Tome III, pages 249-302. Catalogue de l'œuvre de Raphaël
Nous devons également accorder une mention aux auteurs qui ont pris à tâche de décrire les trésors d*art réunis à Rome, et avec eux les chefs-d'œuvre de Raphaël : Celio (Memoria delli nomi degli artefici délie Pitture.., di Roma; Naples, i638), Fioravante Martinelli (Roma ricercata nel suo sito; Rome, 1644), Titi (Studio di pittura^ scultura^ architettura^ délie chiese diRoma; Rome, 1674; et -4 mma55tramento; Rome, 1686), Franzini (Roma antica e moderna; Rome, 1668). N'oublions pas non plus le Siennois Mancini, dont les descriptions sont encore pour la majeure partie inédites.
Pour la description des tableaux de Raphaël conservés à Florence, il convient de citer ici Bocchi et Cinelli : le Belle^^e délia città di Firen:[€; Florence, 1677 (pages 154, 286, 408). Pour les tableaux de Fontainebleau, Touvrage classique est le Trésor des merveilles de la maison royale de Fontainebleau y par le P. Dan (Paris, 1642, p. 134-1 35).
Il faudrait en outre tenir compte, pour le xvii« siècle, de toute une classe de publications dans laquelle, ce me semble, il y aurait encore passablement à puiser, même après Passavant. Je veux parler des catalogues de galeries. Je citerai notamment parmi eux le Catalogue de Brienne (1662), réédité par M. Bonnaffé (Paris, 1873, pages 32-33).
Pour dresser le catalogue complet des manifestations écrites auxquelles Tétude de Tœuvre de Raphaël a donné lieu pendant le xvri« siècle, il nous resterait à rechercher dans la Felsina pittrice de Malvasia les jugements formulés par les Carrache, par le Dominiquin, l'Albane, le Guide, et dans les Ritratti di alcuni celebri pittori del secolo XVII (Rome, 1731), les témoignages de Maratta, auquel échut, on le sait, la périlleuse mission de restaurer les fresques des Stances. Le dépouillement des lettres de Rubens, du Poussin, des directeurs de l'Académie de France à Rome, etc., fournirait certainement aussi des informations précieuses. Espérons qu'un de nos successeurs entreprendra cette étude avec tous les développements qu'elle comporte.
Quel est, au xviii® siècle, nous ne dirons pas l'historien ou critique d'art, mais l'homme de goût, le voyageur lettré qui n'ait éprouvé le besoin de parler de Raphaël, depuis le président de Brosses jusqu'à Dupaty, depuis Montes-
quieu jusqu'à Casanova ^ ? Nous avons dû nous borner à choisir, parmi ces appréciations, trop souvent, il faut bien le reconnaître, banales et vides, quelques points de repère, propres à indiquer Tétat de Topinion publique.
A côté de tant de jugements superficiels, on se plaît à constater, au xviiio siècle, la naissance d'un double courant critique, Tun qui s'attaque aux textes, et qui a pour principal représentant le vénérable prélat Boitari (Lettere pittoriche; édition de Vasari;etc.); Tautre qui a pour objectif Tceuvre même de Raphaël, et dont les représentants les plus autorisés sont, en France, Mariette, en Allemagne, Héinecken.
N'oublions pas non plus la direction féconde imprimée à l'histoire des arts par Winckelmann et par Gœthe. Désormais, les études sur Raphaël gagnent singulièrement en ampleur et en autorité.
Le nombre des ouvrages spécialement consacrés à Raphaël est d'ailleurs peu élevé encore : nous en avons enregistré trois ou quatre pour le siècle précédent; pour celui-ci, c'est tout au plus si nous arrivons à la demi-douzaine.
Gérard de Lairesse : Het groot Schilderboek, Amsterdam, 1707 (passim).
De Piles : Cours de Peinture, Paris, 1708 (pages 12, i3, etc.).
On sait que, dans sa Balance des Peintres^ de Piles traduit le mérite de Raphaël par 65 points, celui de Rubens par 59, celui du Titien par 5i.
CoYPEL : Epistre en vers d'un père à son fils sur la peinture, 2® édit. Paris, 1712. In-folio.
les sublimes beautez
Dont le grand Raphaël, dès ses premières veilles Sçut étaler aux yeux les sçavantes merveilles.
I. Mémoires, éd. Garnier, tome IV, page 432; tome VII, page 45o.
RiCHARDsoN, père et fils : Traité de la peinture et de la sculpture. Amsterdam, 1728.
Tomes II, III, passim. Les renseignements fournis par ces auteurs ont tous besoin d'être contrôlés. Cette observation s'applique surtout aux lettres de Raphaël publiées ou analysées par eux. Voyez le jugement porté sur leur travail par Heinecken : Nachrichten von Kûnstlern und Kunst-Sachen; Leipzig, 1768, pages 226 et suivantes^
J. B. DuBOs : Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture, Utrecht, 173 2- 1736.
Voyez la table, au nom de Raphaël.
Charles de Brosses : Lettres,,, écrites d'Italie à quelques amis, en lySg et iy4o.
Ed. Babou, Paris, i858, tome II, pages 94-95, 121 et suivantes.
D'Argenville : Abrégé de la vie des plus fameux pein^ très, Paris, 1745-1752. 2 vol. in-40 (tome I, pages 3-ii).
LÉPicié : Catalogue raisonné des tableaux du Roy, Paris, 1752-1754. 2 vol. in-40.
Tome I, pages 72-98. Voy. aussi Fontenai et Couché, Galerie du Palais -Roy al.
Hogarth : The Analysis of beauty,,, Londres, 1753. In -40.
La traduction française de i8o5 contient plusieurs passages relatifs à Raphaël : tome I, pages 43, 21 3, etc.
Montesquieu (f 1755). Voy. le travail de M. C. Marionneau : Montesquieu considéré comme critique d*art, Paris,
1882 (passim).
Lillustre auteur de V Esprit des Lois compare Raphaël à Racine, Michel- Ange à Corneille, le Corrège à Marot, le Titien à La Fontaine {!); il dit que Raphaël et le Corrège promettent peu et payent beaucoup, etc.