‹ Les historiens français du XIXe siècle; with explanatory, grammatical, historical and biographical notes;Chapitre 126 sur 249 · Enceinte, building · texte numérisé non relu

Enceinte, building

DU XIXe SIÈCLE. 185

ment dans la nouvelle direction que le vent venait de prendre sur le Kremlin, et ils maudissent l'imprudence et l'indiscipline françaises, qu'ils accusent de ce désastre. Mais trois fois le vent change ainsi du nord à l'ouest, et trois fois ces feux ennemis, vengeurs obstinés, et comme acharnés contre le quartier impérial, se montrent ardents à saisir cette nouvelle direction.

A cette vue, un grand soupçon s'empare de leur esprit. Les Moscovites., connaissant notre téméraire et négligente insouciance, auraient-ils conçu l'espoir de brûler Moscou, nos soldats ivres de vin, de fatigue et de sommeil, ou plutôt ont-ils osé croire qu'ils envelopperaient Napoléon dans cette catastrophe ; que la perte de cet homme valait bien celle de leur capitale ; que c'était un assez grand résultat pour y sacrifier Moscou tout entière ; que peut-être le ciel, pour leur accorder une aussi grande victoire, voulait un aussi grand sacrifice ; et qu'enfin il fallait à cet immense colosse un aussi immense bûcher.

On ne sait s'ils eurent cette pensée ; mais il fallait l'étoile de l'empereur pour qu'elle ne se réalisât pas. En effet, non-seulement le Kremlin renfermait, à notre insu,1 un magasin à poudre ; mais cette nuit-là même les gardes, endormies et placées négligemment, avaient laissé tout un parc d'artillerie entrer et s'établir sous les fenêtres de Napoléon.

C'était l'instant où ces flammes furieuses étaient dardées de toutes parts, et avec le plus de violence, sur le Kremlin ; car le vent, sans doute attiré par cette grande combustion, augmentait à chaque instant d'impétuosité.

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