‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 107 sur 249 · BA TAILLE NA VALE DE TRAFALGAR · texte numérisé non relu

BA TAILLE NA VALE DE TRAFALGAR

Villeneuve sortit de la rade de Cadix1 le 28 Vendémiaire (20 Octobre) 1805, résolu de montrer qu'il n'était pas un lâche, mais convaincu qu'il allait à sa perte. Il avait trente-trois vaisseaux de ligne, tant français qu'espagnols. Les vaisseaux espagnols étaient pour la plupart en très mauvais état, et comme gréement et comme équipage. Ils étaient remplis d'hommes qui n'avaient jamais navigué. Les équipages et le matériel étaient en meilleures conditions sur les navires français; toutefois, ils étaient très inférieurs aux Anglais en habileté manœuvrière et encore plus quant au service de l'artillerie. Les artilleurs anglais tiraient trois coups pour un. Quant aux grandes manœuvres de flotte contre flotte, les amiraux anglais, surtout Nelson,2 avaient acquis sur mer la même supériorité qu'avaient sur terre les troupes de Napoléon et les principaux généraux français.

Ce fut précisément Nelson que Villeneuve rencontra devant lui, avec vingt-sept vaisseaux supérieurement organisés et commandés, parmi lesquels sept troisponts de première force.3 Villeneuve déploya péniblement sa flotte sur une longue ligne, sans garder de réserve. Nelson forma deux colonnes, afin de couper notre ligne sur deux points et d'en accabler une partie

1. Cadix, a city of southern Spain in the province of Andalusia. is famous for its wines.

2. Nelson, the most celebrated admirai of the British navy, was born in 1758. He won the battle of Aboukir in 1798, and that of Trafalgar in which he was killed.

3. Parmi lesquels sept trois-ponts de première force, among which were seven three-decked men-of-war of the first class.

avant que l'autre pût venir au secours. Lui et son principal lieutenant Collin^wood prirent la tête des deux colonnes et se jetèrent au milieu des Français et des Espagnols, en avant de tout le reste des vaisseaux anglais.

Tandis que Collingwood assaillait notre arrièregarde, Nelson, avec son vaisseau-amiral, le Victory, perçait notre centre, canonnait d'abord le vaisseauamiral de Villeneuve, le Bucentaure, puis s'attaquait bord à bord, dans une sorte de duel, au vaisseau français le Redoutable -, commandé par un très vaillant officier, le capitaine Lucas. En combattant de si près, Nelson perdait l'avantage de la supériorité de son artillerie. Les Français, des hunes et des haubans du Redoutable, balayaient son pont par une grêle de grenades et de balles. Tout à coup on vit Nelson chanceler et s'affaisser sur lui-même. Une balle lui avait traversé le corps et brisé l'épine dorsale. ''C'est fait de moi ! dit-il, les Français ont enfin réussi !" Il faillit avoir la douleur de voir,1 de ses yeux mourants, sou vaisseau-amiral au pouvoir des Français. Le capitaine Lucas et son équipage allaient s'élancer à l'abordage du Victory, quand le vaisseau anglais le Téméraire, venant au secours du Victory, lâcha2 sur le navire français une effroyable bordée de mitraille. Le Redoutable, écrasé par le nombre, ne se rendit qu'après avoir eu presque tout son équipage mort ou blessé.

Nelson était frappé à mort; mais sa pensée vivait et triomphait. Ses deux colonnes d'attaque avaient coupé et enveloppé une partie de la ligne franco-espagnole, et,

1. n faillit avoir la douleur de voir, he came near having the sorrcw

of seeing.

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