attacbant à ses pas, persuadé que sa prophétie se réaliserait. Gela dura plusieurs années, et le charmeur semblait défier le mauvais sort jeté sur lui, car son expérience et son habileté opéraient de véritables prodiges. Un jour cependant, soit qu'il eût oublié ses précautions
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habituelles, soit qu un de ses serpents fût revenu sabitement à son naturel sauvage, il fut mordu par lui et expira sur-le-champ. Ainsi du cobra-^^pel révolutionnaire parisien ; on peut le dompter une fois, dix fois, cent fois, mais il vient toujours un moment où la vigilance du dompteur s'endort, où celui-ci expie cruellement un instant de négligence.
L*air parisien est saturé d'émanations révolutionnaires et les Assemblées qui y siègent respirent comme ud partum de révolte qui les enivre et les livre en proie aux suggestions les plus fatales. Paris n*a jamais su défendre non-seulement les droits, la vie de la France, mais sa propre existence ; il a toujours fallu que la France laborieuse et conservatrice vint à son secours, Tempêchât de se perdre complètement et réparât ses folies. La France vis-à-vis de Paris lïous représente assez bien un honnête homme, faible do cœur, animé d'excellentes intentions, qui entretient une splendide maîtresse, belle de tous les rayonnements de la matière et de Pesprit, mais capricieuse, frivole et cyiii([uo ; elle se livre souvent ù d'indignes amants, comme une Messalino de bas étage, le trompe et le ruine ; riionnèto homme gémit et souffre longtemps en silence, mais voyant que sa Manon Lescaut est incorrigible, et qu'il y a en elle un fond de perversion innée, il linil par prendre un parti décisif, s'éloigne et Tabandonne à ses coups de lele.
« Celle ville, toujours dans la bassesse ou dans Poppression, également travaillée par sa liberté et par sa servitude,, recevant toujours Tune et Tautre comme une terapùlo, avait dans son sein un peuple immense qui n'eut jamais que celle cruelle alleriiative de se donner des tyrans ou de l'èlre lui-mùine. » Ce portrait de la Syracuse antique i.racé par Montesquieu n'cst-il pas celui
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du Paris de la révoluUon ? Ajoutons que te Parisien, véritable centauru moral, est pétri de contrastes, et sujet à des enthousiasmes foudroyants, à des retours subits; il est ivre d'égalité et amouroux de distinctions; il demande des lois pour les autres et n'en veut point pour lui; sans cesse occupé à battre en brèche le pouvoir qu'il regrette aussitôt qu'il l'a renversé , très-superliciel, oublieux, badaud et ignorant, mtlgré ses préteutiuns d'esprit fort, sceptique et blasé, il se paye do mots et d'apparences, se grise de prétendus principes, se nourrit de chimères, et ne sait pas mesurer la distance qui sépare ses conceptions de la réalité. « Il voit l'univers dansia France, la France dans Paris, Paris tout entier dans le salon, le club qu'il fréquente, dans l'atelier où il travaille, n Inconséquent, fantasque, illogique, béroique et faible, fanatique et indifférent, généreux et cruel, spirituel et sot, il est avant tout dénué absolument de sens politique : il n'a pas du principes mais des sensations, et réalise le type du caméléon politique; son esprit est comme un ka léidoscope oïl les images et tes impr<3sâion9 se succèdent avec une étrange mobilité ; il est, en un mot , l'esclave de ses nerfs, de la passion et de rinstincL. C'est en pensant à lui que Luurenl-Jan a écrit cette spirituelle et mordante dérinition : i En supposant un vase qui, se jetant de lui-même d'un cinquième étage, s'étonnerait de se briser; puis une fois raccommodé, se rejetterait de nouveau pour se rebriser, se rétonner, et recommencer toujours ainsi avec la même stupidité suivie de la même stupéfaction ; — on peut se faire une idée à peu près exacte du bourgeois sous la face politique. »
Au-dessous du Parisien, dans les bas-fonds et les cloaques de l'édilîce social, se rencontre l'armée du mal, recrutée parmi les bohèmes, les journalistes déclasses,
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les membres de rinternationale, les repris de justice, les assassins, les aventuriers et les malandrins de TEurope entière. Cette armée, de 50 à 60,000 hommes environ, vouée fatalement à la violence et au crime, prête à tout pourvu qu*il s^agisse d'une mauvaise action, forme selon le mot d'un éminent publiciste, M. Maxime du Camp, une sorte de choléra social, qui fermente sans cesse à Tétat latent, et qui en certains cas, envahit le reste de la population. Elle est Tinstrument assuré des démagogues et des énergumènes; c'est Tarmée ignoble des Marat, des Robespierre, et c'est elle qu'on a vue à To^uvre pendant la Commune de 1871 : trop souvent, hélas! elle a eu pour paravent^ pour complice volontaire ou inconscient, le peuple de Paris, la garde nationale, qui formaient alors Tarmée de la bêtise humaine.
Le commerce et l'industrie parisienne, ne sont^ aucunement compromis, malgré que les chambres siègent hors de Paris ; ils sont au contraire garantis, car ils ont avant tout besoin d'ordre et de sécurité. Pour ne citer qu un exemple, combicMi de faillites, de désastres financiers la Révolution de Isis n'a-t-ello pas entraînés, et le commerce ne les aurait-il pas évités si le gouvernement avait eu sa résidence hors de Paris? Cette ville restera lacapilîile du luxe, des nrts, des sciences et des lettres, à condition qu'elle ne soit j)lus la capitale politique de la France. Il faut nous sauver et la sauver d'elle-mémei de ses aberrations; il faut qu'elle ne soit plus à nc^ yeux une sorte de Ville Sainte de la Révolution, une espèce de Mecque radicale ; (jue la nation en face d'elle ne soit i)as comme ces fanatiques hindous qui se fon. écraser sous les roues du char qui porte Pidole de Jagrenat. Il faut que Paris ne nuus fasse plus passer du Césarisme à Tanarchie, ces deux formes honteuses des dé-
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cadences païennes, que la France ne soit plus soumise, comme une épave abandonnée, au flux et au reflux des révolutions, que l'imprévu, ce dieu démagogique, cesse d être le dictateur de ce pays; que notre société ne soit plus sans cesse haletante entre le despotisme d*un seul et le despotisme de tous. Il faut se rappeler que 1789 a l^
depuis longtemps produit toutes ses conséquences lé^ gitimes, que Paris, c*est la démagogie, et que nous devons combattre celle-ci sans trêve et sans relâche. Il faut répudier le fatal héritage du jacobinisme, opter entre la liberté et la révolution, reconnaître qu'il ne suffit pas de proclamer des droits si on ne les garantit point, que jusqu'ici on a fait fausse route, qu'il y a eu souvent incompatibilité absolue entre les moyens et le but, entre la forme et le fond, entre l'instrument et l'idée ; qu'en un mot, l'Assemblée Nationale, en transférant le Parlement à Versailles, a la première rendu possible la fondation de la République elle-même, donné au pouvoir une base solide, assuré à la France le triomphe permanent de Tordre avec le règne de la loi.