‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 108 sur 249 · Lâcha, flred · texte numérisé non relu

Lâcha, flred

DU XIXe SIKCLK. l6l

avec un nombre de vaisseaux moindre que celui de leurs adversaires, les Anglais s'étaient trouvés supérieurs en forces sur les points où se décidait la journée,1 pendant qu'un tiers de la flotte franco-espagnole, toute l'avant-garde, ne prenait pas part au combat.

Presque tous nos vaisseaux engagés se défendirent avec un courage désespéré : les Anglais l'emportèrent2 par la vivacité de mouvements avec laquelle ils s'entre-secouraient et par la supériorité de leurs feux. Le malheureux amiral Villeneuve, accablé par plusieurs navires anglais, après avoir lutté pendant quatre heures, se rendit quand son navire ne fut plus qu'une carcasse mutilée et couverte de morts et de mourants. Le contre-amiral Magon, après des efforts héroïques, fut tué à bord de son vaisseau Y Algêsiras. Plusieurs autres de nos navires, le Fougueux, le Pluton, s'illustrèrent par leur magnifique défense. Le Pluton, commandé par le brave Breton Cosmas, fut le seul de ces valeureux navires qui parvint à échapper à l'ennemi. Il aida à se dégager l'amiral espagnol Gravina, qui fut blessé mortellement à la fin du combat. Le vaisseau français Y Achille, envahi par les flammes, se laissa sauter plutôt que de se rendre.3 Vers les cinq heures du soir, dix-sept vaisseaux français et espagnols étaient entre les mains de l'ennemi. Nelson vécut assez pour savoir que la journée était gagnée à l'Angleterre.

On nomma cette terrible journée la bataille de Trafalgar, du nom du cap le plus voisin.

1. Où se décidait la journée, where the issue of the battle was being decided.

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